Snow Patrol - A hundred million suns Après le carton planétaire de Final straw et son single galactique "Run", une confirmation venue de fort belle manière avec le sympathique Eyes open, les Snow Patrol remettent ça avec A hundred million suns. Et là, ça se gâte un peu. Non pas que les titres de cet opus soient tous à jeter aux horties, mais, à l'heure de ce nouvel album, le groupe commence à avoir la main lourde sur la guimauve. "If there's a rocket tie me to it" était pourtant une belle mise en bouche. Un premier titre sucré mais élégant, un morceau que l'on déguste avec appétit. Glaçage pop indie sur des arrangements nappés d'un savoureux coulis mélodique, "Crack the shutters" ne nous en fait pas perdre une miette, le Snow Patrol des grands jours semble être de retour. "Semble" justement, parce que, prise sous n'importe quel angle critique, la suite déçoit. "Take back the city", titre plus électrique porté par une mélodie poussive s'en sort encore avec les honneurs mais "Lifeboats" cède aux affres de la pop radiophonique ultra-calibrée pour les masses, malgré un final aux beats nonchalants et inspirés. Mais le pire est atteint avec "The golden floor", ballade folk-pop insipide et acidulée à la mièvrerie semble-t-il sans limite.
A ce moment-là de l'album, on ne sait plus trop quoi attendre de A hundred million suns, Snow Patrol semblant capable du pire... mais pas trop du meilleur. Certes des titres comme "Please just take these" et surtout le romantique "The planets bend between us (for you)" se laissent écouter avec un plaisir presque coupable, mais pour le reste, l'auditeur un tant soit peu exigeant sera à la peine. Production haut de gamme mais écriture paresseuse, "Engines" cristallise en quelques 5'10 tout ce qui ne tourne pas rond dans ce nouvel album des britanniques. De la pop vue et revue mille fois ailleurs, des montées de guitares faiblardes, des structures trop classieuses, en clair bien trop de morceaux trop inoffensifs sinon insipides pour marquer durablement les esprits ("Disaster button"). Et finalement, la petite surprise du chef n'arrive qu'à la fin de cet album en demi-teinte, avec "The lightning strike". Un titre sur lequel, le groupe se lâche artistiquement et oublie un temps les formats courts pour livrer un morceau-fleuve d'un quart d'heure où les Snow Patrol prennent enfin des risques et démontrent qu'ils aurait pu faire quelque chose d'autres de cet A hundred million suns... Dommage.