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Il n'arrête jamais. Quand il n'est pas de nouveau fourré avec ses amis d'enfance pour un show de Rage Against the Machine 2.0 ou qu'il ne travaille pas en solo sur The Nightwatchman, l'inoxydable Tom Morello produit des groupes (The Outernational par exemple)... ou s'acoquine avec le rappeur Boots Riley (frontman de The Coup) pour former un nouveau projet, répondant au doux nom de Street Sweeper Social Club. Vu leurs parcours respectifs, ça ne pouvait du reste que coller entre un guitariste, chantre de l'anti-capitalisme pacifique et un mec, communiste convaincu, qui a le soulèvement révolutionnaire dans le sang. Dès 2006, le duo collabore ensemble, mais pris par leurs engagements respectifs et des agendas plus que chargés, la paire Tom Morello/Boots Riley se limite à quelques performances scéniques organisées lors des shows de The Nightwatchman, le side-project acoustique du guitariste de RATM. En 2008, le duo s'enferme en studio avec un troisième homme, Stanton Moore afin de coucher sur bandes les idées qui ont germé depuis deux ans. Quelques mois plus tard, Trent Reznor embarque le Street Sweeper Social Club dans le cadre de son périple commun avec Jane's Addiction, le "Ninja tour". Le 16 juillet 2009, le SSSC sort son premier album, éponyme.

Street Sweeper Social Club / Chronique LP > Street Sweeper Social Club

Street Sweeper Social Club - Street Sweeper Social Club "La première règle du Street Sweeper Social Club est qu'il est interdit de le comparer avec Rage Against the Machine.
La deuxième règle du SSSC est qu'il est interdit de le comparer avec RATM.
...
Et huitième et dernière règle, si c'est votre 1ère soirée au Street Sweeper Social Club, vous devez vous battre !"

"Fight ! Smash ! Win", premier titre de l'album ouvre les hostilités et dès les premières secondes, les enceintes se mettent à fumer. En même temps, enclencher la première par un tube, ce n'est pas forcément donné à tout le monde. Mais au SSSC, ça paraît couler de source. Bruissement électrique, riff caractéristique de la griffe Morello, flow rentre-dedans et break de tueur. En trois mots, le duo a tout dit. Et enchaîne les uppercuts avec "100 little curses", sa harangue guerrière et son refrain taillé pour les stades, avec puis l'efficace "The Oath". Une intro un poil faiblarde rapidement éclipsée par l'entrée de ce riff claquant dans l'atmosphère, un Boots Riley qui bouffe le micro et un groove absolument dément, le Street Sweeper Social Club ne surprend pas réellement, il fait ce qu'il sait mieux faire que personne. Soit du pur RATM mais en plus groovy et moins hargneux. Pas besoin de tourner trente-sept ans autours du sujet, s'il est une collection de tubes hip-hop/rock, électrisants et fatalement imparables (l'énorme "Clap for the killers", "Shock you again"), le premier album du SSSC ressemble pas mal à qui vous savez (plus que One Day As A Lion, le projet de Zach de la Rocha, d'ailleurs). OK, ça c'est dit. Autant pour les règles n°1 et 2. Mais le plus important n'est-il pas que ce disque n'en reste pas moins carrément bien troussé ? Bordel oui !
Car Tom Morello fait du Tom Morello, mais en mode burné et branché sur 100 000 volts. Donc, on oscille en permanence entre génie guitaristique foudroyant et simple coolitude absolue. Normal. Boots Riley de son côté occupe l'espace musical avec un charisme animal de tigre affamé qui n'a pas grand-chose à celui d'un certain Mr. Zach. Normal. Et last but not least, si la paire Brad Wilk/Tim Commerford n'est pas de la partie, Stanton Moore, le préposé au matraquage des fûts s'en sort plus qu'honorablement. Rythmiques implacables, une guitare fuselée forcément électrisante, un frontman qui assure sans sourciller, que demander de plus ? Peut-être un titre qui ralentirait un peu la cadence pour se révéler encore plus imparable ? C'est fait avec "Good morning mrs.Smith". Un morceau qui changerait du tout au tout et s'éloignerait complètement de ce à quoi on a été soumis au début ? Possible avec le surprenant et bluffant "Promenade" (à écouter de toute urgence.). Pour le reste, les titres défilent ("The Squeeze", "Somewhere in the world It's midnight", "Megablast") et le duo parvient à saisir ce qui faisait la fabuleuse efficacité de la fusion made by Rage Against the Machine pour lui donner un petit coup de lifting bien groovy (mention spéciale au passage à l'artwork...). D'ailleurs, ça s'appellerait RATM, on crierait au génie, ça s'appelle finalement Street Sweeper Social Club et ça n'est pas moins excellent. Que cela soit dit.