Les Stone From The Sky étaient moins portés sur la déconne pour donner des titres à leurs morceaux sur cet album. Entre esprits, créatures et monde médiéval, on part à la découverte de cultures et de phénomènes uniquement en quelques mots sur la pochette car leurs morceaux en sont dépourvus. Le "chat esprit" (traduction approximative de Bakeneko en japonais) côtoie les "Rond de sorcière" (cercles de champignons), les pierres de la faim ("Hungerstein"), le panneau "Attention dragon" des cartes du Moyen Âge ("Hic sunt dracones") et fait souffler le "foehn" (seul terme que je connaissais avant de rédiger cet article). Tu peux creuser les significations et l'image que veut donner le combo ou t'en foutre totalement et rester focus sur leur "post-stoner", leur son étant résolument marqué par l'influence du desert-rock, tandis que leurs constructions par strates et progressives sont évidemment à associer au post-rock ("Hungerstein" est même plus proche de Mogwai que de Kyuss selon moi). Ils utilisent leurs instruments avec délicatesse ou force pour nous plonger dans des atmosphères travaillées, moins hallucinées que par le passé, elles sont un peu plus métalliques et augmentent les contrastes. STFS était sympa, ils sont désormais aussi passionnants !
Oli
Janvier 2026
Publié dans le Mag #67
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Quand on est signé sur un label qui porte le nom de More Fuzz Records, il y a peu de chance de se tromper sur la marchandise, ça va jouer de la pédale ! Amis du stoner, du psychédélisme et des chaudes distorsions, soyez les bienvenus au pays de Stone From The Sky ! Si personnellement je découvre le combo, il délivre des morceaux assez régulièrement depuis 2014, leurs tracks sonnent très "désertiques" (quand bien même le nom de l'album fait référence aux abysses) et les constructions s'apparentent au post rock. Certainement inspiré par les Karma To Burn ou Yawning Man, le trio arrive à construire, sans chant, des paysages assez colorés et étendus, se rapprochant des splendeurs de Kerretta mais avec un son plus épais et granuleux; la prod est signée Jordan Jupin qui a notamment travaillé avec Shuffle, le mastering est quant à lui l'œuvre de Mickey Allred dont le CV comporte les noms de All Them Witches, Inter Arma ou Earthling. Aucune faute technique et aucune faute de goût pour des compositions riches, variées et qui nous plongent rapidement dans les profondeurs sous-marines. Pour autant le groupe ne se prend pas trop au sérieux et ne mise pas sur un "concept album", on sent plutôt une certaine décontraction au moment de choisir les noms des morceaux, comme pour ce "49.3 nuances de fuzz" où s'entrechoquent l'article 49.3 (passage en force d'une loi sans discussion au parlement), un chaud blockbuster et leur amour pour une certaine distorsion. Un ensemble qui fait de Stone From The Sky un groupe plus que sympathique.
Oli
Août 2022
Publié dans le Mag #49
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