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Biographie > Aussi simple que du rock

Il y a des jours comme ça où nos certitudes vacillent. On découvre Simple as Pop, jeune groupe hexagonal dont on ne sait encore trop rien si ce n'est qu'il a signé sur le label Square Dogs et vlan, en posant la galette dans le lecteur, on se rend compte que nos petits compatriotes se la jouent... rock ! Evidemment, l'inverse eut été surprenant (sic). On parcourt alors la biographie (ça peut aider parfois pour chroniquer un disque...) et l'on découvre alors que ledit label sur lequel Simple as Pop a signé, héberge également les talentueux Carp et autres Landscape, récents auteurs d'un One de grande classe et dont il faudra reparler de ces quatre matins. Un groupe talentueux dont est issu Steffen Charron, initiateur de Simple as Pop et chanteur/guitariste d'un défunt groupe baptisé The Misadventures Of, dont est déjà issu Landscape. C'est bon, tout le monde suit ? Composé Entouré d'ex-membres de son groupe originel mais également de membres de Landscape (Guillaume de Chirac et Léonard Mule), mais également la valeur sûr de l'indé classe made in France : Overhead (Cyril Tronchet et Richard Cousin), le nouveau groupe vient à l'été 2006 et après seulement 8 mois d'existence, nous présenter son premier album, éponyme, Simple as pop, et pourtant déjà très ambitieux.

Interview : Simple as pop, interview au cube (Simple As Pop)

Simple as pop / Chronique LP > Simple as pop

simple_as_pop.jpg Simple as Pop a les idées sombres, cela s'entend et se ressent dès "Red & black", premier titre lunaire et onirique de cet album éponyme. La mélancolie y est latente, le malaise presque palpable... Quelques accents rock viennent parsemer les mélodies fébriles distillées par le groupe et l'on assiste à la naissance de compositions tristes, interprétées avec beaucoup de retenue et toujours sur le fil du rasoir. A jongler avec les émotions, de manière spontanée mais toujours maîtrisée, le groupe s'en sort avec les honneurs, ne marche pas forcément sur les plates-bandes de groupes incontournables et finit par trouver sa voie. Par ses arrangements complexes et torturés, ses instrumentations mêlant habilement les genres, passant ainsi sans se poser de questions d'un rock très pur avec l'abrasif et rageur "(Never) welcome" au hip hop (un "Old friend" pas vraiment convaincant) via un titre lorgnant du côté des horizons du post-rock ("Tidal waves" et ses nappes de guitares hypnotiques). Disques aux nombreuses facettes, pop éthérée et gracieuse avec un "Changes" lunaire, indie rock intense ("Evil strikes" et ses crescendo puissants), ce Simple as pop se révèle être un album d'une très grande diversité. Peut-être trop parfois, dans la mesure où l'on peut avoir parfois un peu de mal à le prendre dans sa globalité, car ce qui fait l'intérêt de ce disque peut également se retourner paradoxalement contre lui. Et cet album de peiner à trouver son propre personnalité là-même où les compositions délivrées par le groupe ne manquent pourtant pas de caractère. Mais au milieu de ses titres un peu épars, Simple as Pop nous sert son climax sur un plateau d'argent : "God bless". Un titre dépassant les 6 minutes au cours duquel la formation française nous offre un brillant panel de ce dont elle est capable. En nous offrant quelques moments de bravoure rock disséminés dans un manteau de velour sonore, nos compatriotes finissent de nous convaincre. Indéniablement, les membres du groupe ne sont pas du genre à se laisser griser par la facilité et n'hésitent donc pas à prendre des risques. Souvent à raison... mais pas toujours. Ainsi, si la seconde partie de "The wind" réhausse le niveau, la première a une facheuse tendance à sombrer dans la pop-song délicate à la mélodie "marshmallow", tandis que le poussif "Sunken eyes" peine terriblement à passer le cap de la deuxième écoute. Mais quoi qu'on en dise, on ne pourra que louer la capacité de Simple as Pop a avoir su nous offrir avec ce premier effort, un disque d'une rare richesse, très abouti et à la volonté de proposer quelque chose sortant des sentiers battus plutôt rare. A suivre donc, comme sans aucun doute les prochaines production du label Square Dogs.