Synopsys - Le temps du rêve Synopsys avait fait très forte impression avec son premier EP Timeless, il ne fallait pas se louper au moment de passer aux choses très sérieuses et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils n'ont pas failli. Superbe production signée entre autres par Benoit Pouzol (déjà derrière le son d'Hypno5e) et Thibault Chaumont (spécialiste du mastering tant métal (Trepalium, Noein, Klone...) que rock (Colours In The Street, Microfilm...)), artwork travaillé, digipak sobre, les "à côté" si importants annoncent la couleur et c'est par le plus long titre qu'on entre dans Le temps du rêve.

Cette entrée en matière est très post-rock avec de longues séquences de progressions tortueuses où les faux-plats très éthérés entrecoupent des montées plus rugueuses, le tout accompagné par des voix trafiquées et samplées. La disto de la guitare tape dans les hautes fréquences, la rythmique sait se faire massive et sur le final, un chant mélodieux achève l'auditeur, définitivement pris dans les filets de Synopsys. Une fois sa proie capturée, le combo passe à l'attaque et métallise rudement son propos avec un "Reverie of rising star" où une voix caverneuse vient disputer l'espace aux mots parlés, typiquement post hardcore, ce nouveau visage sait doser ses effets pour pas que la rupture de tonalité ne soit trop abrupte. La centaine de secondes d'"Impulse" permet à peine de souffler tant les bruits qui le parsèment laissent planer l'inquiétude, il faut dire qu'arrive "Leviathan"... La bête se présente en grandes pompes, la lourdeur des sons et des frappes augmentent, le chant donne un peu d'air mais le pire est à venir avec la plongée "Into the abyss". Un titre coupé en deux, la première partie nous emmène dans les obscures profondeurs, la deuxième est teintée de la fameuse lumière blanche au bout du tunnel, une accalmie qui sonne comme une délivrance et un nouveau départ pour un autre voyage, "Beyond the black ocean", la tension ne retombe pas très longtemps mais sur quelques mesures, on se sent plus léger. "Dusk" nous assomme de nouveau avec un riffing pesant et des breaks qui mettent en valeur le talent de Synopsys pour maîtriser les ambiances (pour celle-ci, on pense à Cult of Luna, pas la pire des références). "A whisper in the evening" est synonyme de libération, Le temps du rêve s'achève comme il a commencé, sur les terres du post rock, un réveil en douceur puis le rythme cardiaque s'accélère de nouveau, la basse laboure les entrailles pendant que des sonorités plus douces laissent penser que le cauchemar est terminé. La fin, brutale, nous ramène à la réalité.

Et si au lieu d'ouvrir les yeux, je les laissais fermés. Et si je laissais la lecture en continue se poursuivre ? Pas longtemps... Quelques instants... Juste Le temps du rêve.