SOB Salut Forest. Ça roule mon gars ? Avec Ed et Pat, vous revoilà aux affaires avec Sons Of Buddha. Premier album en 2005, deuxième effort longue durée en 2008, et enfin Didoudam en 201 3. Que s'est-il passé depuis Buddha hates us all ?
Salut Sportif. UncommonMenFromMars, Ta Gueule, ISP, Cannibal Mosquitos, Bad Chickens, The Black Zombie Procession, Annita Babyface and the Tasty Poneys, Forest Pooky, Opium du Peuple, Supermunk et Napoleon Solo. Voilà tous les groupes dans lesquels nous jouons, ou avons joué, ces 5 dernières années. Pour des questions d'emplois du temps difficilement compatibles, SOB à été un peu laissé de côté. Quand on totalise une participation à 11 projets musicaux pour trois individus, c'est assez compliqué de se retrouver ! Ceci dit, on prévoit d'user les pneus du van après la sortie de Didoudam en septembre !

Le premier album a été enregistré par toi et ton frangin Ed. Est-ce également le cas pour ce nouveau disque ? La répartition des rôles en studio est-elle dorénavant plus équilibrée avec Pat ?
Lors de l'enregistrement du premier album Pat ne faisait pas partie du groupe, et les débuts de Sons Of Buddha étaient vraiment issus de notre envie de jouer ensemble, Ed et moi. Ceci explique cela. Aujourd'hui, nous avons un réel équilibre démocratique, on met tous nos compétences au service du groupe : Ed bricole le son de guitare, Pat fait des blagues, et la cuisine c'est pour moi.

Quand le premier album est sorti, je trouvais (je te rassure, c'est toujours le cas) ce groupe tellement classe que j'avais peur d'un projet éphémère, quelques concerts et hop, disparu. Pourtant, presque dix ans après, vous êtes toujours là : considères-tu SOB comme une récréation ou est-ce maintenant un projet que tu as envie de développer et de faire décoller ?
Pour moi la récréation n'est pas une opposition au développement, au contraire. Le jour où je ne m'amuserai plus en jouant dans ce groupe, j'arrêterai. Mais un projet qui n'avance pas n'est pas amusant alors on fait les deux. Si ta question fait plutôt référence à un "plan de carrière", le voici : nous voulons tourner, vivre de nouvelles expériences et rencontrer de nouvelles têtes. Notre seule ambition est que ce groupe dure. Pour le reste on vogue au gré des opportunités.

Tu connais mon niveau en anglais, et comme je concocte cette interview un peu à l'arrache et que Tiff, pendant ce temps-là, matte un film, je ne vais pas la déranger, alors je te pose directement la question : les textes de SOB, ça parle de quoi ?
Je ne veux pas que cette interview se change en spoiler alors je ne vais pas tout te dévoiler. Ceci dit, Ed s'est penché sur la question des loyers peu chers des maisons en bordure d'usines nucléaires et sur la perte de cheveux. Pat de Serves a voulu mettre en lumière la théorie du Didoudam, et je me suis employé à expliquer pourquoi je ne me souvenais jamais des noms de groupes que j'écoute et que j'aime. Des textes instructifs, ludiques mais surtout chantants.

N'est-ce pas l'ami Kepi Ghoulie qu'on entend fredonner sur "Dance, dance, dance to the radio" ? Tu peux m'en dire un peu plus sur la connexion ? Vous avez assuré son backing band sur sa dernière tournée européenne, et je crois que tu vas bouffer du bitume à la rentrée avec lui ?
Thibault (Wild Card Booking) a fait un rêve lors d'une chaude nuit de l'été 2012, celui de nous voir avec Kepi en tant que backing band. Un projet qui s'est fait. Une tournée d'une vingtaine de dates en janvier dernier. Kepi est quelqu'un d'exceptionnellement positif et c'est viral. On a tous pris beaucoup de plaisir, Kepi, nous, mais aussi tous ceux qu'on a croisés sur la route. "Dance, dance, dance, dance, dance to the radio" est une reprise du groupe M.O.T.O que Kepi nous a apprise en plein concert. Assimilation agréable et facile sur deux notes, jusqu'à ce qu'il annonce : "FOREST, SOLO!!" Là, j'ai perdu pied. Qu'il chante sur l'album, et sur ce titre, nous permet entre autres plaisirs, d'avoir un souvenir amélioré de cette tournée. On prévoit de multiplier les collaborations dans un futur proche. En octobre sort un split 12" collector, "Kepi Ghoulie & Forest Pooky" qui sera accompagné d'un gros mois de tournée en Europe. Puis en juin 2014, on va peut-être remettre le coup du backing band au goût du jour mais sur une période plus longue cette fois.

Mon informateur pas toujours fiable et légèrement ailurophobe m'a dit que vous étiez rentrés en stud' pour enregistrer Didoudam avec uniquement quelques morceaux en magasin et que vous aviez fait le reste un peu au dernier moment : travailler dans l'urgence, c'est une des recettes de la fraîcheur de SOB ?
Disons que c'est littéralement la "guerre des emplois du temps" chez Sons Of Buddha. Du coup on n'a eu que très peu de temps pour composer et donc, très peu de titres en stock. Le studio était calé, on n'avait pas d'autre choix que d'en ressortir avec l'album. (Ton informateur est un bon). On a terminé, peaufiné et parfois complètement écrit certains morceaux pendant les pauses déjeuner ou le soir. Quand Pat nous a rejoints pour ses prises basses, ses doigts de fée n'ont fait qu'une bouchée des chansons qu'il découvrait. C'est sans doute grâce à ça qu'on reste jeunes et frais, oui. Et aussi parce qu'on porte des casquettes à la mode.

SOB_didoudam Didoudam. Intéressant... Pourquoi ce titre ? Quelle signification ? Et pourquoi cette pochette ?
C'est un hommage à Patrick De Serve, un artiste poète du 18ème siècle malheureusement méconnu du grand public. C'est aussi le titre de la chanson pour laquelle nous avons mis ses textes en musique. La pochette c'est lui, avec ses deux enfants.

J'ai écouté l'album une paire de fois, et ce qui en ressort, c'est que vous êtes les rois de la mélodie. Tu me fileras à l'occasion l'adresse du prof' qui donne des cours particuliers à Serrières. Comment composez-vous ces petits bijoux pop punk ? Répètes intensives tous les mardis de 18h à 20h ? Chacun bosse dans son coin ? Morceaux pompés d'un obscur groupe punk d'Afghanistan ?
Dans tous les cas de figure, on compose assez rapidement et plutôt en répète, mais ce n'est pas une science exacte. On aime les idées spontanées, simples, fun à jouer et à écouter. La plage horaire des répètes, ça se passe en général en studio, entre midi et deux.

Lolo Dirty Witch, en plus de sortir ce troisième album, vous a concocté une bonne petite tournée pour promouvoir le disque. Cette question rejoint certainement une des précédentes, mais ambitionnez-vous d'intensifier l'activité de SOB, quitte à en faire une de vos priorités et de tourner intensivement ?
On a tous plusieurs groupes qui ont/vont sorti(r) des albums et vont vouloir tourner donc on est plutôt dans une optique d'organisation méticuleuse qui permettrait à tous les projets de fonctionner. La priorité est la diversité, la survie de tous les projets. La suractivité d'un groupe en ferait suffoquer 4 autres. Mais il est certain que SOB va tourner plus qu'avant grâce à ce fonctionnement et on en est tous ravis. Au milieu de tout ça, je vais abandonner mes copains sur la tournée de release, le temps d'une soirée, le 25 septembre pour faire un set Forest Pooky à Paris, en première partie de Frank Turner, au Divan du Monde. On n'est pas complètement rigide non plus !

Question intéressante (si si, tu vas voir) : vous enchaînez sur le disque sans sourciller un titre Ramonesque hyper fun (« Gérard Depardieu » un de mes préférés du disque) et un tube au chant dont tu as le secret, puissant et poignant (« Five minutes ») : penses-tu qu'il s'agisse d'une nécessité pour SOB de jouer sur ces deux tableaux, le fun et le poignant ?
Ce mélange est très naturel chez SOB, ça découle tout simplement du fait que l'on fasse ce dont on a envie. On n'a pas d'autre pression que celle que l'on décide de se faire subir. Et aussi qu'on s'en foute un peu.

"All my friends are losing their hair". Excellente chanson. Mais putain, après "I have been kidnapped by aliens (they cut my hair)" que tu joues dans ton répertoire solo, on dirait que tu fais une fixette sur les cheveux. Besoin d'une psychanalyse ou juste envie de faire déprimer tes potes vosgiens subissant cet aléa de la vie ?
Je vois ce que tu veux dire. Psychanalyse pourquoi pas, mais pour le coup, c'est Ed qui a écrit ces textes et s'il s'est servi de l'image des cheveux qui tombent, le sujet n'est pas du tout le même. Ici, il est question de nostalgie, d'une certaine déception, des années qui passent et qui altèrent les priorités et les discours de ses proches.

Toi et Ed êtes de sacrés vocalistes avec un sens prononcé pour les émotions et les mélodies. Comment ça se passe au niveau de la répartition du chant sur les morceaux ? Ça tire à la courte paille ou c'est au feeling ?
On laisse une grande place à la spontanéité et au feeling, comme vous dites dans les Vosges. En général, chacun chante les textes qu'il écrit. Dans l'urgence, il me semble plus évident d'être sincère en chantant un texte écrit de ta main. Ceci dit, le morceau demande parfois qu'on fasse un duo de derrière les fagots.

Voili voilou, c'est un peu décousu mais tu as aimé quand même hein ? Tribune libre, à toi d'en rajouter une couche ou de remercier le W-Fenec à ta façon.
Merci pour ton intérêt qui persiste malgré les années et si tu portes des "black suits", on sait que tu portes toujours tes "black t-shirts" !!! (cf. "All my friends are losing their hair").