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Biographie > S(h)anka man

François M. aka Shanka fait ses premières armes avec Lycosia avant de bosser avec No One Is Innocent (collaboration toujours en cours). En 2005, il monte le projet Destruction Inc. avec Pierre Belleville (batteur de Lofofora) et Bastien Burger (bassiste de Blackstrobe), un power-trio rock qui sort son premier album fin 2007, The dogman's tales, via Enragé Prod. Toujours très occupé, il collabore également aux DVD Guitar Part et produit des groupes (dont 7 Weeks) aux Destruction inc. Studio, Shanka compose et réalise entièrement un EP composé de reprises de standards country folk qui voit le jour en 2009 sous le nom : Rock the folk !. En 2010, Destruction Inc. s'envole pour la Suède afin de mettre en boîte son deuxième album.

Shanka / Chronique LP > Saint Sebastien

France de Griessen - Saint Sebastien Vraie naïveté ou tentative de buzz mal réfléchie, le nouvel album de France de Griessen a fait un peu parler de lui avant sa sortie... La demoiselle a en effet subi l'application stricte des règles de Facebook, à savoir "Vous ne publierez pas de contenus contenant de la nudité", la pochette de Saint Sebastien qui dévoile un téton a donc été censurée. Ce n'est pas la première ni la dernière fois, qu'une image est ainsi "interdite" sur le réseau social mais France de Griessen a sorti sa plus belle plume pour dénoncer ce "puritanisme dictatorial" et expliquer en quoi cette photo était importante pour elle puis digresser sur les bonnes moeurs, la barbarie et les homosexuels. Alors que ce soit bien clair, on est tout à fait d'accord pour dire que censurer cette pochette est ridicule mais faut-il essayer d'en faire un buzz médiatique en montant sur ses grands chevaux ? Ca aussi, c'est un peu ridicule. Quiconque suit un peu l'actualité et utilise ce réseau social sait pertinemment qu'il censure à tout va (sauf les décapitations... véridique), d'Adam et Eve aux Femen en passant par Gustave Courbet, les "affaires" sont légions ! Si on foutait une fennec avec des nichons, même en dessin, on se ferait nous aussi censurer, on aurait donc l'occasion de créer un buzz facilement en hurlant à la liberté d'expression... Sauf que Facebook est une boîte privée qui fait accepter son règlement par ses utilisateurs. C'est débile dans certains cas mais c'est comme ça. Point à la ligne.

La photo incriminée fait référence à Saint Sebastien (et pas le sein de Sébastien), martyrisé par les romains et transpercé de flèches (non mortelles, il sera battu à mort un peu plus tard). Pour illustrer l'analogie, France aurait très bien pu elle aussi se planter une (ou plusieurs) flèche(s) dans la poitrine, évitant la censure avec habileté et pouvant même buzzer en énervant les cathos intégristes (jurisprudence Bettina Rheims). France de Griessen a souffert durant l'enregistrement de cet album et a demandé à Shanka de l'épauler à nouveau (il était déjà là pour Six uses for a heart). Alors le guitariste, connu pour son travail de métallurgiste en industrie lourde (Lycosia, No One Is Innocent, Destruction Inc.), a secondé son amie mais n'a pas cherché à distordre son propos et ses accords. On le retrouve davantage dans la peau de l'auteur de Rock the folk !, les titres doux étant bien plus présents que la saturation. L'âpreté dont est également capable France est plutôt mise de côté, Saint Sebastien semble assez cool dans l'ensemble, tourmenté certes mais calme et dans la retenue, tel le "Sebastien" qui remémore la fragilité rock d'une Scout Niblett qui aurait enrobé son propos de notes plus chatoyantes.

Quelques titres sont tout de mêmes marqués par un rythme plus soutenu et des guitares plus abrasives, "Je ne saurais", "Swan", "Coeur merveilleux", "Choose Again" se font donc remarquer en nous asticotant les oreilles et nous sortent de l'atmosphère pop parfois un peu trop mélancolique ("Skin and stone", "Les oiseaux", "I thought I had", "Agneau mystique"...). Quand la miss se fait plus rageuse, j'adhère encore plus, un morceau comme "Honey lake" bénéficie peut-être de moins de fioritures et d'arrangements subtils que les autres mais il me touche immédiatement. Sombre et triste, Saint Sebastien est encore plus beau quand il se révolte et cherche à se battre pour reprendre sa vie en main au lieu de se morfondre avec une douceur lumineuse.

Shanka / Chronique EP > Rock the folk !

Shanka - Rock the folk Shanka aka François M., guitariste de Lycosia, No One Is Innocent et Destruction Inc. qui sort un EP composé de reprises de standards folk (dont du Elliott Murphy et du Johnny Cash)... revus et corrigés à sa manière, fatalement, on se penche sur la question. Jouer les countrymen, le Shanka ça lui plaît, mais si c'est pour faire comme tout le monde, avec de la retenue, une pudeur très intimiste etc..., aucun intérêt. Dès lors, si la première partie du très classe "The cuckoo" se revendique d'un héritage country/folk sage et respectueux, la suite démontre que le guitariste a apposé sa griffe sur ces covers et que pour le coup, il n'a pas fait semblant. Une guitare tonitruante, des riffs bien tranchants, l'apport vocal de mademoiselle France de Griessen et voici une reprise du folklore anglais passé au mixeur électrique avec une efficacité proprement sidérante. Les premières mesures de "Last of the rock stars", relecture d'un morceau d'Elliott Murphy, retentissent et là, plus aucun doute, ce Rock the folk ! n'aurait certainement pas pu mieux porter son titre. Catchy dans ses riffs comme dans ses rythmiques, François fait vibrer les amplis et offre un lifting très énergique à l'oeuvre de l'un de ses mentors en se la réappropriant pour lui donner une seconde jeunesse.
Deux titres et l'on se dit que c'était là une sacrée bonne idée que celle de proposer ce crossover entre country folk bluesy et rock électrique sauvagement burné. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que l'EP a été enregistré aux Destructions Inc. Studios... Malgré tout, il faut bien reconnaître que l'on découvre le titre de la troisième piste de l'EP non sans une très légère appréhension : "Folsom prison blues". Oui, il a repris le classique du Maître. Rien que ça. Là forcément, il s'agit déjà de ne pas massacrer l'hymne de Johnny Cash tout en arrivant ensuite à faire quelque chose qui tienne la route. Risqué quand même. Et pourtant, il n'y a rien à redire, le résultat est une vraie réussite. Un classique comme celui-ci réinventé à coups de rock grungy, punk garage et de stoner incisif, il fallait le faire. Le "truc" en plus ici vient du fait que Shanka a assimilé les textes du maître (cf : "I shot a man in Reno, just to watch him die.") pour en faire ressortir leur violence crue, mais avec sa guitare. Forcément, passer après une reprise du "Folsom prison blues" d'un tel niveau, ce n'est pas évident et les deux derniers morceaux de ce Rock the folk ! en ressentent un peu les effets à retardement, surtout "Cherokee fiddle", un peu en dedans. Cinquième et dernier titre de l'EP, "What would you give in exchange of your soul" a entre autres l'intérêt de faire entrer en collision frontale son sous-texte prosélyte et très religieux avec une musique "diabolique" aux riffs acérés. Et ça, rien que pour le côté subversif de la chose, difficile de ne pas se laisser tenter. Classe...