Sheeduz : A frozen moment Attention, disque chaud en perspective, Sheeduz revient après un EP The Barefoot fairies très prometteur, A Frozen moment est un disque que l'on attendait de pied ferme et la récompense est à la hauteur de l'attente. Un disque dont on ne peut que tomber amoureux à la première écoute. Un très bon album qui démarre fort ("Alone", "Fair fight", "Sick boy"), mais s'affaibli un peu ("The end of us", "Run") avant de repartir de plus belle ("Nothing good", "The closure song", "The Queen's prayer II").
Titres à fleur de peau, voix fragile, compositions efficaces qui font mouche, Sheeduz a affiné ses riffs de guitares, un peu plus pop, un peu plus orchestrés, avec par exemple une trompette qui s'invite sur "Alone". Sheeduz rivalise avec la grande dame du rock, PJ Harvey elle-même et vire parfois à hystérie électrique, I love you "Sick boy", titre furieux et destructeur. "Fair fight" touche par sa voix introspective, des guitares qui font monter la tension de manière régulière, une harmonie qui évolue avec grâce, une voix magique, un arpège qui s'égrène avec insistance, les accords prennent le relais, la rage et la colère se montre plus présents, pour exploser dans un cri venant de loin, ça prend aux tripes et ça fait du bien. Sheeduz s'illustre par des chansons simples mais magiques, où les émotions prennent le pas sur les considérations esthétiques, "Lullaby" s'égrène ainsi lentement, format acoustique pour un maximum d'impact, Sheeduz montre ici le noyau de ses chansons, une âme épurée des frou-frous superficiels, une sobriété qui en fait sa force. Dans la même optique Sheeduz s'illustre aussi au piano, "Run" gambade ainsi sur un clavier avec allégresse et légèreté.
Finalement, la seule critique que l'on peut accorder à ce A Frozen moment magique, c'est ce léger manque de titres à la distortion bien crasse, comme "Nice dreams" ou "Rescue spirit" sur The Barefoot fairies, Sheeduz se fait un peu plus pop, un peu plus sage, quelques titres un peu moins mordants, qui tiennent à un fil ou plutôt à une voix. Sheeduz c'est aussi des titres musclés, une distorsion avec toutes ses griffes dehors, un accent un peu prononcé sur cette voix envoûtante, notamment sur "Hiding" qui s'écoule assez lentement, des guitares éthérées qui saturent facilement, un synthé pour prendre la relève, "Hiding" continue sa lutte avec vigueur, grosse basse avec une distortion monstre et cataclysmique, un passage absolument énorme un peu coupé dans son élan. Riff velcro, ça accroche dès les premières notes, "Nothing good" s'écoute en boucle, et "The closure song" encore plus, refrain anthologique, guitare fluide aux riffs liquides, une mélodie envoûtante...