Slice of Life

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Slice of Life J'espère sincèrement que ma chère et tendre épouse ne lira pas cette chronique. Car les révélations qu'elle contient ne manqueront pas de la troubler. Car oui, je suis amoureux de Slice of Life. Depuis que j'ai croisé la route de ce trio de Béthune (62 powa) un soir de mai 2014 dans le sous-sol d'un bar de la ville du Havre, ma vie n'est plus vraiment la même. Car outre le fait que les gars viennent de ma ville natale, le « punk rock mélo hardcore et plus si affinités » de Slice of Life m'a véritablement conquis.

Jeune groupe (on parle d'un band formé en 2013), Slice of Life frappe très fort avec un premier EP 7 titres sorti en cd et en vinyle sérigraphié sur une multitude de labels (dont l'excellent Slow Death). Et même si certaines erreurs de jeunesse sont décelables à l'écoute de ce bizutage discographique (le break de « Wasted », certaines parties vocales), l'ensemble est particulièrement réjouissant et très flatteur pour une première production. Les amoureux de Get Up Kids et consorts trouveront forcément leur compte dans cette (ef)fusion de rage, de mélodies feutrées et de puissance maîtrisée.

Tout au long de ces trop courtes 22 minutes et après une intro mettant les pieds dans le plat, Slice of Life n'en finit pas de surprendre avec des titres entraînants (le tube « Goodbye my friend », « Wasted ») à la limite de l'explosion (l'excellent et très punchy « Adventure » clôturant ce disque et rappelant les belles années de la scène emo punk française), et des morceaux plus posés et paradoxalement joués avec les tripes (« Monophobia », « All the same »), avec toujours ce basse/batterie omniprésent et ces guitares chaleureuses et lumineuses. Moi qui ne suis pas un fanatique de ces groupes qui usent et abusent des arpèges, le compromis avec les accords tendus et ces bons vieux barrés me satisfait pleinement. Le chant du guitariste Rémy (appuyé en concert par le bassiste Guillaume) s'inspire de ces groupes US qu'ils aiment tant et trouve toute son efficacité quand il n'est pas hurlé (ceci est mon point de vue, mais si tu lis ces lignes, c'est bien que mon avis t'intéresse, n'est-ce pas ?).

A l'instar d'un The Early Grave, Slice of Life en impose et se place déjà en véritable chef de file de cette nouvelle génération de groupes français décomplexés mais respectueux de leurs grands frères américains (mais pas que), sublimant avec trois fois rien un style musical qui n'a pas fini de délivrer tous ses secrets. Sinon chérie, je t'aime.