Metal Métal > Skunk Anansie : Review Concert

Skunk Aparie (avril 2025)

Paris. Un mercredi soir de printemps, juste assez chaud pour faire sauter la veste, juste assez nerveux pour battre le cœur plus vite en approchant de l'Olympia. Je suis en retard. Enfin non, pile à l'heure, disons professionnellement en retard. Je rate la première partie, So Good, mais étant accrédité direction le pit photo : 3 titres, pas un de plus. Pile à l'heure donc pour revoir les légendes anglaises Skunk Anansie.

Skunk Anansie Skunk Anansie Sur le chemin, Marion m'envoie un message : « J'ai une place assise pour toi, rang 3. » Ce genre de miracle qui donne le ton de la soirée. Le temps de rentrer, badge autour du cou, appareil au poing, les battements de batterie de "This means war" résonnent déjà. C'est la guerre, en effet : Ace dégaine ses riffs avec une précision chirurgicale, et Skin entre en scène comme une tempête qui aurait décidé de danser. "Charlie big potato" emboîte le pas avec sa basse lourde et vrombissante. C'est une chanson qui ne vieillit pas, hypnotique, presque industrielle. Cass (sans ses dreads !) assure les lignes de basse avec un groove neuf, épuré, presque mathématique. Mark Richardson, derrière sa batterie frappée d'une araignée blanche gigantesque sur fond noir, cogne avec élégance et fureur. Troisième titre : "Because of you". Les trois titres passés, je range le matériel, fonce à la consigne et remonte vers les gradins, où Marion m'attend. Et là, surprise : je suis assis juste à côté de Keziah Jones, concentré, penché en avant, le regard fasciné. Je le comprends.

Les tubes s'enchaînent : "An artist is an artist", joué avec une tension à couper au couteau. "I believed in you", poignante, presque incantatoire. "Love someone else", plus électronique, avec des éclairs stroboscopiques qui découpent les silhouettes. "God loves only you", résonne comme un vieux mantra. Et puis "Secretly", titre incontournable. Skin se fait des bains de foule traversant la fosse, fait assoir le public. Arrivent ensuite "Weak", toujours aussi irrésistible, et "I can dream", rêche et puissante, avant "Twisted (everyday hurts)" et "My ugly boy", deux moments d'énergie brute. La scène est baignée de rouge et de bleu électrique, le son est parfait, chaque instrument trouve sa place dans une mixité aussi solide qu'un mur de béton. La voix de Skin fend l'air comme une flèche, même dans les moments les plus doux. Quand "Tear the place up" explose, le public est en fusion. On saute, on crie, on s'étreint. La scène devient un volcan.

Skunk Anansie Skunk Anansie Premier rappel. Skin revient et impose le silence pour "Hedonism (just because you feel good)". Toute la salle chante. "Cheers" prolonge le moment, puis c'est l'extase collective quand Ace attaque les premières notes de "Whole lotta love", un hommage digne et déchaîné à Led Zeppelin. On n'y croyait pas, mais c'est là, et c'est monstrueux. Paris sera la seule date où le public a poussé le groupe à jouer plus que l'intro... Paris est magique, parait-il. Et le public chante en cœur le refrain. Ce qui n'était qu'un riff qui tournait pour présenter les membres du groupe intègre à part entière la setlist pour notre plus grand plaisir. Skin arbore un t-shirt du groupe qu'elle remettra à une personne du premier rang. "Little baby Swastikkka" claque comme un avertissement. Et la fin, en apothéose, "Yes it's fucking political", est un manifeste, un cri, un feu d'artifice dans nos tripes. Les dernières notes de" You'll follow me down" résonnent à peine que Skin revient un verre à la main pour trinquer à notre santé.

Je suis encore sonné quand on se rend en backstage avec Marion. Ace est là, tranquille, rigolard. Skin arrive un peu après, toujours habitée, rayonnante. On échange. On respire. Et moi, évidemment, j'en profite pour prendre un petit selfie avec Ace, que j'envoie direct aux potes de The Grey pour qui Ace a posé des riffs sur leur dernier album. Quelle soirée! Ce nouveau concert de Skunk Anansie à l'Olympia aura encore été une démonstration de force, d'émotion et d'intensité. Le groupe prouve une fois de plus qu'il n'a jamais perdu sa rage ni son élégance scénique, quel que soit le répertoire exploré. Les morceaux inédits laissent entrevoir un futur album aussi engagé que percutant, et la complicité intacte entre Skin, Ace, Cass et Mark nous rassure : Skunk Anansie est encore là pour longtemps - et tant mieux pour nous.

Merci à Roger de WTPI et Doudou de Radical Production pour l'accréditation.
Merci à Skin, Ace et Cass pour nos échanges en after.
Merci Kat Kennedy.
Un énorme love sur Marion Renard, je redeviens ton +1 quand tu veux.
Mes excuses à So Good que la sortie tardive du travail m'a empêché de voir.
Photos : JC Forestier.

Publié dans le Mag #65

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