rock Rock > Skin

Biographie > après Skunk Anansie, la vie continue...

Ci-git Skunk Anansie 1994-2001. Voilà ce qu'on peut lire au panthéon des groupes marquants de nos années 90. Skunk Anansie avait amené force et douceur dans nos têtes en 3 albums et une panoplie de singles qui sont passés partout. Skin frontwoman du combo était le sucre et le sel, débordante d'énergie (vivre un concert de Skunk Anansie laisse des traces) elle savait également charmer son monde par sa voix, son être, son attitude et son discours. Il était inconcevable qu'elle quitte le monde de la musique à la fin du groupe qui nous l'avait révélé. Alors elle revient, presque seule. Presque car Cass, le bassiste carré de toujours l'accompagne dans son projet, tout comme Gail Ann Dorsey (guitariste chez David Bowie à ses heures) et Ben Christophers (piano). La belle sort ce Fleshwounds fin mai et c'est évidement un petit bonheur.
En 2005, Skin se remet au boulot, avec notamment Paul Draper (ex-guitariste de Mansun) et toujours Len Arran (ex-Skunk Anansie) pour écrire un nouvel album qui sort le premier jour du printemps 2006 : Fake chemical state.

Skin / Chronique LP > Fake chemical state

Skin : Fake chemical state Que ceux qui tremblaient à l'écoute du single "Alone in my room" soient rassurés, c'est le seul titre discordant de Fake chemical state. La voix crillarde, le son de gratte un peu écorché, l'agression des rythmes et surtout le manque d'accroche de ce titre en font une énigme comparé au reste de l'album... Dans la même veine rock, "She's on", qui suit directement "Alone in my room", a beaucoup plus de relief et de pêche, la comparaison est fatale au premier single... Ceux qui se basent sur ces sacro saints singles pour juger d'un album ou pour les acheter doivent davantage prendre en référence "Just let the sun", un titre qui ressemble bien plus à la sensation générale dégagée par l'écoute de Fake chemical state : arrangements classieux, bonne attaque dans le chant mélodieux, guitares discrètes et irrémédiable attendrissement immédiat. Que les compositions soient douces et calmes ("Movin'", "Purple"), qu'elles intègrent un piano délicat ("Nothing but") ou qu'elles soient plus rythmées ("Don't need a reason", "Take me on", le superbe "Fooling yourself"...) Skin nous gratifie toujours d'un son soyeux bien plus chaleureux que le sordide carrelage depuis lequel elle nous regarde sur la pochette. "Falling for you" arrive trop vite (10 titres en 2 ans, Skin ne se foule pas trop...), la guitare est aussi triste que nous d'en être déjà là, même aprés plus de 30 minutes en sa compagnie, Skin continue de nous émouvoir comme si on venait de la découvrir.
Skin poursuit sur sa voie, à part un faux-départ, elle livre à nouveau une petite merveille, elle a complètement réussi sa mutation passant de l'image d'une fille ultra énergique à celle d'une demoiselle touchante. Il est donc possible d'être rock et classe (sans porter des costards à la con sur scène, suivez mon regard...).

Skin / Chronique LP > Fleshwounds

Skin : Fleshwounds A l'image de Skin, Fleshwounds (en version "promo" tout au moins) présente bien... Ecrin-carton couleur bois, lettres d'or, sobre et marquant à la fois, deux adjectifs qui qualifient également la pop rock de Skin. Onze chansons simples où les textes (où les éternelles relations humaines prennent une place importante) sont certainement très personnels. Skin les met en valeur par sa voix, son ton (les quelques voyages dans les aigus sont parfaitement maîtrisés) et des mélodies pures... Du minimalisme touchant de "Don't let me down" ou de "You've made your bed" aux orchestrations plus chaleureuses de "Trashed" ou de "Lost", on retrouve une ligne mélodique ... pas toujours très originale mais quand même imparable. Il en va de même pour les rythmes, si la voix est en général très posée, très douce, on ne s'ennuie pas à écouter Fleshwounds, les titres pop gardent une bonne dynamique, quand ce n'est pas Skin qui relance le titre par son chant, c'est la basse saturée ("Faithfulness") ou des choeurs ("The trouble with me") qui prennent son relais... Mais la star de l'album c'est bien Skin, presque seule, elle s'en sort admirablement comme sur ce "Burnt like you" où guitare acoustique et électrique se battent pour l'accompagner ou sur "'Till morning comes" où le piano de Ben Christophers se marie parfaitement à sa voix. La musique est simple mais se permet quelques effets de style comme l'intro de "I'll try" qui sonne très Moby. Pop plus que rock, Fleshwounds n'est pas la suite de Skunk Anansie, seul "Listen to yourself" avec son rythme lourd et sa guitare plaintive font le pont entre Skin et son passé.
Skunk Anansie est mort.
Vive Skin.