C'est en semaine et le nouvel album ne sort que dans six semaines, mais c'est complet ! Quand le Soviet Suprem débarque en ville, mieux vaut anticiper si on ne veut pas se faire piéger (comme quand on se retrouve dans une friterie pas loin de la salle à l'arrache pour manger...). Le Carré Sam de Boulogne-sur-Mer a fait le plein et quand j'arrive, ça discute pas mal pour savoir qui fait la première partie.
Et non, je n'ai pas l'info, oui, c'est précisé sur le programme "première partie", mais aucune idée de qui se produira, sans quoi, j'aurais un peu bossé le sujet. Après quelques minutes à évoquer ce mystère, j'ai une triste théorie, le mec qui clique sur des choix musicaux douteux depuis la scène, c'est lui la "première partie"... "Nooooooon", mais à mesure que le temps passe, on oublie l'idée de découvrir un petit groupe ou une vraie performance, il faudra se contenter du gars qui passe des disques numériques et appuie sur quelques boutons, une suite de morceaux sans ligne directrice, sans envie, sans transfert d'énergie. On ne saura pas son nom de scène, si jamais il en a un. Si ça se trouve, c'est un membre de la régie technique qui dépannait suite à un imprévu. Même si on n'est pas venu pour ça, on reste sur notre faim (et pas juste à cause de l'infâme kebab d'à côté).
Soviet Suprem
Tout cela est vite oublié, il ne faut que quelques secondes aux Soviet Suprem pour nous faire changer de monde, leur entrée grandiloquente nous fait basculer dans leur univers, c'est parti pour quasi deux heures à travers le temps (celui des fascismes, de la guerre froide, du nouvel ordre mondial comme d'aujourd'hui) et l'espace (la Russie, la Chine, la France, l'Amérique latine, les Balkans...). Un voyage tout compris où on se dépense sans compter. Si la trame des concerts de la tournée Made in China est conservée, elle est réarrangée et est enrichie de quelques nouveautés. Les habitués retrouvent leur séances de sport (on fait tourner les Soviet), les déplacements de gauche à... gauche, les invectives ("applaudissez !"), les modifications locales dans certaines paroles ("Boulogne, bouge ton boule...") et discours (coucou aux amis Calaisiens), l'envoi d'une partie du public au goulag (et non pas au Bolchoï, malgré leur belle prestation de danse sur la scène), la venue de Daisy Trump ou la distribution d'un breuvage iconique à la Kalash. N'étant pas un grand fan des "singles", je ne fais pas la distinction entre les hits de la party et les morceaux "normaux". Pour moi, tous les titres sont des tubes ! Et de toute façon, il se passe toujours quelque chose avec le Soviet sur scène. Sache tout de même que "Rongrakatikatong", "J'débarque", "Made in China", "Woke wok", "Ping pong" ou "Bolchoï" sont bien évidemment de la partie. Contrairement à "Komunistoirdamour" qui ouvre Rouge et qui n'est pas joué ce soir, pour les petits nouveaux, on se contente de "Fashion facho", "On fait le putsch" (pas si nouveau que ça) et "Bis trop". Ce dernier est bien sûr joué en rappel, enfin le premier, car on a le droit à une deuxième salve avec une formation resserrée au plus proche des premiers rangs pour jouer un medley incorporant "T'as le look Coco", "Vladimir" ou "Couic-couic". Le rideau de fer se referme, et même si on aurait aimé poursuivre la fête, il faut bien rentrer chez nous.
Merci à Marie et aux Soviet Suprem ainsi qu'au Carré Sam pour l'accueil, merci à Julien (Math Promo) pour le relais, coucou aux Audomarois (Léandre, Marius, Siloé, Louison, Immanol...).
Publié dans le Mag #70





