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Biographie > Sweet baby sweet

Sweethead n'entre pas dans la catégorie des "all-stars band" comme peuvent l'être les The Dead Weather, Velvet Revolver et bien évidemment Them Crooked Vultures. Par contre, de part son line-up, le groupe a quand même sacrément belle allure. Initié par Troy Van Leeuwen, lequel a un CV large comme un biceps de Mike Tyson depuis ses participations à A Perfect Circle, QOTSA, Enemy, Eagles of Death Metal, Failure ou Mondo Generator..., le groupe né en 2008 et se voit rapidement renforcé par la double arrivée de deux collaborateurs réguliers de Mark Lanegan, Eddie Nappi et Norman Block. Le projet est sur les rails mais cherche sa voix... et la trouve en la personne de Serrina Sims, découverte via son apparition vocale remarquée sur le titre "Make it wit Chu", extrait du Era Vulgaris des Queens of the Stone Age. Désormais complet, le groupe, qui tient son patronyme d'une B-Side de David Bowie s'attelle à l'écriture et à l'enregistrement de deux opus (un EP et un album long-format), dont le premier, produit par Troy Van Leeuwen himself, The great disruptors, sort en juillet 2009. Le second, doit lui voir le jour au mois de septembre...

Sweethead / Chronique LP > Sweethead

Sweethead - Sweethead Comment faire quand un groupe qui possède en son sein (facile...) une chanteuse au physique qui n'écorche pas trop les yeux pour la mettre en gros sur la pochette de son album et pourtant faire en sorte que ce soit moche ? Vous avez trois heures. Sweethead a apparemment pris dix minutes pour saloper son sujet... mais alors bien comme il faut. Bon après, il faut bien être honnête, même avec un artwork aussi raté, on l'attendait quand même de pied ferme ce premier album long-format signé Troy Van Leeuwen et sa clique. Surtout après un EP chargé en tubes du début à la fin.
"The sting" lance les hostilités et l'on sent bien que si la machine Sweethead ronronne tranquillement, elle n'est pas encore à fond. Le groupe en a sous la pédale et malgré ce riff bien efficace qui tourne en boucle, ne se démène pas trop pour en mettre plein les enceintes... Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas tarder. Et ce dès, "Turned our backs" où la mécanique s'emballe en se lançant dans une petite escapade 60's électrique bien sentie. Plutôt classe oui mais surtout furieusement cool. Surtout que ça enchaîne avec "P.I.G" et ses effluves indus rock façon Nine Inch Nails venues border une mélodie efficace. Brut mais pas trop, le groupe a toutefois une légère tendance au recyclage trop classique ("Running out", "Sinkhole international") et, là où de nombreux groupes tentent avec plus ou moins de succès de mettre un bon coup de bottine dans le petit landerneau du rock (The Dead Weather et consorts...), reste un peu trop policé.
Sweethead tente bien d'user au maximum des charmes de Serrina Sims, tour à tour sensuelle, vénéneuse, provocante ou faussement ingénue ("Remote control boys", "Meet in the road", "Other side"...), mais définitivement, cet album éponyme, ne parviendra pas à attendre les cimes du Rock, quand bien même "Amazing vanishing conquest" vient quelque peu troubler notre jugement. Les Américains alignent les compos, certes bien troussées, gorgés en guitares incisives et autres mélodies joliment fuselées, mais il manque quand même ce petit "truc", "The thing", le brin de folie qui fait basculer les morceaux en nous propulsant au bord de l'orgasme auditif ("A.W.O.L"). Douze titres et trop peu de grosses claques farouchement électrisantes à se mettre sous la dent, Sweethead est un album agréable, agréable, légèrement euphorisant même mais ça s'arrête là. Avec ce casting, le groupe peut assurément faire mieux...

Sweethead / Chronique EP > The great disruptors

Sweethead - The great disruptors Avec de tels noms au casting, Sweethead avait plutôt intérêt à assurer le coup. Pour prévenir tout accident sur un album longue durée, le groupe a donc décidé de tâter le terrain avec un petit EP composé de 5 titres et très sobrement baptisé The great disruptors. En même temps, Troy Van Leeuwen et le duo Norm Block / Eddie Nappi, accompagnés de l'élégante et affriolante Serrina Sims pouvaient-t-ils décemment se planter ? Pour rappel, le premier nommé a quand même au palmarès des participations au sein d'A Perfect Circle, Queens of the Stone Age, Mondo Generator et Failure, les deux autres sont des collaborateurs habituels d'un Mark Lanegan qui n'a pas vraiment pour habitude de s'entourer du premier tâcheron venu ; quant à lady Sims, elle a déjà eu l'insigne honneur et privilège rare de poser son sensuel filet de voix sur Era Vulgaris, des QOTSA. Comme background, on a déjà vu pire. Autant dire que les ces quatre-là étaient dès lors plutôt attendus au tournant.
On commence par le morceau-titre de l'EP et on se retrouve dès les premiers instants en territoire connu. Car ce morceau inaugural fait sonner les guitares comme du pur Queens of the Stone Age et envoie sa section rythmique jouer les barbouzes en plein coeur du désert américain, à quelques encablures du fameux Rancho de la Luna... En clair, ça ressemble de loin à du QOTSA, ça a un peu le goût de QOTSA, mais c'est du Sweethead. La principale différence étant notamment à signaler du côté du chant qui, signé Serrina Sims, nous change un peu de la voix si caractéristique de mister Josh Homme. Poursuivant notre exploration caniculaire du son made in Sweethead, on s'approche de "Hardspun" et on continue de découvrir un groupe qui façonne sa griffe musicale du côté des références rock/stoner/grungy précédemment citées en l'enveloppant d'une sensualité exacerbée, héritage laissé par miss Sims à sa contribution vocale. Le tout est empreint d'une coolitude de tous les instants et si le quartet ne révolutionne pas le genre avec The great disruptors, il est bien difficile de décrocher des titres qui le compose. Classe. D'autant que le groupe ne se démonte pas et envenime les choses avec le sexy "Arcane arcade" avant de plier définitivement l'affaire sur "Traumatized and dumb", titre domptée par une stoner-pop envoûtante et caliente, puis une reprise des Kinks ("Tired of waiting for you") particulièrement inspirée. Verdict ? Sans grande surprise mais d'une coolitude absolue. Assez jouissif dans son genre.