Stonebirds Après plusieurs années de fonctionnement en autoprod', vous avez cette fois-ci décidé de rejoindre Pink Tank Records. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Notre choix de rejoindre Pink Tank s'est fait très simplement, on voulait qu' Into the fog... and the filthy air soit exposé au maximum et jouisse d'une belle qualité de pressage. Le label nous a apporté le poids de devenir un groupe signé premièrement. C'est dommage mais je pense que les personnes vont plus facilement jeter une oreille à un groupe inconnu mais sur un label avec un joli petit roster, qu'un groupe inconnu en autoprod', ça fait partie des petit plus. Ensuite, niveau communication, ça aide beaucoup aussi, il a déjà ses réseaux de webzines, de magazines...
La distribution était une raison importante également, Pink Tank a un bon réseau avec Clearspot et un distributeur au Japon également. De plus, le fait que Pink Tank soit un label allemand, à taille humaine et tenu par un passionné, collectionneur de vinyle, nous a conforté dans l'idée de le rejoindre. L'Allemagne est un super pays pour tourner dans ce style de musique et lors de notre micro tournée allemande, on a vu que le fait d'être sur un label allemand avait déjà pas mal fait circuler le nom du groupe et attiré plus de public que nous l'espérions.
Pour finir on a aussi bénéficié d'un très bon presseur vinyle et une super qualité d'impression pour les pochettes. Il y avait donc pas mal de bonnes raisons pour nous, c'est quand même moins usant quand quelqu'un s'occupe de ce boulot.

Comment passer de l'autoprod' à la signature sur un label change la façon dont on aborde sa musique ?
Pour nous, ça ne change strictement rien, Pink Tank est un label indépendant, on est loin d'une major. Jan, le patron de Pink Tank Records, nous laisse carte blanche sur l'aspect musical et visuel et ça ne pourrait pas être autrement de notre point de vue.
Après, il faut avouer que ça nous libère du temps pour la musique, le label et Thib, notre ladyboy, s'occupent de la communication du groupe, Dead Pig Entertainement se charge du booking, c'est vraiment royal de pouvoir bosser ainsi, on leur en est vraiment reconnaissant pour cette situation confortable.

Et financer son album par du crowdfunding, ça change aussi la manière dont on compose ?
Absolument pas, l'album était déjà composé lorsqu'on a mis le crowfunding en place. Les gens qui y ont participé savaient qui nous étions, certains ont dû être surpris du changement de style entre nos sorties précédentes et Into the fog mais on a eu aucun retour négatif, bien au contraire.

Vous avez décidé d'enregistrer cet album avec un ingé-son pas forcément habitué à ce genre de musique, comment est-ce que cela a impacté l'album ?
Déjà dans le son, Into the fog se démarque vraiment des productions actuelles dans le stoner/sludge/doom. C'était notre volonté première en faisant appel à Christophe, l'homme derrière Kerwax. Il a aussi apporté pas mal au niveau arrangements avec des trucs plus noisy comme des cymbales jouées à l'archet, des parties de mellotron, des timbales... des choses qui ont donné à certains passages une autre dimension.
Ça nous a permis aussi de ne pas être enfermés dans une niche, d'être libres, d'aller où on voulait sans jamais avoir à se soucier des codes du genre. Je pense que ça a encore plus élargi notre spectre stylistique.

Stonebirds - Into the fog. and the filthy air Que représente l'artwork et qui l'a réalisé ?
L'artwork a été réalisé par DZO un illustrateur très talentueux basé dans le sud de la France qu'on a débusqué après de longues semaines de recherches sur le net. On lui a juste donné le thème de l'album et il avait carte blanche à partir de ça. C'est plutôt cool parce qu'il a ajouté son imaginaire au nôtre sans qu'on sache ce que ça allait donner et sans retour possible, ça a été une belle surprise pour nous de voir notre idée retranscrite et enrichie par DZO. Le thème qu'on lui avait soumis était l'autodestruction humaine, la destruction des éléments, l'apocalypse de nature humaine.

La France possède de plus en plus de groupe de stoner reconnus et talentueux, Mars Red Sky, Glowsun, Abrahma... comment vous voyez l'évolution de cette scène et la place que vous y occupez ?
La scène stoner francaise est vraiment riche, on s'en est rendus compte lors de notre premier tour hexagonale il y'a deux ans, il ne doit pas y avoir une ville sans groupe de cette esthétique. On a la chance d'avoir quelques locomotives comme MRS,Glowsun, Hangman's Chair... qui suscitent l'intérêt d'un public étranger sur notre scène. De plus on se rend compte que les bonnes orgas françaises commencent a fleurir un peu partout, les Stoned Gatherings ont réussi a faire monter la sauce en ouvrant la voie à pas mal d'assos.

Comment vous êtes-vous retrouvés à être programmés pour le Hellfest ?
Faut croire qu'on a fait un bon disque et que les gens qui nous entourent font un excellent travail ! On est super heureux d'en être, c'est l'aboutissement de deux ans de travail passés sur cet album, c'est une bien belle récompense !

Stonebirds Bruno Retailleau à demandé au Hellfest de déprogrammer Down à cause de la mauvaise blague d'Anselmo, ce à quoi Ben Barbaud a répondu qu'il se passerait volontiers des subventions publics. Vous en pensez quoi de cette histoire ?
J'ai suivi ça d'assez loin, je suis juste tombé sur un long communiqué de Ben Barbaud et je trouve qu'il a très bien répondu.

J'ai lu sur Noisey que Fallout 3 faisait partie de vos sources d'inspirations, notamment pour le concept du « wasteland » qu'on retrouve bien dans votre musique. Vous avez joué au 4 ?
Bien sûr et beaucoup trop même, je ne sais pas trop quoi en penser d'ailleurs, ça oscille entre génialissime et chiant. J'espère juste que je n'ai pas perdu ma capacité d'immersion avec l'âge. Pour moi le 3 reste au dessus, l'ambiance est bien plus sombre et certains paysages me rappelle le Centre Bretagne.

Je vous laisse le mot de la fin...
Jeune, si l'envie de t'hydrater au doux son d'une hyper fuzz et autres sucreries de notre orchestre te prend, nous te donnons rendez vous le 2 avril dans la pénombre du ferrailleur à Nantes pour le Metalorgie Fest. Kenavo