Shineski - Shineski Au départ, quand on enfourne la galette dans le lecteur et qu'on sent les guitares rebondir contre les enceintes, on se dit que c'est plutôt pas mal du tout Shineski... Entre Incubus et Biffy Clyro comme annoncé sur le press-book, c'est énergique, incisif et plutôt efficace. Guitares affutées, rythmiques percutantes, le groupe peut convaincre... mais voilà, il faut bien finir par mettre les choses à plat : toutes les formations hexagonales devraient comprendre que chanter en français et faire du rock, c'est très rarement compatible ("Des larmes du vent") à moins de faire du Cali mais là on utilise un autre type de qualificatif dépréciatif pour parler de ce sujet. Au risque de me faire sévèrement allumer avec ces quelques lignes, il faut bien reconnaître que la langue de Molière, aussi élégante soit-elle, se marie particulièrement mal avec de grosses guitares... à l'inverse de celle de Shakespeare voire Goethe...
Et comme Shineski ne semble pas vouloir faire partie de la cohorte de pseudo groupes évoluant dans la fumeuse nouvelle scène rock française, on est légitimement un peu frustrés. Parce qu'instrumentalement, c'est péchu, pas forcément révolutionnaire mais sémillant. Et si le chant (nickel au niveau de la voix) passe quand même bien sur des titres comme "Un dernier rêve" ou "Cyber" (c'est dire le talent du groupe), sur d'autres comme "Je me tais" ou "Sarkeche", le résultat est réellement poussif sinon difficilement supportable. Encore la faute à ce choix de langue qui ne passe pas, alors même que le groupe livre avec l'excellent "Babylone alone", un vrai single en puissance. Paradoxe quand tu nous tiens. Une prod clinquante signée David Webber (Lofofora, The Young Gods, Virago), des guitares tranchantes, un rock bien remonté, qui veut vraisemblablement faire passer son message, Shineski a certes beaucoup de qualités, mais un gros défaut, on y revient encore en insistant lourdement : l'usage du français dans les textes. Dommage.