Sonic Youth : Evol Le chef-d'œuvre de la (longue) carrière des new-yorkais soniques ? Difficile à dire, ce qui est évident, c'est que c'est l'album (sorti en 1986) qui aura fait du groupe une icône de la culture dite "underground". C'est également avec cet album que les Sonic Youth ont, pour la première fois, gagné de l'argent via leur musique, Evol atteignant rapidement les sommets des charts.
Entre mélancolie légèrement torturée ("Tom Violence"), ambiance mystérieuse et par moments angoissante ("Shadow of a doubt") et le rock glacial de "Star Power", les trois premiers morceaux nous font entrer au cœur d'un album riche et complexe, où les Sonic Youth se livrent aux expérimentations les plus diverses et variées.
Que ce soit avec le free rock bien déjanté de "In the Kingdom 19#", ou les dissonances très underground de "Green Light", le quartet new-yorkais propose une musique difficilement accessible aux non-initiés. Sonic Youth laisse libre court à son imagination et à sa recherche de nouvelles expériences. "Secret Girl" est à ce titre l'un des titres les plus fascinants d'Evol, le morceau se divisant en deux parties distinctes. La première, quasi bruitiste, restera un peu absconse, la seconde avec son "chant" parlé et sa pluie fine de notes jouées au clavier, est une ballade romantique expérimentale particulièrement réussie. A la fois troublante et magnifique de désespoir.
Sombre et torturée ("Marilyn Moore") la musique de Sonic Youth est déroutante, sans concession… et parfois surprenante comme le prouve le titre final d'Evol, un "Bubblegum" très rock, énergique et jouissif qui rompt complètement l'atmosphère des autres morceaux de l'album.
Il est clair qu'Evol laissera de marbre les amateurs de rock mélodique calibré pour les ondes FM, mais ravira les amateurs de pop/ rock noisy exigeante et innovante. Chef d'œuvre absolu ? Peut-être pas. Mais album majeur de rock expérimental, sans aucun doute.