Slide on Venus - Topless Artwork sexy légèrement affriolant histoire d'appeler l'auditeur à se laisser tenter, digipack à l'avenant, le look est étudié, les Slide On Venus ont fait les choses bien en termes d'esthétique même si on sait bien qu'au final, la plastique extérieure compte au moins autant que la beauté intérieure. D'accord on n'y est pas toujours à l'intérieur mais ici, l'éponyme "Topless" ne perd pas de temps à envoyer les plats et nous met de suite en appétit. C'est rock, foncièrement "hi-energy", savoureusement pop et survolté à la manière d'un Biffy Clyro qui aurait frayé avec les Foo Fighters. Et si le rapprochement peut sembler osé vu de loin (ce ne seraient pas les premiers à y aller comme ça à grand renfort de punchlines accrocheuses), le single évident qu'est "Ugly rainbow" met l'inconditionnel du genre sur les rotules.

Mélodies savamment fuselées, un refrain taillé pour emballer les douze premiers rangs en live et une efficacité toujours aussi redoutable dans le songwriting, SOV s'offre ici le droit de quelques heavy-rotations radiophoniques sans pour autant avoir vendu son âme à l'industrie du disque comme tant d'autre avant lui. Ce, même si "Glassy sea" sonne un peu "facile" par moments parce que trop calibré dans sa recherche du tube sur un format déjà archi rebattu. Un léger coup de moins bien que le groupe corrige en rendant hommage à la brit-pop des dernières années avec un "4am" avec ce petit truc à la californienne que l'on pourrait mettre en bande-son de 90% de la production cinéma hollywoodienne du moment. Toujours aussi efficace et même un peu plus parce qu'en plus de réserver un plaisir immédiat dès la première écoute, ce Topless se laisse réécouter encore et encore sans laisser poindre un début de lassitude.

Une certaine richesse dans l'écriture dissimulée sous une apparente simplicité de façade, les Bisontins enchaînent les pépites, que ce soit avec "Celsius & Fahrenheit" et ses fulgurances power-rock power-burnées et son refrain fédérateur à plus d'un titre, ou l'évidente tuerie live qu'est "Turned on girl, turned off boy". Presque un hymne enflammé dédié à la scène. On l'a compris : la machine à singles est lancée et les turbines tournent à plein régime : les Slide On Venus sont désormais sur orbite et ne s'arrêtent plus, alignant à la suite sur la platine des torpilles super-soniques du calibre d'un "It's a good place to get lost... or be found" énergisant ou d'un "Thinking of my friends who went away" final et outrageusement électrique. Bluffant, d'autant plus qu'ils n'oublient pas la traditionnelle ballade pop avec le sucré "Greenfield land" ou le plus intimiste "Like Eurydice", histoire de boucler la boucle avec un savoir faire irréprochable et toujours cette maîtrise du divertissement musical pur et dur. De l'entertainement power-pop/rock oui mais terriblement bien foutu et emballé dans un papier cadeau plutôt très sympa.

Et promis, la prochaine fois, la demoiselle de la pochette se tourne...

NB: l'album est en streaming intégral ci-dessous.