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Biographie > Tu pues Lizaveta, tu pues Lizaveta...

Ce trio de Philadelphie existe depuis un paquet de temps puisque leur premier album (... Hopelessness and shame avec Steve Albini aux manettes) date de 1996. Le line-up était déjà constitué de Yanni Papadopoulos à la guitare, Alexi Papadopoulos à la basse et Cheshire Agusta à la batterie. Après deux albums (le second : Slaughterhouse en1997) chez le label Compulsiv, les Stinking Lizaveta signent chez Tolotta Records, défunt label de Joe Lally de Fugazi. De cette collaboration naitra III qui marquera les prémisses d'une nouvelle signature chez At a loss recordings (et Monotreme Records en Europe) chez qui ils sortiront 3 disques : Caught between worlds en 2004, Scream of the iron iconoclast en 2007 et Sacrifice and bliss en 2009. Dans les faits notables, signalons que le gourou Steve A. a été tellement impressionné par le groupe qu'il les invitera même à participer aux fameuses All Tomorrow Parties qu'il a chaperonné en 2004. De plus, les Stinking Lizaveta tournent de manière acharnée et ont partagé la scène avec quelques cadors de la scène : Clutch, Corrosion Of Conformity...

NB : Le nom Stinking Lizaveta provient d'un personnage issu de la nouvelle Les frères Karamazov par l'auteur russe Fyodor Mikhaylovich Dostoyevsky.

Stinking Lizaveta / Chronique LP > 7th direction

Stinking Lizaveta - 7h direction
Après un disque (le précédent) carrément excellent, le groupe le moins sexy de la terre avec le nom le moins sexy de la terre (bis) revient avec une pochette profondément dégueulasse. Bon en même temps, ils ont le mérite de rester cohérent dans l'attitude.
Dès le premier titre, on retrouve un feeling profondément 70's classic rock/blues que ce soit dans attaques et dans la guitare qui se la joue bavarde. Reste qu'au bout de quelques titres, cette propension à s'étaler dans le rock dégoulinant et branleur de manches est vraiment usante. J'adhère moyen. Donc c'est surtout à conseiller si tu arrives encore à écouter Made in Japan de Deep Purple en entier (et là tu es courageux). Pour du gras efficace (et pas cher), penche-toi plutôt sur Karma To Burn et son excellent Wild wonderful purgatory injustement affublé d'un avis mitigé par mon collègue (The) AureliO.

Stinking Lizaveta / Chronique LP > Sacrifice and bliss

Stinking Lizaveta - Sacrifice and bliss Si on vous dit trio stoner et instrumental, vous me répondrez sans doute Karma To Burn et vous auriez le ¼ de ce qu'est Stinking Lizaveta, dont la démarche s'apparente plutôt à celle des Dub Trio dans la recherche laborantine des sonorités mais aussi dans cette musique à tentacules qui va piocher dans tout ce qui peut la nourrir positivement : entre rock-progressif 70's, stoner, heavy-metal, un peu de fusion et de jazz, le groupe ne choisit pas et opte pour le gros package qui comporte le tout et c'est tant mieux pour le capital singularité. Première prise de contact avec "Autochtony!Autochtony !" qui fait déjà apparaître un soupçon de virtuosité et un goût pour les musiques bigarrées aux marqueurs. "Sacrifice and bliss" est l'un des titres les plus marquants avec son intro cadencée qui s'emballe pour emmener l'auditeur dans une chevauchée sauvage imbibée de groove et de passages hypnotiques entrecoupés par un solo assez grisant qui aurait pu figurer sur le dernier album d'une vieille gloire heavy-metal. Solo qui dégouline, ton romantico-torturé un peu à la manière des morceaux apaisés de Pantera, "When I love you" est la piste qui dépareille le plus au sein de cet assemblage ingénieux : on imagine assez un Phil Anselmo venir y poser des vocalises inspirées tandis que "We will see" et ses relents de riffs à la RATM rapelle une BO de Morricone avec son sifflement qui file dans les grands espaces arides. "The man needs your pain" vient clore Sacrifice and bliss avec un morceau qui explore la retenue pour lâcher les chevaux à grands coups de riffs venant hachurer une étape foncièrement décalée mais représentative de ce groupe hors-format. Les Stinking Lizaveta sont en effet comme le Pac-man du jeux vidéos labyrinthiques : ils changent de direction sans que l'on ne sache ou ils vont aller et il en résulte un disque vraiment captivant à l'écoute. Ces trois là s'emparent des codes (cf. la pochette) pour les recracher à leur manière (cf. la pochette bis) : avec des petits bouts de tout qui forme un gros tout assez particulier. Excellent disque qui reste bluffant et imprévisible après de nombreuses écoutes.