Six Months Of Sun

Six Months Of Sun / Chronique LP > Creatures

Six months of sun Creatures Le trio n'est pas le plus prolifique du circuit stoner instrumental et ne nous offre un album que tous les 5-6 ans. Pas ouf même si la qualité est toujours au rendez-vous, on ne peut pas en dire autant du soleil par chez mois qui, non seulement ne se pointe même pas six mois par an, mais en plus y va mollo sur les rayons. Derrière l'apparente morosité de la pochette se cache un album opus riche en couleurs et plutôt lumineux, le paysage affiché étant rapidement envahi de monstres de toutes natures, des Creatures aux noms évocateurs qui servent de titres aux différents morceaux.

Si quelques dénominations sont assez vite repérées sur le dessin ("Shai hulud" le ver des sables de Dunes, la bête de "Gévaudan", le "Wendigo" découvert avec l'album de Ketha, le "Dahu" de nos montagnes), d'autres demandent quelques recherches et font voyager à travers les cultures arabe ("Zaratan"), viking ("Vatnagedda"), nippone ("Ningen") ou écossaise ("Dobhar chu")... L'occasion de se rendre compte que le bestiaire de l'imaginaire est sans limite mais aussi de se dire que certaines légendes associées à ces cryptides sont construites sur des éléments tangibles. En tout cas, avant même d'avoir écouté une seule seconde des 9 plages, on a déjà fait un sacré road trip !

Sans lignes de chant, pas de place aux temps morts pour les instruments qui débordent d'idées pour donner du rythme et un groove incroyable aux compositions toujours teintées de rock seventies mais armées plus lourdement que leurs aînés du fait de distorsions bien corrosives. Un peu moins de fuzz et plus de puissance, ce n'est pas pour me déplaire et quand la guitare décoche quelques notes plus pointues, on se retrouve dans une zone entre influences prog et math ("Ningen"), ça donne le tournis mais c'est aussi ça qu'on aime, se laisser embarquer on ne sait trop où par des envolées cycloniques. Outre ses compositions personnelles toutes plus enlevées les unes que les autres ("Dobhar chu" ne compte pas, c'est une transition), le combo a aussi tenu à rendre hommage à Baptiste, le guitariste d'Intercostal décédé dans un accident de la route en 2017, en retravaillant son "Jersey Devil" pour l'éternité. Tu l'auras compris (mais tu le savais déjà), quand Six Months Of Sun se réveille de sa longue nuit, ce n'est pas pour faire les choses à moitié, alors on en profite.

Publié dans le Mag #64

Six Months Of Sun / Chronique LP > Below the eternal sky

Six months of sun - Below the eternal sky Bientôt une dizaine d'années que Six Months of Sun carbure et si le combo ne se presse pas pour sortir des albums (le précédent And water flows date de 2013), c'est qu'ils ont des activités annexes (notamment Lilium Sova pour Cyril) et qu'ils s'attachent à faire les choses correctement. Tout est donc ultra précis et soigné, depuis l'artwork (fabuleux) jusqu'au son (signé Serge Knut Shora Ventura Lofofora ... Morattel) en passant par les huit compositions. Le trio est toujours instrumental et ne peut pas compter sur un chanteur pour donner une identité à chacun de ses titres, c'est donc en variant les rythmes, la puissance des riffs et les sonorités que Christophe (et sa guitare), Cyril (et sa basse) et Daniel (et sa batterie) façonnent des pièces qui se distinguent les unes des autres tout en gardant le même esprit desert-rock granuleux. Mon inclination personnelle va vers les pistes plus traînantes ("Mud horse rider" et sa montée en pression, " Savage sword" et sa basse claire, "Death of iron" qui apporte un peu de lumière) qui se démarquent davantage de celles qui sonnent comme des cavalcades ("Anvil of war") sans pour autant tomber dans le sludge poussif et donc la facilité.

Publié dans le Mag #34

Six Months Of Sun / Chronique LP > And water flows

Six Months Of Sun - And water flows Dans le genre pratiqué par les Genevois de Six Months Of Sun, le stoner instrumental, il est toujours facile pour le chroniqueur fainéant de citer Karma To Burn ou Yawning Man... Sauf que le groupe réussit à tirer son épingle du jeu grâce à une personnalité entre plusieurs chaises : pas stoner-autoroute comme Karma To Burn ni stoner-désertique comme Yawning Man, un peu entre les deux mais pas seulement. Dès le premier titre, "Electric bones", c'est un voyage bien sympa qui nous est offert et le périple en question est assez varié dans les paysages proposés pour tenir en haleine durant les 8 titres qui composent And water flows : c'est parfois très agressif, parfois très épuré, parfois assez heavy, parfois plutôt lent, parfois plutôt rapide, parfois efficace, parfois bavard... Quand en plus le groupe semble maîtriser la nomenclature du stoner-rock sur le bout des doigts, on a là une bien agréable surprise dans le registre album bien foutu. Seule la pochette, qui ne reprend pas les codes du genre, est véritablement surprenante mais ce And water flows n'est pas à négliger car il te fera bouger la tête à maintes reprises : ça tombe bien, c'est tout bonnement ce que l'on demande à ce type de musique. Bien joué.

Note du rédacteur : les musiciens de Six Months Of Sun sont issus de Colossus Fall et Lilium Sova.