SoV* Slide on Venus ? C'était parce que vous vouliez jouer les lovers auprès du public féminin qui n'aimaient pas forcément le gros son made in Bezak (je pense notamment à Ampools, Gantz ou ASIDEFROMADAY là...)
Tu parles du style de musique ou du nom du groupe ? Quoiqu'il en soit, je ne pense pas que nous n'ayons pas un gros son... Bon, après c'est sûr qu'on ne fait pas dans le même style mais on a partagé plusieurs fois la scène avec des groupes plus violents. Ce qui faisait que, en effet, il y avait pour une fois des femmes à des concerts de hardcore !
Slide on Venus* c'est un nom qui a été choisi comme ça mais après ça pourrait aussi bien être le nom d'un groupe de post rock que celui d'un groupe de screamo (il y a bien les Sons of Saturn, non ?).

Le nouvel EP a pour titre David Bowie was right, c'est parce que vous n'assumiez pas la filiation de votre musique avec celle de Boy George ou parce que appeler son disque "Demis Roussos avait raison" c'est moins vendeur ?
C'est vrai que "Do you really want to hurt me ?" est la chanson qu'on écoute tous en secret sans oser dire que Culture Club était sans doute une influence majeure pour n'importe quel musicien né après 1980 ... Ah ces dreads et ce t-shirt blanc trop long... Qui n'a jamais voulu lui ressembler ?
L'idée de David Bowie was right... est venue en studio. Avec Flavien Van Landuyt, chez qui on a enregistré au studio le Pavillon à Besançon (qui, au passage, est sans doute l'une des personnes les plus compétentes que je connaisse), il fallait identifier certains passages de nos morceaux et l'un deux était appelé le "le passage des héros". Il faut dire que il y a en effet quelques passages "héroïques" dans nos morceaux, genre "Ca y est les gars, on va sauver le monde !" comme dans les bons films US ! Bref, ça nous a rappelé la chanson de Bowie "We can be heroes" et dans un premier temps, on a voulu appeler l'EP comme ça. Mais comme on est tordus, on s'est dit qu'on allait l'écrire derrière le CD et que figurerait devant la phrase "David Bowie was right...". Le nom complet de l'EP devrait donc être David Bowie was right, we can be heroes ! D'où l'importance des points de suspension. On a fait l'artwork du CD par rapport à ce thème à savoir l'idée d'accomplir son destin. Cet EP en est la bande-son ! C'est sûr que c'est plus stylé que "Demis Roussos was right". Mais il avait sûrement raison lui aussi au moins sur un point. Enfin, j'espère pour lui parce que là je ne vois pas.

Là je pense à ceux qui avaient aimé Pixel et qui vont découvrir son successeur, à quoi doivent-ils s'attendre ? A un virage artistique, au prolongement naturel de votre premier effort ?
Je ne suis pas le mieux placé pour en parler : quand j'ai intégré le groupe, Pixel avait déjà enregistré par Slide on Venus* sous forme de trio. J'ai rejoint le groupe juste après. Je pense pour ma part qu'il s'agit d'une réelle évolution. Pixel c'était un premier opus avec ses défauts et ses qualités qui nous a ouvert beaucoup de portes, qui nous a permis de pas mal tourner et de nous faire connaître. Le nouvel EP est plus costaud peut-être, mais toujours voir encore plus mélodique et pop. Nous sommes très fiers de ce que nous avons fait et j'espère que ces quatre titres plairont à tous et nous permettront de faire plus de choses encore.

Quand on écoute vos morceaux, on pense "power-pop", mais avec un petit côté "prend ça dans ta gueule" typiquement rock'n roll. J'ai bon ou pas ?
Ca fait plaisir que tu le vois comme ça. On a fait des très bonnes prises en studio, Flavien nous a bien mixé et le mastering fait par Kim Rosen qui avait déjà bossé avec Franz Ferdinand et les Fall Out Boys a bien boosté tout ça !
Par rapport aux morceaux en soi, quand on compose on se dit souvent : "Si je voyais un passage amené comme ça par un groupe en concert, ça serait génial !". Après on ne se la raconte pas non plus mais on essaye en effet de mettre des effets de surprise, des breaks ... On essaye de faire vraiment un truc power pop avec des passages assez costauds au niveau du son sans pour autant tendre vers le métal ou le hardcore. Pour tout te dire, on est assez fans des Foo Fighters et de leur côté "je fais des vraies chansons pop mais ça envoie du lourd". On essaye vraiment de faire des chansons et je pense que c'est malheureusement ce qui manque à beaucoup de groupes aujourd'hui à qui on ne peut rien reprocher techniquement et qui ont une énorme maîtrise, mais dont on ne retient pas toujours un refrain ou un gimmick ...

Allez, balancez un peu : qui a copié l'autre ? Sorry for Yesterday ou Slide on Venus ? (allez op, j'essaie de ruiner l'ambiance...)
Hé, hé ... L'éternel débat. On a souvent eu des discussions avec les Sorry là dessus ... Ce sont des copieurs professionnels ! D'ailleurs on est en procès avec eux, ils se sont fait des millions de dollars sur notre dos !
Après, bien sûr qu'il y a en effet des similitudes, notamment dans les arrangements à deux guitares avec les delays. Mais là, ils sortent un superbe premier album, Sunshine Connection qui tend plus vers un côté indie-rock alors que nous, on a accentué le côté power pop.
On est deux groupes très complémentaires sur un plateau (si ça intéresse quelqu'un) et même si on lorgne chacun sur le côté pop, on a deux identités vraiment distinctes. C'est d'ailleurs assez génial d'avoir dans la même ville un autre groupe qui fait de la pop et avec qui on s'entend très bien. On passe moins pour des vendus !

Slide on Venus prend la pause Plus sérieusement, la scène musicale bisontine est d'une incroyable vitalité. Alors je pose la question à chaque fois, mais à quoi vous marchez ? Parce que là je pense encore une fois à Ampools, MunkyPosse, Gantz, Lead Orphans, AfAD évidemment, Stellardrive, Tensuo, à vous, aux SfY, et j'en oublie des tas. C'est déjà carrément impressionnant. Allez, dites nous quel est le secret, vous avez un druide qui prépare une boisson aux vertues inspiratrices ?
Dans ta liste de groupes bisontins tu peux rajouter Austin Newcomers, Tennisoap, Black Zombie Procession, Generic, The Irradiates, Run of Lava, Carlyle, Somadaya, Smeti Duchu et j'en oublie moi aussi.
En fait, Besançon est une petite ville et on a en effet tous le même dealer... (rires)
Alors, le vivier de groupes de Besançon ... Certains te diront que c'est le climat, comme dans les pays scandinaves. Pour ma part, je parlerais plus d'émulsion. Quand tu montes un groupe quand tu es jeune, tes références ne sont pas toujours accessibles. Si tu aimes les QOTSA ou les Foo Fighters ou qui que ce soit d'autre, tu vas les voir en concert, ça te met une claque et tu te dis que c'est normal, ce sont des américains, ils ont du matos et ils ont les fesses dans le camion toute l'année. Par contre, si tu es à Besançon, il y a des groupes qui ont mis la barre très haute et que tu peux voir dans les bars de ta ville. Je pense aux excellents et regrettés Second Rate, à Gantz, à ASIDEFROMADAY, à Ampools, à Welcome to Miami, aux Sorry et à tant d'autres qui méritent d'être cités. Tu te dis alors que c'est faisable. Leur musique est pointue et ça te forge tes goûts ! En plus, ces groupes répètent au même endroit que toi ! Le Bastion à Besançon est un endroit incroyable et super bien géré : tu répètes dans les mêmes locaux que ces gars là et quand tu prépares tes concerts, tu sais que le public va être exigeant et que tu vas jouer devant ces mecs là et tu n'as pas envie de te décevoir et de décevoir les autres. Ca se surveille les uns les autres pas mal en fait à Besançon !
En plus, tout le monde se connait plus ou moins : le Bastion est un carrefour de rencontres pour parler d'organisation de concerts, s'échanger des plans pour le matos, les assos, le merchandising ... J'en profite pour saluer le travail de ceux qui gèrent cette association qui, à mon avis, est unique en France et qui fête ses 25 ans.
Allez je vais raconter une anecdote qui intéressera peu de gens : ASIDEFROMADAY, Stellardrive, Ampools, Milk in Plastic, Sorry for Yesterday et Welcome to Miami répètent dans le même local !

Dans quelques heures, le nouvel EP sortira de manière "officielle", qu'est-ce que vous avez prévu pour la suite ? Un album ? Une tournée mondiale avec Christophe Maé ?
Pour le moment on cherche à faire des concerts. On a un nouvel EP à défendre et on aimerait bien décrocher un petit deal avec une label. On voudrait jouer plus loin, tourner beaucoup plus. On a déjà des nouveaux morceaux et on commence à avoir de la matière pour faire un album mais on aimerait bien trouver une aide financière car pour l'instant c'est du total DIY et ça coûte cher.
Sinon, la tournée mondiale, on veut bien mais ça va pas le faire avec Christophe Maé. On aimerait bien mais il ne tourne qu'en France ! Alors on la fera avec les Sorry for Yesterday.

Vous jouez au Cousty (Besançon) à l'occasion de la release-party de David Bowie was right... avec notamment ces copieurs de Sorry for Yesterday, ce qui induit de fait ma question : ça donne quoi SoV* (avec un "*") en live ? Il y a toujours des combats de catch féminin dans la boue pendant le set ?
Oui. On ramène aussi le Père Fourras et les Maîtres du Temps de Fort Boyard pour les animations. Un concert de Slide on Venus* c'est un peu comme la kermesse de fin d'année à l'école.
Plus sérieusement, SoV* en live c'est énergique ! Alban est pas mal bloqué derrière son micro avec sa guitare alors avec Mathias qui a un jeu très puissant et démonstratif et mon frère Victor à la basse on compense ! D'ailleurs ce dernier a une sacré expérience avec Ampools et quant à moi ça me change pas mal de Milk in Plastic, c'est plus récréatif (j'en profite pour vous annoncer qu'on a splitté...). On vit les concerts à fond car c'est ce que notre musique demande : ce n'est pas introspectif, on va chercher le public. J'ai toujours aimé les groupes où les gars bougent. On a une vidéo sur YouTube qui montre un aperçu de ce que ça rend en concert. On fait une musique qui nous donne la pêche. Ce qu'on fait nous éclate et on le montre. On essaye avant tout de faire plaisir au public. Alors pour les intéressés allez voir notre page MySpace, histoire de vous tenir au courant des dates ! On sera notamment le 20 mai au Noumatrouff à Mulhouse ! Ah oui, je vais toujours faire un bisou à mon frère Victor pendant le concert !

Si je ne m'abuse, vous vous êtes déjà lancés à l'assaut de l'Amérique ? Mettre un morceau sur une compile qui tourne sur les radios US, c'est le summum de la hype ça. Pas trop les chevilles qui enflent ça va, vous le vivez bien ?
Ca nous est tombé dessus par hasard par un message sur MySpace d'un label Hollywoodien, genre : "On aime bien votre musique. Vous voulez être sur une compile qui sera distribuée et diffusée sur les radios à Los Angeles?". On a accepté de suite. En plus, ils nous ont mis en first track ! Après, même si c'est une belle satisfaction, on n'a pas eu beaucoup de retombées.
Mais comme tu le dis, on peut se la raconter maintenant, d'ailleurs on ne fait plus de concerts si les loges ne sont pas peintes couleur saumon et si il n' y a pas plein de saladiers avec uniquement des M&M's verts.

Question con (comment ça "encore une ?") : pourquoi un "*" à la fin de SoV* ?
L'idée était de Victor et d'Alban et ça été mis en avant pour Pixel par la graphiste avec qui on travaille. Elle s'appelle Floriane Miny et elle bosse super bien. Ca a rajouté un côté sympa, on s'en sert aujourd'hui comme logo. D'ailleurs, l'intro instrumentale de David Bowie was right... s'appelle aussi "*".

Toujours plus con (c'est là où tu vas regretter d'avoir proposé l'interview) : vous êtes plutôt boxer ou caleçon ?
Je suis un homme libre et j'aime que mes parties intimes le soient aussi.

Un truc à rajouter ? Insulte, déclaration d'amour, numéro de carte bleue à balancer, faites-vous plaisir, c'est cadeau...
Tout d'abord merci à toi pour ton soutien, ton travail et ta disponibilité. Bravo au W-Fenec que je suis avec plaisir depuis longtemps. Longue vie à vous !
Merci à tous ceux qui nous soutiennent. Venez nous voir en concert, devenez fan de nous sur Facebook et ajoutez nous comme ami sur myspace. On a besoin de vous.
Message aux Sorry for Yesterday : arrêtez de nous copier ! On fera de même ! Rendez-vous ce soir pour une soirée scandaleuse !
Sinon, gardez la pêche même dans ces temps pas toujours très marrants. En période de crise, la créativité artistique est toujours en essor, créez des projets, organisez des concerts, les gens veulent sortir alors amusez-vous, de toute façon il ne nous reste plus que ça.

Take care, drive slow, live fast...