SOAC | Treasure Cat - Last Day of Summer A l'heure de la rentrée des classes, l'été touchant à sa fin, nous, on joue les prolongations avec des disques qui renvoient aux road-trip dans le désert Américain, des plaques qui respirent la poussière et la rocaille des immensités de l'Arizona et qui déversent des riffs par pack de douze. En clair une bonne rasade de stoner-rock caniculaire, enfumée et inexorablement addictif. Last day of summer, le bien nommé est donc un split album réunissant les Anglais de Sons of the Alpha Centauri et les américains de Treasure Cat, héritiers directs des très cultes Karma to Burn. Les premiers ont récemment frayé avec le desert-rock caliente et narcotique des Yawning Man, les seconds signent le retour en grâce avec un disque collaboratif qui résonne comme un hommage assumé à tout un pan de la scène rock/stoner instrumental/psyché US.
Règle de base du petit manuel heavy/stoner rock instru : un album sans chanteur doit être furieusement groovy, au risque de ne pas du tout paraître cool. Et l'on sait à quel point c'est ici important. On écoute pose donc la galette dans le mange-disques et on se rassure en à peine quelques secondes avec "The flying dutchman". Véritable hymne au stoner bluesy aux relents country, ce titre inaugural est exécuté pied au plancher et nous emmène directement au coeur de l'Amérique "western". Electrisant. Une intro réussie n'est pas nécessairement gage de grand disque. Mais ça aide. Ici, ça aidera même beaucoup. Mis sur orbite par ce premier titre, les deux groupes appuient alors sur l'accélérateur et enfilent coup sur coup "Battle of Britain" puis "Tribute to Harmonious". Le riff est alerte sur le premier de ces deux morceaux, l'atmosphère plus psyché sur le second, les Sons of the Alpha Centauri et les Treasure Cat développant ici un condensé électrique des savoirs-faire des deux groupes. Logique dans le cadre d'un split album oui, sauf qu'ici, le résultat dépasse les attentes.
Si l'album collaboratif réunissant les SOAC et les Yawning Man, Ceremony to the sunset, sorti quelques semaines avant celui-ci avait quelque peu déçu, celui-ci par contre est en tous points réussi. Une assise rythmique implacable imprimant une dynamique énergisante à des titres comme "Valhalla" ou l'éponyme "Last day of summer", guitare volubile et basse bourdonnante qui sont particulièrement mises en avant (absence de chant oblige) et une maîtrise formelle de tous les instants qui trouve son climax sur "Under Surveillance" ou "Dresden", les deux groupes font le métier. Et ces deux petites merveilles de stoner instrumental aux influences légèrement old-school en atteste, si la simple addition des talents ne fait pas tout, par instant, la somme des individualités peut aboutir à quelque chose capable de ravir nos exigences. Peut-être pourra-t-on reprocher quelques longueurs à Last day of summer (en milieu d'album), ses onze titres de stoner instrumental s'étalant sur près de 55 minutes pouvant paraître à certains un peu roboratif, en l'état, ce split regorge surtout de petites bombes à retardement de la trempe d'un "Crossing the border" assez ultime dans son genre ou d'un "On a clear day" tout en groove littéralement addictif. A réserver en priorité aux inconditionnels de Karma to Burn et consorts.