SMOKEHEAD - from the abyss Si en 2012, Arnaud Montebourg paradait en marinière en première page du Parisien, avec un robot mixer dans les mains pour vanter le made in France, il pourrait revenir faire la couv' en 2017, en tenant l'album From the abyss de Smokehead. Parce que pas besoin d'aller chercher outre-Atlantique du bon stoner rock métal quand on a ça en circuit court. Smokehead, quatuor cannois, envoie avec ce premier LP pas moins de 14 bastos, puissantes, précises et percutantes. D'ailleurs si la pochette laisse entrevoir la gueule d'un squale plutôt qu'un papillon, un koala, ou une autre bestiole kawaï à souhait, ce n'est pas pour rien. Tu vas te faire attraper et ça va secouer.

L'intro de l'album, le titre « From the abyss » le bien nommé, pourrait être la bande son de Jaws, lorsque la jeune étudiante blonde tente un bain de minuit dans l'océan : une guitare solo qui joue quelques arpèges comme le rythme des vagues, tout en douceur. Mais au bout d'une minute, des sombres profondeurs abyssales, le requin Smokehead jaillit et envoie « The Dakota fire hole », une première morsure parfaite : une guitare qui balance un bon riff métal propre et sec, accompagné de la batterie qui écrase le tempo, le basse plombé emboîte le pas puis la voix du chanteur d'une grande justesse, avec ce qu'il faut de hargne et de raclement de gorge, de mélodie et d'effets vocaux. S'en suit le titre « Crave », une autre morsure bien entraînante et énergique avec son refrain « bang bang » (à l'opposé du « Bang bang » de Nancy Sinatra niveau boost). Et ça continue tout le long de l'album, car Smokehead n'est pas avare et te balance une série de titres vitaminés avec toujours la même bonne recette : des bons riffs au son métal sur un rythme rock parfois plus heavy, une batterie en feu, une bonne basse lourde et une voix rauque et mélodique comme il faut. C'est énergique à souhait, c'est l'effet de 3 Guronsan dans un litron de RedBull, c'est simple et efficace, sans fioritures ni effets. Dans la lignée de Corrosion of Conformity notamment pour la voix, Black Stone Cherry, voire Down. Au passage, à voir sur youtube le titre « Riviera » et ses mouettes cannoises en guest, pour apprécier la désinvolture humoristique de Smokehead à la sauce Miami Vice de PACA. Le tempo se ralentit parfois mais c'est rare : un bon « Would you wait for me » bien pesant, voire une ballade en mode Nickelback, avec « Desire » et ses petits soli de guitare ou enfin le titre « To the abyss » qui termine l'album, une ballade quand même très très... ballade.

Il n'empêche, si avec tout ça tu n'as pas « headbangué » une fois, c'est que soit tu as une minerve, soit tu as eu une ablation du cou étant petit(e). Bref, au stoner rock US West Coast, préfère donc le Post Stoner French South Coast de Smokehead.