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Review Concert : Sheik Anorak, Electric Electric au Clacson Clacson (oct. 2012)

Sheik Anorak / Chronique EP > North star

Sheik Anorak - North star Infatigable, Frank Garcia livre un nouvel opus de son projet solo Sheik Anorak une grosse dizaine de mois après Let's just bullshit our way through, son travail prolifique est offert sans filtre et certainement sans calcul puisqu'on retrouve 7 pistes assez disparates aux ambiances tantôt expérimentales, tantôt indie rock, tantôt mixant toutes les influences possibles pour envoyer une ligne de chant ultra mélodique sur un gimmick de guitare hypnotique, un rythme entraînant et une nappe de sampling ("No one could"). Ainsi, après deux titres vraiment accrocheurs, on se prend en pleine face un "Pattern 0 (part.2)" qui ressemble autant à une séance de tests de sonorités qu'à un vrai morceau, un truc qu'il aurait pu cacher en fin d'album ou mettre en intro plutôt qu'au milieu du disque. "Argent", autre piste instrumentale, est plus construite et s'intègre mieux à l'ensemble où le chant solidifie clairement les idées, le minimalisme de "Ready" accentuant cette sensation de dépendance à des textes et à des mélodies pour séduire l'auditeur quand bien même le fond serait marqué par le jazz, le math-rock ou se laisserait emporter par l'élan ("This year"). Si un jour, Sheik Anorak se pose et fait le tri dans ses œuvres, acceptant d'en mettre certaines en retrait et en réalisant un tir plus groupé, on pourrait avoir un sacré bon album du début à la fin.

Sheik Anorak / Chronique LP > Keep your hands low

Sheik Anorak - Keep your hands low Derrière Sheik Anorak se cache Frank Garcia, un musicien qui traîne/a trainé ses guêtres dans pas mal de groupes (Loup, Immortel, Neige Morte, Total Eclipse, Socrates...). Ce projet existe depuis 2006, Frank en est le seul instigateur mais est aussi ouvert aux collaborations (notamment avec Walter Weasel de The Flying Luttenbachers...) et livre avec Keep your hands low, son second long effort.

A l'écoute de ces 8 pistes au fort potentiel de séduction, on sent nettement le batteur/guitariste tiraillé entre ses envies de composer des morceaux immédiats taillés pour le live et un gros penchant pour l'expérimentation noise. Dans les deux cas, Sheik Anorak convainc aisément et quand ces deux orientations se confondent comme sur le superbe "Stuck in there", Sheik Anorak accentue encore un peu plus sa singularité déjà bien présente et le plaisir de l'auditeur aux oreilles décloisonnées.

Le premier titre, Keep your hands low, est une entame accrocheuse en diable : une petite bombe indie-rock, sautillante et efficace qui s'insère immédiatement dans votre quotidien. La seconde piste, est déjà bien différente, instrumentale et flanquée d'un onirisme tribal hypnotisant tandis que "Blood" semble reprendre cette formule séduisante de la première piste. Sheik Anorak fait preuve d'un songwriting de haute tenue, d'une forte identité qui allie un chant sobre, des mélodies simples et des rythmes fédérateurs. Et finalement rien ne viendra atténuer notre enthousiasme sur Keep your hands low. Même quand il reprend "Tomorrow never knows", le classique des Beatles, Frank s'approprie totalement un morceau qui ne dépareille absolument pas au milieu de ses propres compositions.

Keep your hands low est un excellent album d'indie-noisy-rock open-mind. On t'invite vivement à le commander via Gaffer Records ou tout simplement à aller voir Sheik Anorak en live. Et comme le bonhomme sillonne fréquemment l'hexagone, il est difficile de le rater.