swno.jpg Découvert sur la compilation Rock'n Roll Blvd Vol I et le titre "Clone Baby", le stoner rock de StoneWall Noise Orchestra (ou SWNO pour les intimes que nous sommes presque désormais...), ressemble fort au travail de Demon Cleaner sur l'album Psychic Sessions en un peu moins rugueux, ou à celui de Honcho, voire même de From Bleeder. Pour faire plus court, Vol I, c'est du pur stoner rock en barre, groovy, caniculaire et désertique à souhait. Mais réduit à cela, cet album ne serait qu'un simple disque de plus dans un genre où les cadors de la catégorie ont déjà bien balisé le terrain.
Samples de bombardier en approche pour l'introductif "Superfortress", (le Superfortress du titre étant l'un des fleurons de l'aviation militaire américaine), une petite originalité en guise d'amuse-gueule puis SWNO envoie la sauce. Du riff éléctrique pile comme il faut, de la section rythmique bourdonnante et un chant carrément en phase avec le reste, ce n'est pas forcément très innovant, mais c'est parfaitement exécuté et ça fait du bien par où ça passe. Les suédois enchaînent avec An epic curse puis "Two sides of a sin", deux ballades heavy rock perdues au beau milieu du désert californien où d'un fjord de Scanie en plein mois d'août. Un sens plutôt aiguisé de la rythmique qui balance, quelques discrets soli de gratte bien placés ("Freedom prize") et StoneWall Noise Orchestra nous emballe ça comme si de rien n'était.
Le combo maîtrise et a assurément assez d'expérience pour mixer habilement ses influences classiques notamment héritées des 70's, avec une touche plus personnelle, histoire de montrer une fois pour toutes que le stoner rock made in Europe ne rime plus exclusivement avec Dozer, Honcho ou Sparzanza. La preuve qu'après le rock instrumental de Monkey3 et le stoner metal de Rite, un groupe issu du vieux continent peut reprendre les fondamentaux du stoner pour livrer une dizaine de compos taillés dans le marbre et foutrement rafraîchissantes ("Going to Clarkside", "Hill street madman"). Et si, contre toute attente, l'avenir du genre venait du côté de l'Atlantique que l'on n'imaginait pas ?