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Originaire de Bordeaux, Sincabeza est un trio formé par Eric C. (basse/claviers), David L. (batterie/percussions/glokenspiel) et Philippe R. (guitare/claviers), qui évolue dans des eaux musicales à situer aux confluents du math-rock et du post-rock. Une musique technique et exigeante qui nécessite une certaine ouverture d'esprit de la part du public, mais l'écueil n'arrête pas pour autant Sincabeza, qui après un premier album paru en 2005 (Nature humaine), signe sur l'exigeant label francilien Distile Records (Swims, Looking for John G, One Second Riot, 37500 Yens). Une petite mais dynamique structure chez qui sort en 2007, le deuxième essai discographique des bordelais, un disque étrangemment intitulé Edit sur passage avant fin ou montée d'instrument.

Sincabeza / Chronique LP > Edit sur passage avant fin ou montée d'instrument


sincabeza_edit_sur_passage.jpg Comme une sorte de Don Caballero en plus frais et en roue libre, Edit sur passage avant fin ou montée d'instrument est un album étonnant, même qu'il faut avoir fait une maîtrise de lettre moderne pour comprendre tout le titre... voir envisager de sortir une feuille et un crayon pour se lancer une délicate gymnastique intellectuelle afin de démontrer la pertinence de l'équation de Drake. Heureusement, dès que l'on veut rebondir sur les titres des morceaux, c'est tout de suite plus simple et surtout plus léger. Ainsi avait-t-on droit lors du premier album du groupe (Nature humaine) à un morceau intitulé "Je ne sais plus faire les divisions...", cette fois, le trio girondin nous offre son prolongement avec "... ni les équations". On également droit à quelques jolies extravagances avec "Dimanchemartin", "Bandit manchot" et "Non, rien", même si la palme revient au croustillant "Sucre ma bête"... On l'a bien compris, Sincabeza s'il évolue dans des contrées musicales relativement expérimentales, ne se perd pas pour autant en circonvolutions pseudo-intello absconses. S'il est question ici de math-rock, puissant et extrêmement énergique, point de prétention crasse ou de grandiloquence baveuse, Edit sur passage avant fin ou montée d'instrument est un disque singulier, exclusivement instrumental et brillamment décomplexé. Pour du math-rock conceptuel et à la rugosité façon Shellac, on repassera. Sincabeza se contentant de compositions au riffing parfois millimétrés, d'autres fois plus incertains, de mélodies simples et sans une once d'artifice. La musique des bordelais est ainsi fait : sèche, presque aride, tantôt capricieuse, tantôt plus milimétrée. Elle aime s'embarquer dans un tempo improbable pour mieux rompre la dynamique dans laquelle est s'est installée, elle aime les cassures et autres dissonances, les petits aléas rythmiques qui lui confèrent ce caractère si imprévisible et parfois hésitante. C'est aussi ce qui fait son charme. Sincabeza se plaît à élargir le spectre typiquement math-rock par l'intervention incongrue d'instruments inattendus (glokenspiel, accordéon) pour mieux surprendre, à la manière des autres formations du label Distile Records. Expérimenter sans un égo surdimensionné, innover en sachant se remettre en question, oser sans pour autant verser dans l'exercice de style virtuose mais barbant, Sincabeza a, non sans une pointe d'humour, parfaitement intégré cette philosophie afin de l'appliquer en étant dépourvu de fausse prétetion mais pas d'un certain recul. Plutôt bien troussé.