Stuck In The Sound - Shoegazing kids Changer de ton sans se trahir, se renouveler sans se répéter. C'est sans nul doute ce que les Stuck on dû se dire en retournant en studio. Quoi de plus salutaire, d'ailleurs. Evoluer et choisir d'autres options, telles sont les quêtes perpétuelles d'artistes voulant éviter de faire du "sur-place". Après deux albums sortis en deux ans d'intervalle et déjà de belles tournées à leur actif, les SITS peuvent s'enorgueillir d'être resté à fond ce temps-là. Mais avec ce tout nouveau et tout frais Shoegazing kids, ils ont levé le pied. Et c'est peu de chose de le dire.
Lors des précédentes chroniques, on vous avait prévenu que le chant de José, bien qu'accompagné d'instrus teigneuses et de rythmiques démentes, pouvait agacer. Mais cette fois-ci, sous-mixé et couplé à des compos se portant très pâles, il en devient presque impersonnel. Perdue cette rageuse fraîcheur, oubliée cette diabolique recette qui gagnait au profit (!?) de mélopées plus élaborées, Stuck In The Sound ayant complexifié la donne. Certainement trop puisque les titres se suivent et lorsqu'ils n'évoquent pas des formations d'une platitude affligeante (Interpol, Cold War Kids et consorts ...), nous emmènent sur des chemins bien assez escarpés : le pseudo-hit "Ouais" pourrait être coupé en 2 parties, les élucubrations du final de "Teen tale" font tâche (n'est pas Mercury Rev qui veut), on s'ennuie sur "Playback A.L." et "Utah"...
Il faut attendre la fin de l'album (principalement "Gore machine") pour ressentir de bonnes intentions (mais en pointillé, chaque morceau étant systématiquement affublé d'une tonalité bien mollassonne) et quelques titres, comme "Beautiful losers", "Shoot shoot" ou "Erase", pourraient assurer en live aux cotés de titres élaborés les années précédentes.
Shoegazing kids n'est pas l'album de la consécration (Nevermind the living dead l'était peut-être bien...), mais plutôt celui de la déception. Dommage.