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Stone Temple Pilots / Chronique LP > Stone temple pilots

stone temple pilots 2018 Changer de chanteur n'est jamais facile mais bon nombre de groupes cultes ont connu ce genre d'aventure (Pink Floyd, Black Sabbath, AC/DC, Iron Maiden, Sepultura) et ça ne s'est pas trop mal passé. Dans le cas de Stone Temple Pilots, c'est un peu particulier car Scott Weiland était un personnage, incontrôlable, dépendant, il était plus qu'un chanteur. Son éviction du groupe après tant de tentatives de le garder dans un chemin presque droit en 2013 ressemblait plus à un électro-choc et un service que lui rendaient ses potes les frères DeLeo, à l'origine avec lui de STP. Son remplacement (pour quelques concerts et un EP) par Chester Bennington de Linkin Park n'a pas suffi à le sauver, il est parti en solo et définitivement parti en 2015, rejoignant Layne Staley et quelques autres au rang des victimes de la drogue. Deux mois plus tôt, Chester avait annoncé la fin de sa collaboration avec les STP, il se suicide durant l'été 2017. En novembre 2017, Jeff Gutt, qui n'a pas peur d'une éventuelle malédiction, devient officiellement le nouveau chanteur, il a officié avec Dry Cell et s'est fait surtout connaître lors du show The X Factor (une sorte de Nouvelle Star Ac' qui a bien marché aux États-Unis). À l'écoute de cet album, il réussit parfaitement à "imiter sans forcer" Scott Weiland, trouvant le bon équilibre entre inspiration du maître (le côté grunge accrocheur) et touche personnelle (des mélodies plus propres, plus pop).

On retrouve donc ici la réussite connue par Alice in Chains lors de l'arrivée de William DuVall avec un combo qui se transcende avec l'arrivée d'un nouveau membre qui surmotive les vieux briscards (Dean, Robert et Eric jouent ensemble depuis 1985 !) et écrit peut-être un de ses plus beaux albums depuis le début des années 90 (Core date de 92, Purple de 94), revenant sans conteste dans le game après une dizaine d'années d'errance et une reformation pas folichonne. Cet opus éponyme (encore un ! Purple ou Shangri-la dee da n'avaient pas de titre très lisible, le N°4 n'était qu'un numéro et en 2010, le monde du rock avait renoncé à surnommer l'album) à l'artwork plutôt réussi contient ce qu'il faut de titres charmeurs pour satisfaire le vieux fan que je suis. De la dynamique et du groove ("Middle of nowhere", "Meadow"), de la gouaille ("Never enough"), un peu de tendresse ("Thought she'd be mine", "The art of letting go"), de la puissance ("Roll me under"), je retrouve tout ce que j'ai aimé dans ce groupe atypique. Que demander de plus ?

Stone Temple Pilots / Chronique LP > Stone temple pilots (2010)

Stone Temple Pilots Non là sérieux, va falloir arrêter le délire avec les reformations misérables. Parce que si tous les groupes qui ont cartonné un jour dans les années 90 s'y collent, on n'est pas sorti du sable... déjà que c'est déjà quasiment le cas. Et pourtant, il a eu de la casse (déjà). On pense notamment à Creed (ouch), Hole (re-ouch), Soundgarden (bon là on ne sait pas trop en fait) sans parler des Smashing Pumpkins qui tirent sur la corde depuis trop longtemps etc... et voici maintenant que Stone Temple Pilots s'y met aussi. Pour mémoire, rappelons tout de même que STP, ça a notamment été Core (8 millions de copies écoulées et quelques tubes dedans), ou le très honorable N°4, une vie de rock stars (l'alcool, la drogue, zahia ?), des scandales, des shows enflammés, des cartons dans les charts et une explosion en vol (rock'n'roll quoi...) en 2002. Et là voici que le groupe renait de ses cendres avec un album éponyme.

Un pochette d'un goût douteux, un "Between the lines" molasson, un "Take a load off" pas franchement mieux (voire pire), le STP cuvée 2010 est franchement rouillé dans la mise en jambe et ce ne sont pas "Huckleberry crumble" ou "Hickory dichotomy" qui vont nous faire grimper au rideau (à la limite "Hazy daze" sur un malentendu...). Mais bon à ce niveau là, ce nouvel album de Stone Temple Pilots est encore "audible". Vous avez lu la chronique jusque-ici, vous avez eu raison, parce que c'est là que ça commence à se gâter sérieusement et qu'on peut commencer à rire. Parce qu'avec au choix l'abominable bluette "Dare if you dare" (âge moyen d'écoute : 8 ans... ou 74 c'est selon la date de péremption...), "Cinnamon" (idéal pour la bande-son d'American Pie 12, si ces gentils messieurs d'Universal veulent bien se donner la peine), "Bagman" (parfait en générique de dessin animé, mais pour les moins de 5 ans uniquement), on atteint des profondeurs abyssales en matière de "rock" (attention de ne pas oublier les guillemets, c'est super important). Une fois bien au fond, confortablement installé, surtout ne pas se presser pour remonter la pente quitte à devoir attaquer la falaise... et ça le groupe sait faire, semblant ravi d'enchaîner "Peacoat" (on va commencer à être à court d'arguments dépréciateurs mais on peut toujours se forcer un peu), "Fast as I can" (titre supposément rapide... à condition de vouloir sprinter avec un déambulateur) avant LE final. Grandiose de mièvrerie crasse : "First kiss on Mars" puis "Maver". Dur. "Artistiquement" (les guillemets encore...), c'est le néant... à en pleurer. Insupportable ? Oui, mais bonne nouvelle c'est fini, il n'y en a plus derrière. Parce que là, on était quand même à deux doigts et demi d'attaquer les enceintes à la hache. Stone temple pilots (2010) ? Où comment produire l'album rock qui va en dessous du zéro absolu. Et si là, ça cartonne, on peut fermer boutique.