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Le projet Shineski voit le jour courant 2006 sous l'impulsion des deux frères Gettliffe, Mathieu au chant et Rémi à la basse. Les frères décident à leurs débuts de pratiquer un rock qu'ils veulent brut et efficace. Rejoints par Bernard "Speedy" Reichstadt à la batterie, le groupe trouve son assise rythmique et s'attache les services de David Weber (Virago, Treponem Pal,The Young Gods, Lofofora...). Peu après l'enregistrement de l'album, Nicolas Nonnenmacher rejoint Shineski au poste de guitariste. Eponyme, le premier album du groupe sort au printemps 2008.

Shineski / Chronique LP > The wild lane

Shineski - The Wild Lane Il y a un peu moins de trois ans maintenant, Shineski, jeune groupe originaire de Mulhouse et encore balbutiant se faisait gentiment quicher la tête dans les colonnes du W-Fenec au détour d'une chronique griffonnée par votre serviteur. Laquelle disait en substance qu'au-delà de qualités intrinsèques, le quartet faisait alors étalage de défauts de conceptions tels qu'ils rendraient fatalement rédhibitoire une trajectoire météoritique dans les sphères des musiques amplifiées. Kamikazes ou géniaux, les gaziers reviennent taper à la porte du webzine aux longues oreilles au moment de sortir The wild lane, leur deuxième album. Là, c'est normalement le moment où le lecteur se dit plusieurs choses : primo, le groupe en a dans le futal, et plutôt bien accrochées qui plus est pour prendre le risque de se faire désosser bien comme il faut une deuxième fois. Secondo, ils sont sûrs de leur coup et reviennent le couteau entre les dents (autant dire que ça va chier). Tertio : ils cherchent à buzzer en se faisant atomiser et donc se faire remarquer (c'est très con).

On ne va pas la faire à l'envers, les Shineski savaient parfaitement ce qu'ils faisaient au moment de soumettre ce nouvel effort à nos plumes aiguisées. Et pour cause, ils se sont remis en question, on ravalé leur fierté, ont bûché dur dans leur coin, et pire encore, on apparemment pris pour argent comptant certaines critiques pour revenir sur le ring prêt à tout pour faire sauter la banque. Et dès l'inaugural "Another way to say goodbye", on comprend que ce Shineski 2.0 va faire parler la poudre. Jolie attaque des guitares, une prod plutôt clean même si avec un son plus massif, le résultat aurait été juste monstrueux, mélodies sévèrement burnées et riffing de cramés, le groupe attaque pied au plancher. C'est power-rock addictif à la Foo Fighters, grungy roots façon 90's et ça sonne comme trop peu de groupes dans nos contrées avec en prime un break atomique au milieu ("Lying in the rain"). Tuerie absolue. Même que si en plus il faut du single, pas de problème, le groupe répond présent avec le tubesque "Black swan feather". La guitare en met plein les mirettes, groove imparable, basses bien lourdes et le refrain fédérateur, on pense fatalement à RATM, de par le feeling incomparable du groupe et on se dit que : sous influence ou pas, ce titre-là est une bombe. Point barre.

En trois titres, Shineski frappe fort et précis, net, chirurgical, puis enchaîne, avec l'éponyme "The wild lane" ou l'étourdissant "Come back to the world". Là, on comprend qu'il s'est passé quelque chose quand même, le groupe ayant franchi en moins de trois ans les étapes leur permettant de rêver à une exposition plus grande. La "faute" à des morceaux au songwriting plus fin, parce que les tubes, ça va un temps... avec "Never again" et "In the dark", deux "ballades" rock à l'intensité électrique palpable et au groove outrageusement brûlant. Les Biffy Clyro peuvent se rhabiller. Ici on cause entre hommes. Et si "Right now" est certainement le titre le moins réussi de l'album, on peut aussi l'excuser en se disant que derrière arrive la cover torride et enfiévrée d'"I'm afraid of Americans" (morceau à l'origine interprété par Bowie et produit par Trent Reznor - Nine Inch Nails) puis "So much more" et enfin "Fading away", ce qui permet au groupe de conclure avec d'un côté une compos aux riffs lourds et mélodies possédées, de l'autre, un titre plus léger renvoyant au rock californien des 90's avec un plaisir indéfinissable. Alors certes, ce n'est pas toujours d'une originalité folle (et alors ?), mais du premier au dernier morceau, à des années-lumières de son premier effort éponyme, Shineski est avec ce The wild lane d'une efficacité redoutable, s'appuyant autant sur des guitares fuselées à l'infini que des refrains qui viennent se verrouiller dans l'esprit de l'auditeur sans prévenir. Classe....

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Shineski / Chronique LP > Shineski

Shineski - Shineski Au départ, quand on enfourne la galette dans le lecteur et qu'on sent les guitares rebondir contre les enceintes, on se dit que c'est plutôt pas mal du tout Shineski... Entre Incubus et Biffy Clyro comme annoncé sur le press-book, c'est énergique, incisif et plutôt efficace. Guitares affutées, rythmiques percutantes, le groupe peut convaincre... mais voilà, il faut bien finir par mettre les choses à plat : toutes les formations hexagonales devraient comprendre que chanter en français et faire du rock, c'est très rarement compatible ("Des larmes du vent") à moins de faire du Cali mais là on utilise un autre type de qualificatif dépréciatif pour parler de ce sujet. Au risque de me faire sévèrement allumer avec ces quelques lignes, il faut bien reconnaître que la langue de Molière, aussi élégante soit-elle, se marie particulièrement mal avec de grosses guitares... à l'inverse de celle de Shakespeare voire Goethe...
Et comme Shineski ne semble pas vouloir faire partie de la cohorte de pseudo groupes évoluant dans la fumeuse nouvelle scène rock française, on est légitimement un peu frustrés. Parce qu'instrumentalement, c'est péchu, pas forcément révolutionnaire mais sémillant. Et si le chant (nickel au niveau de la voix) passe quand même bien sur des titres comme "Un dernier rêve" ou "Cyber" (c'est dire le talent du groupe), sur d'autres comme "Je me tais" ou "Sarkeche", le résultat est réellement poussif sinon difficilement supportable. Encore la faute à ce choix de langue qui ne passe pas, alors même que le groupe livre avec l'excellent "Babylone alone", un vrai single en puissance. Paradoxe quand tu nous tiens. Une prod clinquante signée David Webber (Lofofora, The Young Gods, Virago), des guitares tranchantes, un rock bien remonté, qui veut vraisemblablement faire passer son message, Shineski a certes beaucoup de qualités, mais un gros défaut, on y revient encore en insistant lourdement : l'usage du français dans les textes. Dommage.