shora : malval Shora est un groupe complètement à part, on peut multiplier les catégorisations approximatives du style "post-rock expéri métal" ou les mariages forcés du genre "Isis croisant Tool" qu'on n'en saurait pas forcément plus... Décrire par le menu chaque envolée, chaque rythme, chaque riff des 4 pistes instrumentales que contient Malval ? Un travail mathématique hors de ma portée et surtout dénué d'intérêt... Que faire alors ? Simplement se laisser porter au gré des minutes qui défilent (plus d'une trentaine) et lâcher ici et là des remarques comme autant de retour sur terre de notre voyage fantasmatique et onirique.
Notes claires, rythme cardiaque mesuré, on ferme les yeux, "Parhelion", le décollage est difficile car certaines frappes lestent l'envol, Shora fait les étirements, nous écartèle entre un ciel lumineux et un sol boueux. Les embardées rythmiques débouchent sur des gouffres, on freine, on tente de s'accrocher mais on tombe, la chute est longue, interminable, l'adrénaline retombe également et même si on se prend quelques branches lors de la descente, c'est complètement ivre de vitesse qu'on s'extasie de voir défiler aussi rapidement les constructions sonores.
"Arch & hum", forcément le retour sur terre fait mal, médecine douce, notes synthétiques, omniprésentes, il va falloir se relever, continuer l'exploration, le tic-tac du temps dépasse désormais les pulsations de notre coeur, les gimmicks de la batterie nous enferment jusqu'à ce que les guitares viennent nous sauver, on a même presque le silence, notre voyage se poursuit sur une terre plus classique post-rock avant d'à nouveau croiser une grandiose angoisse.
Pas de temps mort, il faut déjà faire place à "Siphrodias", désormais les riffs nous oppressent, nous encadrent, s'abattent sur nos oreilles telle une pluie battante et il nous faut courir, fuir cet état ouateux si on veut y survivre, si on veut revenir dans la réalité.
L'introduction de "Klarheit" permet de me raccrocher au réel, au passé, cela n'est-il pas digne du Pink Floyd du tout début des années 70 ? Aux sons lancinants succèdent une rythmique et des sonorités sourdes, graves et un loop psychédélique, j'étais déjà converti, j'en deviens fou. La plus douce des voix vient m'achever, je préfère finalement renoncer à la réalité et suivre ces sirènes, qu'il est bon d'être prisonnier de Malval.