Les Sheriff grand bombardement tardif Chez le W-Fenec, on aime bien les Sheriff. Pourtant, à l'exception de Bang, le triple LP / 2 CD et 1 DVD issu du concert-réunion de Montpellier de juin 2012, aucune ligne d'une chronique d'un album des Sheriff dans la base de données du quintet de Montpeul'. Faut dire que le début des activités de Pooly coïncide à peu de chose près avec l'époque du split du groupe, alors considéré comme les « Ramones français ». Et du coup, après avoir ressuscité en 2012, voici que les Sheriff rempilent avec un nouvel album après un dernier Electrochoc paru en 1998. Un bail quoi (ou plutôt, 7 baux d'habitation selon la loi du 6 juillet 1989). Du coup, Grand Bombardement Tardif porte parfaitement son nom. Au sens propre (les impacts intensifs du rock'n'roll de nos Heraults font toujours effet) comme au sens historique du terme. Et comme l'attente a été longue, je ne vais pas te faire languir plus longtemps pour te faire part de mes impressions. 3, 2, 1, Zero. !

Quoi de neuf sous le soleil (de plomb) ? Les Sheriff font toujours du Sheriff. C'est rassurant, mais ça ne suffit pas à faire de Grand Bombardement Tardif un super disque (car oui, je vends la déjà la mèche, Grand Bombardement Tardif est un super disque !). Le groupe de Montpellier joue toujours avec le feu en balançant dès "Requiem 5 étoiles" le morceau parfait par excellence : intro puissante et mélodique, couplets efficaces et refrains/chœurs qui « ont les moyens de nous faire chanter ». Carrément génial. Le chant en français (avec l'accent du Sud) rend plus facile l'incrustation des apophtegmes dans le cerveau, même si les placements de rimes peuvent sembler un peu bancals à la première écoute. Et ça continue avec le titre éponyme. et les dix suivants ! Les titres font mouche à chaque fois, le ton s'étant durci depuis les albums du XXème siècle (il faut dire que le son de Plume, qui a enregistré, mixé et mastérisé l'ensemble, est surpuissant !) mais sans jamais être avares en mélodies et en refrains épiques. Les textes se veulent fun ("Du rock'n'roll dans ma bagnole" et "Le temps est élastique", deux des grandes réussites de ce disque), sociétaires mais pas chiants ("Enfants du passé" sans portables et sans PC, "Loin du chaos"), introspectifs et parfois à double sens ("Tailler du caillou", activité principale du chanteur Olivier avant de reprendre du service avec les pistoleros du punk rock français ; le très chouette texte "Ma lumière"). Et quand ça cause tout simplement de l'univers des Sheriff ("Grand bombardement tardif", "Requiem 5 étoiles", "À Montpellier"), on ne peut que se régaler.

L'apport de la recrue Ritchie (également The Last Brigade à la deuxième arbalète est indéniable dans le déluge sonore de l'inespéré Grand Bombardement Tardif, disque au grand cœur et à la gâchette facile. Pas de doute, les Sheriff ne sont pas morts. Et Pan ! À retrouver très vite en live !