Solenoid - Solenoid Enfer et damnation, du punk rock chroniqué par quelqu'un d'autre que le pape du genre au W-Fenec, monseigneur Gui De Champi. Sacrilège, crime de lèse-majesté, outrage publique tout ça... Et pourquoi pas après tout ? D'autant que Solenoid, ce n'est pas vraiment du punk-rock, enfin si... mais pas que. Ou l'inverse. Bref, on s'en tamponne le coquillage du style ou des étiquettes, l'important, c'est que ça défrise et fasse du bien par où ça passe. Mélange de stoner et de punk-rock, cocktail furieusement décomplexé de riffing old-school bien frappé et de coolitude assumée (bon l'artwork quand même...), ce disque éponyme est un véritable catalogue du genre pour tous ceux qui aiment se délecter de quelques compos rock'n rollesques après une dure journée de boulot. Un peu de Black Sabbath par ci, un peu de Zeke dans les turbines, et vas-y que je te saupoudre le truc d'une rasade de bourbon (pardon de Motörhead), que je te graisse les rouages à coup de The Hellacopters. Voici donc Solenoid. Un groupe qui n'invente rien, qui a même tendance à reprendre à son compte des recettes éculées, qui évoque clairement Thin Lizzy comme Hüsker Du, mais qui le fait foutrement bien. La mise en bouche est farouchement punk. Lancé comme un TGV Bordeauw-Paris sans rupture de caténaire, le groupe enfile les deux premiers titres de l'album à la volée, se fait plaisir et nous avec ("Out in the cold", "Down the dream"). C'est speedé, exécuté pied au plancher, et ça fait taper du pied comme un damné. Pouce levé.
D'autant que le groupe muscle sérieusement son jeu sur "Her peace", ralentissant le rythme pour construire un titre rock caniculaire au groove définitivement entêtant, avant de poursuivre dans cette voie avec la tuerie "One armed man". Là Solenoid se révèle comme un groupe qui sait clairement y faire en matière de rock burné et comme si ça ne suffisait pas encore, en rajoute une couche avec "Short but swell". Rock lourd, groovy à souhait, turgescent et efficace, il voit le groupe tailler dans le gras avant d'enchaîner avec une remise en route punky ("Puppeteer"). Plus old-school, "Whambambition" ressemble à un petit délire entre potes histoire de ne pas oublier qu'on est juste là pour se payer une bonne rasade de rock, quand "Slayin'" (qui porte bien son nom) se lance dans un saut dans le vide thrash rock/metal avec l'appui d'une batterie qui pilonne sec pendant que les riffs renvoient au SOAD des grands jours. Tout ça en mode Solenoid, ça étourdi. Etonnant, détonnant, ou les deux... tant ça fuse de toutes parts et que les belges ont foutent plein les enceintes sans la moindre retenue. Après s'être lâché de la sorte, le groupe se vide les tripes dans des titres heavy et furieux à la force de frappe bluffante et aux cris parfois bien rugueux ("Trash day", "Didide"). Solenoid, un disque bien gras et rock'n roll, porté par un esprit seventies bien senti et un savoir-faire qui ne souffre d'aucune contestation. Du pur son made in Buzzville en sommes...