Shawn James - On the shoulders of giants & The Shapeshifters">Shawn James est né du côté de Chicago en 1986, il a donc 26 ans quand il commence sa carrière musicale, il a alors déménagé pour l'Arkansas, ce n'est pas très loin de l'Illinois mais la situation de l'État, frontalier à la fois du Tennessee, du Mississippi, du Texas et de la Louisiane donne bien plus concrètement une idée des influences du gaillard. Blues, folk, soul, country, rock, ce que l'on dénomme parfois americana et qui représente la musique "traditionnelle" états-unienne prend ses racines dans ce Sud délaissé et dans les malheurs des hommes. Shawn a grandi avec un père alcoolique et une mère protectrice, il chantait à l'église et grattait sur une guitare pour essayer de plaire aux filles. C'est avec des potes qu'il monte son groupe, Shawn James & The Shapeshifters, et sort un premier long format autoproduit (quand on crée son label pour éditer ses disques, c'est un peu la même chose) en août 2012 (Shadows), c'est le début d'une histoire prolifique puisque EPs et LPs s'enchaînent à un rythme effréné depuis cette date, à cinq ou en solo. Pour la réédition de On the shoulders of giants à destination de l'Europe, d'autres disques débarquent chez nous dont The bear et The gospel according to Shawn James & The Shapeshifters.

Paru en juin 2013, les 6 chapitres de The bear forment la pièce centrale d'un triptyque animalier avec The wolf et The hawk. Voix rauque, harmonica endiablé, rythmiques idéales pour les saloons, cordes glissantes, l'ensemble fleure bon la camaraderie, le feu de camp et les bières frelatées, la tonalité soul et quasi shamanique de On the shoulders of giants n'apparaît pas, on est donc clairement sur un autre territoire, les deux titres instrumentaux ont beau apporter un peu de calme, les Shapeshifters ne font pas de la figuration. Après cette trilogie d'EPs et avant le LP Deliverance à l'été 2014, le combo se fait plaisir en enregistrant quelques reprises, rendant hommage autant à Johnny Cash qu'à Iron Maiden, leur "The number of the beast" vaut le coup d'oreille...

Ensuite vint le temps de The gospel according to Shawn James & The Shapeshifters, on est au printemps 2015 et les guitares et leurs pédaliers donnent leur version du gospel. Une version pas tout à fait catholique vu la saturation et l'artwork, assez éloigné des représentations connues de Eve si jamais c'est bien elle... Rock N Roll, chevauchées fantastiques, voix accrocheuse, si ce n'est par quelques claquements de main et refrains cajoleurs, on est loin des gospels, même américains, cet opus est une excellente surprise, Shawn James & The Shapeshifters offre un autre visage et on comprend mieux pourquoi le nom du groupe a beaucoup circulé outre-Atlantique.

En juin 2016, & The Shapeshifters">Shawn James s'affranchit quelque peu de ses amis pour une nouvelle sortie "solo" et un nouveau chemin musical puisque sur On the shoulders of giants, c'est sa voix qui est mise en valeur. 16 Horsepower ou WovenHand résonnent alors comme des références, le timbre de Shawn se rapprochant de celui du maître David Eugene Edwards. L'enfant de chœur s'est réveillé, il apparaît même presque christique avec sa barbe et ses cheveux longs (bon, on ferme les yeux sur les volutes de fumée et les tatouages...). Sa voix grave réussit ses montées dans les aiguës, la guitare sonne claire, les cordes sont chaleureuses, le slide donne de la vitesse, les arpèges de la profondeur, & The Shapeshifters">Shawn James démontre que même seul, il peut tout gérer et s'en sortir, encore, avec les honneurs.

Avec ou sans The Shapeshifters, à l'écoute de ces trois productions, on comprend que & The Shapeshifters">Shawn James fasse sensation, malgré un rythme impressionnant de sorties, la qualité semble être toujours au rendez-vous, et ce, quelque soit le style privilégié. À découvrir pour passer l'hiver au chaud.