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Originaire de New-York City, Skeleton Key est une formation indie-rock qui voit le jour au beau milieu des années 90, sous l'impulsion d'un certain Erik Sanko (il a notamment joué aux côtés des Melvins et a été membre de Sleepytime Gorilla Museum). En 1996, le groupe livre son premier EP, éponyme, se fait déjà remarquer par ses qualités artistiques et signe rapidement chez Capitol Records, chez qui sort l'année suivante un premier album long-format, intitulé Fantastic spikes through balloon. Le succès est au rendez-vous et le groupe (au passage nominé aux Grammys pour sa pochette) tourne alors avec des formations de la trempe de Girls Against Boys, Primus, The Jesus Lizard ou des Melvins.
En 2001, après quelques remous internes et changements de line-up, Skeleton Key signe chez Ipecac, le label de Mike Patton et sort Obtainium avant de connaître de nouvelles dissensions internes. Un EP (The Lyons Quintette en 2005) et quelques sept années de silence discographique plus tard, le groupe, toujours emmené par Erik Sanko livre un nouvel album au printemps 2012 : Gravity is the enemy.

Skeleton Key / Chronique LP > Gravity is the enemy

Skeleton Key - Gravity is the enemy Il n'est pas si étonnant de constater qu'il y a quelques années, Skeleton Key, bien que pratiquant sur le fond une musique oeuvrant dans un registre qui n'a rien de bien "expérimental", était signé sur un label comme Ipecac Recordings, sur lequel il faisait alors figure de groupe presque... mainstream. Indie-rock alternatif dans l'âme, la formation new-yorkaise peut, lorsque l'on ne la connait pas du tout, passer pour un groupe indie de plus, jouant de ses guitares amplifiées pour aligner les compositions sur la platine et faire le buzz, comme tant d'autres. Sauf qu'en fait non. Pas du tout.

Remarqué en 2002 avec son Obtanium, sorti donc par le biais du label de Mike Patton, SK livre dix ans plus tard son successeur long-format et se pose comme une petite exception sur la scène rock indie du moment. Un titre éponyme qui débarque d'on ne sait trop où avec ses lignes de guitares alambiquées et rampantes, ses explosions presque grunge et ses calculs math-noise-rock qui confèrent à l'ensemble une tonalité aussi imprévisible que foudroyante. Quelques poussées de fièvres métallique parsemant des refrains... pop, Skeleton Key ne verse pourtant pas dans l'expérimental outrancier. En fait, son Gravity is the enemy se révèle être un modèle d'équilibre entre influences diverses et variées, innovations de songwriting et la recherche d'une efficacité aussi exigeante que racée ("The denialist", "Every hero", "Spineless"...).

Insaisissable, le groupe délivre des chansons qui ne versent jamais dans le consensuel ("Museum glass", "Human pin cushion"). Les mélodies sont raffinées dans une écriture pop vénéneuse, les instrumentations virevoltent tout autours de la trame mélodique pour la complexifier, la densifier un peu à la manière d'un Primus ou d'une énième Pattoneries aux fulgurances désarticulées et toujours déstabilisantes. Mais jouissives ("Little monster", "Everybody's crutch")... et puissamment organiques ("Iron fist alchemy") tant l'assemblage, véritablement virtuose, respire la maîtrise et surtout la maturité en termes de composition. Et bien évidemment d'exécution, ce Gravity is the enemy n'étant pas exempt de quelques petites finesses techniques avant de "s'abandonner" à des bizarreries réellement expérimentales cette fois ("The moving devil") qui ne font qu'accroître ce côté imprévisible qui caractérise le travail du groupe. Lequel convainc un peu plus à chaque nouveau morceau de son intrinsèque excellence ("Fear of stalling"). Comme quoi un album tous les dix ans, c'est à la fois frustrant... mais pas que.

A écouter de toute urgence : clairement tous les morceaux, à la suite, encore et encore...