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Biographie > Le refuge des âmes

Duo de producteurs anglais (Rich Machin et Ian Glover), Soulsavers est le projet de deux amoureux de musique au sens large du terme. Deux hommes qui ont décidé de mixer toutes les influences, qu'elles soient rock, pop, folk, éléctro, soul ou jazz, sous une seule et même entité musicale : Soulsavers. Adepte de mélodies apaisantes et d'arrangements aux ambiances oniriques et feutrées, la paire anglo-saxonne a l'habitude de s'entourer de grands noms dans leurs collaborations au sein de Soulsavers. A l'occasion de leur premier essai (un Tough guys don't dance classieux mais un peu trop discret hors des frontières du royaume), c'était Josh Haden (Spain) qui s'y collait ; à l'heure du deuxième album, la palette s'élargie avec les présences de Will Oldham (Bonnie Prince Billy), Rich Warren et surtout Mark Lanegan que l'on ne présente plus. Un album sobrement intitulé It's not how far you fall it's the way you and enregistré pendant près d'un an et demi qui voit le jour au printemps 2007 via V2 Music.

Soulsavers / Chronique LP > Broken

Soulsavers - Broken Broken est de ces disques de producteurs devenus au fil des compos des oeuvres de songwriters : un album conçu pour nous emmener au 7ème ciel et qui y parvient parfaitement, des compostions feutrées aux mélodies finement ouvragées, des émotions qui se dégagent de la plus infime nuance, du plus insignifiant des silences... pour invariablement nous submerger. De l'intimiste "The seventh proof" à un "By my side" ténébreux et solonnel, en passant par un "Death bells" très enlevé ou l'envoûtante ballade folk désenchantée aux accents country qu'est "Shadows fall", ce deuxième disque signé Soulsavers regorge de petites merveilles. Doit-on y voir l'omniprésence de Mark Lanegan, qui, à cette occasion, est quasiment devenu le troisième membre officiel du groupe aux côtés de Rich Machin et Ian Glover ? nul doute que le crooner des Screaming Trees et Gutter Twins n'est pas étranger à cet état de fait. Et pour cause, contrairement à It's not how far you fall, it's the way you land où il ne faisait "qu'y" poser son timbre de voix sépulcral, le chanteur a ici activement participé à l'écriture du disque, en co-signant pas moins de huit sur les treize que compte l'album.
Et comme en plus de ça, le (presque) trio a blindé son casting avec une pléiade d'invités de marque, Broken ne pouvait qu'être une réussite. L'iconoclaste et insaisissable Mike Patton (Faith No More, Fantômas, Mr.Bungle, Tomahawk, Peeping Tom et quelques dizaines d'autres...), Gibby Haynes (Butthole Surfers), Jason Pierce (Spiritualized), Will Oldham (Bonnie Prince Billy, Palace), le casting des guests de luexe avait déjà plutôt fière allure et c'est pourtant de la quasi inconnue complétant cette géniale équation musicale qui viendra la (très bonne) surprise : Red Ghost, a.k.a Rosa Agostino. Celle-ci est présente sur trois des titres de l'album et enjolive avec une grâce incomparable tout ce qu'elle effleure de son timbre de velour. De pépites aux arrangements dépouillés en envolées mélodiques aux harmonies soyeuses ("All the way down", "Pharaoh chariots"), une poignées de hits absolus de la trempe d'un "Rolling sky" aux effluves jazz enfiévrées, ou "Unbalanced pieces" en permanence sur le fil du rasoir, Soulsavers sublime, joue avec les genres, les associe pour finalement émerveiller... Un grand disque, tout simplement.

Soulsavers / Chronique LP > It's not how far you fall, it's the way you land

soulsavers : it's not how far you fall... Avec son titre à rallonge façon Red Sparowes et son "Revival" introductif, gospel et poussif, Soulsavers ne met pas forcément dès le départ tous les atouts pour convertir les mélomanes à sa cause. Et pourtant. Ce It's not how far you fall, it's the way you land est une véritable déclaration enflammée envers le plus néophyte des amateurs de musique. L'étrange et trop-rock "Ghosts of you and me" vient remettre les choses au clair. A la manière d'un Massive Attack sous psychotropes, ou d'un Tricky, Soulsavers livre un second titre labyrinthique à souhait et aux arrangements subtiles et déconcertants, mais fascinant. Quasi mystique, irrémédiablement hypnotique, un titre comme "Paper money" ou "Ask the dust" développe un trip-hop lunaire et lunatique aux confins d'un Archive ou d'un Portishead avec une griffe musicale particulière et des instrumentations uniques. La "Soulsavers' touch" sans doute.
Atmosphères suaves et laconiques, mélodies comme figées par le temps, transportées par le timbre inimitable de la voix caverneuse de Mark Lanegan (Screaming Trees, collaborateur des QOTSA et d'Isobel Campbell), les compositions du duo anglais baignent dans une mélancolie douceureuse et quelques instants de grâce frissonnante. On passera sur l'autre faute de goût de l'album (l'inutile "Spiritual", faussement "spirituel justement), pour s'attarder plus facilement sur l'envoûtante ballade folk/ pop "Kingdom of rain". Tristesse à fleur de peau, instrumentations graciles et ambiances de recueillement, voilà avec le sublime "Through my sails" et sa soul envoûtante l'un des "must-have" de cet album riche et étonnamment varié. Rich Machin et Ian Glover ont su bercer leur album d'arrangements foisonnants et hétérogènes pour le faire s'orienter vers tous les horizons (jazzy, néo-classique, post-rock...) sans jamais quitter des yeux son point de fuite, un "Auzoua bay" instrumental et magique.
Un "Jesus of nothing" sur lequel on aurait bien vu Terry Callier (collaborateur de Massive Attack) derrière le micro, puis un merveilleux "No expectations" précieux et languissant dans la veine de The Album Leaf, le duo anglais peut refermer ce deuxième effort avec l'assurance d'avoir produit quelques pépites inclassables. Adepte d'une musique kaléidoscopique et mélancolique, Soulsavers revient à l'heure de son deuxième album studio avec dix titres sertis de mélodies suaves aux atmosphères feutrées et un invité de luxe en la personne de Mark Lanegan. Emotion à fleur de peau, ambiances crépusculaires, mélange des genres berçant dans une harmonie douce, It's not how far you fall. est un album fait de paradoxes (quelques chefs-d'oeuvres, d'autres titres plus inconstants), un disque aux innombrables dégradés de couleurs mais à l'élégance rare.