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Biographie > Hare krishnacore

Fin des années 80, Youth Of Today, l'un des groupes américains de hardcore straight-edge old school les plus influents, décide de jeter l'éponge après une tournée en Europe. Son leader, Ray Cappo, décide de quitter la scène et part en Inde pour découvrir la vie spirituelle et recevoir une initiation vaishnave. Quelques mois plus tard, il revient à New-York et fonde Shelter (rapport à l'abri que trouve un devôt avec son gourou ou plus généralement Dieu) avec son pote de Youth Of Today, John Porcelly a.k.a. Porcell et les gars de 76% Uncertain. Ce projet est une manière, pour Cappo, de parler du mouvement Hare Krishna et de la vie spirituelle. Ainsi, en 1990, sort leur premier album Perfection of desire sur le label Revelation Records (créé trois ans avant par Ray Cappo avec Jordan Cooper). Peu de temps après, un EP intitulé In defense of reality (qui sera le titre du livre écrit par Ray Cappo en 1993) sort. Le groupe tourne aux States et en Europe et dort dans les temples et sillonne les rues pour chanter des bhajans (chants dévotionnel de l'hindouisme généralement couplé à la danse).
En 1993, Shelter passe sur le label Equal Vision et signe deux opus : Attaining the supreme et Quest for certainty. 1995 est l'année où les New-Yorkais passe un cap en signant chez Roadrunner. Le groupe va être un peu plus exposé au public avec Mantra (1995) et Beyond planet Earth (1997). Non content du travail effectué autour du groupe et des faibles ventes des disques, Shelter quitte la major et en profite pour enregistrer un registre de chansons pour la méditation et la dévotion intitulé sobrement Chanting & meditations puis rejoint Victory Records en 2000 pour enregistrer When 20 summers pass. Une année passe et Porcell décide de quitter l'entité Shelter, ce qui n'arrête en rien Cappo qui le remplace par sa copine de l'époque, Sri de Baby Gopal. The purpose, the passion sort en 2001 sur Supersoul Records. Après cet effort, Ray Cappo, décide de se consacrer uniquement au yoga et devient professeur à Los Angeles, ville où il réside depuis quelques années déjà. Après avoir reformé, le temps d'une tournée, Youth Of Today avec son pote Porcell, Shelter revient en 2006 (alors que personne ne les attend) avec Eternal (Good Life Recordings) et s'en suit une tournée. Le groupe est assez connu pour ses changements fréquents de formation. Ainsi, sont apparus au sein de Shelter (toute périodes confondues) des gars comme Vic DiCara (Inside Out, 108, Beyond), Adam Blake (H20), Tom Capone (Bold, Handsome, Quicksand), Roy Mayorga (Soulfly, Stone Sour), Franklin Rhi (Crown of Thornz, 108, Strife), Dave DiCenso (Cro-Mags, Duran Duran), Norman Arenas (Texas Is The Reason) ou Sean Sellers (Good Riddance).

Shelter / Chronique LP > Beyond Planet Earth

Shelter : Beyond planet Earth Après Mantra, sorti deux ans auparavant, qui marquait une évolution et une ouverture musicale certaine, que pouvions-nous attendre de Shelter avec Beyond planet Earth ? Une redite du précédent pour élargir son cercle de fans ? Un retour aux sources pour rameuter les éventuels déçus de Mantra ? Quelque chose de nouveau et de surprenant ? Sans conteste, il s'agit bien d'une continuité qui creuse encore plus le fossé entre le passé et le présent. Shelter s'est manifestement installé profondément dans le punk-rock mélodique (skate-punk ?) même si il reste encore quelques vestiges hardcore dans leur musique ("Rejuvenate", "Refusal"). Ceci était plus ou moins à prévoir du fait que la formation et l'équipe de production n'ai quasiment pas changé (le très éclectique Tom Soares est toujours derrière les manettes). Cependant, on notera la présence surprenante de "Alone on my birthday", chanson à forte teneur en ska et trompettes plutôt bien ficelée. "In praise of others", déjà présente sur Attaining the supreme, rendront nostalgiques les fans de la première heure. En guise de conclusion, Shelter nous a concocté un remix sans interêt de "Man or beast", titre qui se trouve sur le même disque. Une reprise aurait pu peut-être été plus judicieuse. Ray Cappo, dont la voix est de plus en plus mélodique, se fonde parfaitement dans les harmonies des instruments ce qui fait ressortir un certain côté "mainstream" qui ne déplairait pas aux fans de Green Day ou Alkaline Trio, même si Shelter à son propre style. Malgré cela, Beyond planet Earth, comme presque tous les albums, est un condensé d'énergie à écouter de préfèrence en période estivale. Alors que la direction musicale que prenait Mantra, plus "rentre dedans" dans l'ensemble, pouvait déplaire aux premiers admirateurs, Beyond planet Earth risque de leur faire faire une jaunisse. Le contenu et les idées qu'engendrent les textes de Ray Cappo dans cet album reste sûrement le seul élement qui ne les decevra pas.

Shelter / Chronique LP > Mantra

shelter : mantra Certains groupes sont plus (re)connus pour leur causes ou leur textes que leurs musiques. Il y a ceux qui se délectent à écouter les paroles sans tenir compte du style musical et puis ceux qui apprécient l'instrumentation et qui font attention (ou pas) peu à peu aux thèmes de l'écriture. Il n'est probablement pas à exclure qu'une grande partie des fans de Shelter soit des gens qui entretiennent des rapports plus ou moins proche du mouvement Hare Krishna. Car l'on ne peut pas parler de Shelter sans évoquer, un tant soit peu, ce mouvement hindouiste qui est une branche du Vaishnavisme se fondant sur les textes sacrés védiques (dont la Bhagavad-Gîtâ). Ray Cappo (chant) et le groupe s'est inscrit dans cette voix spirituelle et a choisi notamment de vivre sans substance toxique (tabac, alcool, drogue, thé, café) et d'être strict végétarien voire vegan (comme d'autres groupes tels que Minor Threat, 108, Cro-Mags ou Earth Crisis). Mantra se situe, donc, lyricalement dans cet esprit là. Musicalement, Shelter ne révolutionne pas le punk-hardcore mais laisse néanmoins une touche "punchy" qui n'est pas sans déplaire. Mantra, premier album sorti chez Roadrunner, marque un certain tournant. En effet, le groupe s'ouvre vers d'autres couleurs musicales en s'orientant vers un punk-rock popisant ("Here we go", "Empathy", "Mantra") et une fusion rap-hardcore détonante ("Message of the bhagavat", "Civilized man", "Not of the flesh", "Surrender to your T.V."). Evidemment, la rage de Ray Cappo est toujours au rendez-vous sur des titres comme "Appreciation" ou "Chance" qui ne sont pas sans rappeler Youth Of Today voire Better Than A Thousand, un de ses autres projets.
Mantra est le genre d'album qui flanque une bonne dose d'énergie dans les oreilles, un panache musical qui passe d'une ambiance à une autre au fil des chansons avec des mélodies qui font mouche. Cependant, les die-hard fan de hardcore ne se reconnaitront peut-être pas dans ce nouvel effort discographique de Shelter du fait de sa production moins violente en général, d'une direction moins "straight in your face". En tout cas, nul doute que cet album ralliera de nouveaux fans. Mantra est probablement la "vitrine" de Shelter, l'album référence pour la masse qui a connu ou connaît Shelter.