Shuffle Shuffle La campagne de crowdfunding a failli ne pas réussir, vous étiez stressés ?
C'était la deuxième fois que nous tentions une campagne de crowdfunding, nous savions que beaucoup de personnes attendent la fin pour participer, la période de "flottement" en milieu de campagne est stressante en effet ! Au final, nous avons reçu énormément de soutien, des centaines de messages durant toute la campagne, des relais des médias, des personnes qui ont parlé de notre projet à tous leurs amis, de nouveaux "fans", des albums envoyés en Europe et au Canada. Que du positif !

Il y avait un plan B ou vous comptiez laisser tomber tous ces trucs "bonus" ?
Sans ces 6 000 €, ça aurait été très compliqué pour nous, il n'y avait pas vraiment de "trucs bonus" tout a été mûrement réfléchi ! Nous sommes autoproduits, nous avons tout avancé de notre poche. Lors d'une réunion cet été, nous avons refait les budgets et nous nous sommes aperçus qu'il nous manquait des sous, clairement sans cette campagne nous aurions dû faire un prêt ou quelque chose comme ça, c'était ça le plan B.

Pensez-vous que le fait que cela ne serve pas directement à financer l'album qui sortait de toute façon ait pu calmer quelques financeurs potentiels ?
Aucune idée, nous avons essayé d'expliquer au mieux notre démarche. Vu que nous avons enregistré, mixé et masterisé nous-mêmes, il n'y avait pas besoin de "financer l'album", mais sans promotion avec attaché de presse et clips, on ne fait pas de tournée ! Nous sommes avant tout un groupe live, notre but maintenant est d'aller jouer partout où nous avons envoyé des albums et bien plus loin on espère !

La pochette est superbe, elle est signée Lucie Cros, vous pouvez nous la présenter et expliquer comment on en arrive à ce résultat ?
Lucie est une amie de longue date qui est venue faire ses études d'art au Mans. Au tout début, nous étions partis sur totalement autre chose, elle devait retravailler dessus mais finalement elle a fait quelques dessins complémentaires autour de l'idée de départ et nous a envoyé ça, nous sommes tombés amoureux de l'un d'entre eux, c'était exactement ce qu'on voulait ! Nous l'avons appelée juste après : "Euhhh en fait laisse tomber, on a notre pochette là !". Chaque membre du groupe voyait quelque chose de différent, l'idée nous a plu !

Le Hashtag dans le titre, c'est un signe de modernité alors que votre musique puise plutôt dans le passé... Pourquoi ce choix ?
Le hashtag a pris une ampleur énorme depuis quelques années, c'est un nouveau langage pour communiquer dans tous les domaines, ça nous a marqués ! Nous avons trouvé intéressant le fait de mettre le titre de l'album sous cette forme, il y a une référence à certaines chansons, dont les textes parlent du monde trop moderne.

#WontTheyFade? est davantage métallisé que le précédent, c'est une évolution naturelle ou réfléchie ?
L'objectif n'était pas de faire un album plus métal, je pense que nos inspirations évoluent et on est sans doute plus énervé qu'avant (rires). Le métal est un moyen fort d'expression. Nos pèlerinages au Hellfest nous auraient-ils influencés ?

Shuffle - #WontTheyFade "Switch to the otherside" a des aspects néo-métal à la Incubus très marqués, pourquoi l'avoir choisi parmi les "singles" ?
C'est extrêmement dur de choisir un single, surtout pour cet album ! Elle est simple et efficace, on voulait s'en servir comme un bon coup de marteau, un peu comme la suite de "Crazy" la dernière du premier album. Et c'est la seule chanson qui fait moins de 5 minutes, c'est peut-être pour ça aussi ! (rires)

On retrouve des idées similaires entre les deux derniers clips, "Faded chalk lines" présentant lui aussi le groupe jouant avec des spots horizontaux dans le dos, c'est un hasard ou une marque de fabrique ?
(Rires) On verra dans les prochains ! Ces deux clips ont été tournés pendant la même période, nous avons mutualisé pas mal de choses effectivement !

Les deux clips sont sortis à quelques mois d'écart mais "Faded chalk lines" a dépassé les 60 000 vues beaucoup plus vite, une explication ?
Notre attaché de presse a réussi à avoir des exclusivités sur une dizaine de webzines internationaux, le clip était disponible sur leur site avant la sortie, ça a très bien marché !

Laisser un titre instrumental est devenu un signe de reconnaissance, vous décidez de le composer dans cette optique ou c'est un peu au hasard de la composition que vous mettez ou pas du chant ?
Rien n'était décidé à l'avance. Nous avons composé plus de 50 morceaux, certains étaient sans chant et nous avons fait nos choix. Les deux morceaux instrumentaux ont été réalisés avant l'enregistrement de l'album, nous voulions utiliser les prises des pré-prods pour garder un son plus "authentique".

Vous allez jouer en mode duo acoustique, cette idée est-elle liée à la version acoustique de Klone avec qui vous partagerez les dates ?
Nous jouons depuis longtemps en acoustique, en showcase par exemple ou dans les petits lieux, mais il est vrai que la version duo acoustique est plus récente. C'est un super exercice, ça rend vraiment bien et c'est super pratique, une guitare, un clavier, 2 micros et hop ! Cette version est plus adaptée aux premières parties et vu que Klone tournait en acoustique, cela coulait de source. Ça reste tout de même exceptionnel et nous avons hâte de rebrancher les guitares !

Rebosser les morceaux pour des versions piano/guitare, c'est beaucoup de travail ?
Eh bien pour être franc ... pas tant que ça. Nous avons la chance de faire une musique très riche en harmonie. On repart de la compo de base, piano/voix ou guitare/voix on réarrange un peu et le tour est joué, sur certains morceaux ça marche direct, sur d'autres c'est plus long, il faut un peu d'imagination mais ça vaut toujours le coup !

Jouer en acoustique ouvre sur un autre public ou ce sont des gens qui vous connaissent déjà ?
Certains nous ont découverts lors de concerts acoustiques oui ! Nous avons fait quelques belles premières parties en config acoustique comme Dirty Loops, Lonely The Brave, Alex Clare... et grâce à ces différentes formules nous pouvons jouer partout et à tout volume sonore ! Nous avons également eu de très bons retours du public qui connaissait déjà le Shuffle version électrique.

Vous allez aussi jouer en Allemagne, il y a un vrai enjeu hors de France ?
C'est un véritable plaisir de partir en tournée à l'étranger, à l'aventure dans d'autres pays ! L'Allemagne est un pays très rock / métal, nous avons un très bon public là-bas et au fil des années nous nous sommes liés d'amitié avec des "fans" et des pros. En plus on adore la bière ! (Rires)

C'est l'époque des vœux, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour 2019 ?
De jouer partout !!! Faire le maximum de concerts en France, en Europe, en Russie, puis poursuivre l'aventure en terrain inconnu, USA, Japon, Canada, Australie, Amérique latine, Inde, Mars, Neptune...

C'est aussi l'époque des bonnes résolutions, vous en avez pris ?
Euh je ne crois pas ! (Rires)