Last exit to Poitiers : a tribute to Seven Hate Mais quelle mouche a piqué notre bon Olive Dead Pop Club pour sortir ce skeud ? en tout cas, on ne le remerciera jamais assez d'avoir concocté ce Last exit to Poitiers : a tribute to Seven Hate. Imaginez un peu le tableau. 19 groupes qui reprennent les fleurons d'un des groupes les plus influents du rock indé made in france (avec les Burning Heads, Sleeppers, Portobello Bones et j'en passe). Comme tout le monde le sait, Seven Hate nous a quitté il y a quelques mois déjà, mais leur discographie et les souvenirs visuels des shows bouillants resteront continuellement gravés dans nos mémoires. Six putains d'albums, des furieux Homegrown et Budded au mélodieux et classieux Matching the profile chroniqué dans nos pages, des centaines de concerts (dont une tournée d'adieu qui ferait pâlir les compétiteurs du tour de france), des tubes, des roccambolesques histoires de tournée, un faux split voyant leur retour avec le génial Is this Glen ?, des premières parties prestigieuses aux plans rades les plus miteux, Seven Hate restera pour beaucoup d'entre nous un modèle à suivre.
19 groupes donc rendent hommage à cette machine à tubes punk rock, et non des moindres. Dix neuf groupes dont une grande partie ne serait pas ce qu'ils sont sans l'existence des punk rockeurs de Poitiers, de Lost Cowboy Heroes à Sons of Buddha en passant par Sleeppers, Flying Donuts, Unlogistic, Dead Pop Club et UMFM, j'en passe et des meilleurs, c'est toute la scène rock française qui se réunit pour passer quelques accords des poitevins et rendre hommage sur un ultime skeud à un groupe injustement reconnu (ou tout du moins, pas assez pour ma part !!). En coprod avec HB Records (le label de Sly Homeboys), Buzz Off (responsable notamment des sorties de Dead Pop Club, du premier maxi de Sexypop, de 36 Side) a donc dépoussiéré son carnet d'adresse pour proposer le deal : hop, tu pioches dans les six albums des savonettes et on balance ça sur une compil... Le résultat est magique, et la nostalgie nous prends aux tripes quand on écoute ce putain de disque.
Mention très spéciale à Dickybird avec sa reprise de "Thin barks" (qui restera pour moi un des meilleurs morceaux de Seven Hate et la voix féminine qui rend le truc géniale. Le groupe joue en roue libre, sans complexe, et cela donne l'un des meilleurs titres de cette compil'. Grosse performance également avec les Lost Cowboy Heroes qui apportent leur touche perso et leur mid tempo à "Fickle" bénéficiant d'un chant à la limite de la saturation. Je n'oublierai pas non plus dans les coups de chapeau les reprises des Homeboys (cover accoustique improbable de "Never forget"), de Swad envouté dans son interprétation très personnelle de "Good mourning" et de Dead Pop Club avec le brillant "Golden dream" tout en retenue. UMFM joue la carte du splendide avec sa reprise de "Carry on" (pas de doute, le quatuor aime les savonettes !). Au rayon des bonnes surprises, 36 Side s'en sort brillament avec "Serial tape burner", tandis que Moustapha Moustache et Unlogistic jouent avec nos nerfs en réinterprétant à leur façon des titres de l'album Some fourteen or more things. The Pookies, avant une sortie très attendue chez Dirty Witch Records, nous offre une cover très intéressante et émotive de "Saturday crime fever" piochée dansIs this Glen ?. Flying Donuts continue sur sa lancé avec une reprise périlleuse mais réussie de "Anyway", et les Sons of Buddha n'en finissent pas de nous charmer avec un "Goddam city" d'excellente facture. Au rayon des découvertes pour votre serviteur, la chaotique reprise de "Good vibration" par Enki qui prend vraiment aux tripes, la très toy dollsienne cover de "Cast a spell" par Rose 'n' Roll, les Liquid Team qui font ressortir de je ne sais où un "Song for lardons" énervé à souhait, la sympathique reprise de "Close your eyes" par Glittermugs, sans oublier l'interprétation limite stoner des Crash Taste concernant "Dr Bullet". Encore deux mentions spéciales pour les excellents Sleeppers avec une interprétation carrement excellente d'"Inside", bien prenante et lourde à souhait. Un pur bonheur, et la touchante interprétation accoustique de "Dead end" par Epilectic. Dix-neuf bonnes raisons pour jeter une bonne oreille sur cette excellente compil'. Qu'ils la jouent punk, électro punk ou tout simplement rock, les intervenants de ce skeud prouvent par A (la) + B (si) leur amour pour Seven Hate.
On peut s'interroger sur l'absence des grands frères Burning Heads qui auraient pu apporter la cerise sur cet énorme gateau concocté pour les fans des poitevins et autres amateurs de punk rock et consorts made in France, mais franchement, y a pas de quoi se plaindre. Pour une fois sur ce genre de skeud, on sent que ça joue avec le coeur. Alors merci de tout notre coeur, Olive. Car oui, je parle forcement au nom de tous les amateurs de bon rock, ceux qui ont compris qu'on a pas besoin d'écouter un disque vendu à des dizaines de millier d'exemplaires pour être touché.