sons_of_the_alpha_centauri.jpg De manière générale et même si la musique instrumentale est un peu revenue à la mode, les groupes évoluant dans des courants stoner rock et ne comptant pas de chanteur dans leurs rangs sont parfois roboratifs. A quelques rares exceptions près, citons notamment Monkey3, Electric Magma, The Bakerton Group (Clutch sans Neil Fallon) et bien évidemment l'une des références du genre : Karma to Burn, le style a tendance à laisser de marbre... Parfois à raison, mais pas toujours. Petite curiosité dès le début, le tracklisting, rédigé comme suit : 2, 14, 15, 26, 23, 25, 28, 21, 9, 31, 8 et 34. Non rien à voir avec une énigme à la Lost ou une étrange suite mathématique, il s'agit tout simplement des 12 titres choisi parmi les 34 enregistrés en studio à l'automne 2007 et qui composent donc cet album habilement assemblé. Heureusement, tous les morceaux disposent d'un (sous)-titre permettant de s'y retrouver un peu plus aisément. "Celestial" et ses riffs heavy rock nous met rapidement sur orbite, les mélodies sont assez prégnantes, les boucles de guitares légèrement psychées font leur petit effet et Sons of the Alpha Centauri tend à démontrer que l'on peut encore faire découvrir un album de stoner instrumental sans que l'assistance ne s'endorme dès la cinquième piste de la galette. "Broken vessel" puis l'excellent "Joyrider" débarquent à la suite sur le lecteur CD qui n'en demandait pas tant. Dans un registre heavy rock assez inventif, le stoner instrumental des anglais est d'une étonnante efficacité. Ceux-ci, alourdissant peu à peu leurs riffs sans pour autant occulter les mélodies guitaristiques, démontrent qu'ils en ont sous le manche de gratte. Toujours plus tranchant, malgré une prod un peu trop "light" par moments, Sons of the Alpha Centauri alterne les mouvements les plus calmes avec les passages les plus incisifs, le concept de l'album se dévoilant lentement au fil des titres ("Outrun 242", "SS Montgomery", "(Battle at) the forts"), le groupe s'est imprégné de l'histoire avec un grand H et notamment de la Seconde Guerre Mondiale pour cet album inspiré et riche en dégradés de couleurs. D'un point de vue formel, le tout est réglé comme du papier à musique ("Hitman") et les morceaux sont habilement construits, finement ciselés, le groupe fourbissant ses compos depuis déjà pas mal de temps dans son coin. "Landscape nine", "Sealand on fire" ou "Going down", les morceaux se suivent, mais ne se ressemblent pas, bien qu'évoluant dans des sphères musicales parfaitement similaires... Stoner instrumental, Sons of the Alpha Centauri l'est assurément, mais entre sans souci dans la catégorie des groupes qui donnent leurs lettres de noblesse au genre.