Seven Hate : Matching the profile C'est pas compliqué, quand on parle de punk rock à la française, on ne peut pas s'empêcher de penser aux Burning Heads et leur petits cousins de Seven Hate. Ces derniers ont bati leur réputation grâce à des albums enragés et à des sets enflammés avec la caractéristique de posséder un batteur chanteur, permettant aux deux guitaristes et au bassiste d'occuper et d'exploiter le devant de la scène sans limite. Seulement voilà, la donne semble avoir changé ! Terminé les set à 4 comme à l'époque du prodigieux Is this glen ?, terminé (pour l'instant ?) les skeuds entièrement dédiés aux fans de skateboard et de bermuda arrivant aux molets. Seven Hate semble avoir muri, dans le bon sens du terme. Sur leur nouvel album Matching the profile, les pogos et les déhanchements du corps sont encore de mise. Mais un nouveau virage semble amorcé, et ce avec brio. Ce qui peut paraître assez déconcertant pour le fan de la première heure se transforme en un sentiment d'éxultation totale : mais oui, les Seven Hate sont de retour, et ils sont grands. Alors, ce nouveau virage ? et bien, à l'instar des nouvelles compos d'Uncommonmenfrommars, Seven Hate semble s'être tourné vers ce qu'on appelle l'émo core, le punk plus mélodique, le rock'n'roll teinté d'émotions et de mélodies le tout joué assez rapidement. Alors que la clique Dead Pop Club/Second Rate semble imposer de jour en jour le style dans l'hexagone, les 7.8 se sont aventurés avec brio dans le style. La preuve, ce "Handy" qui ouvre le disque, mélodique à souhait, moins rapide qu'à l'accoutumée, avec ses passages purement punk rock et ses refrains teintés d'émo. La voix ne change pas, elle reste toujours la même. Mais la musique en elle même, la façon de la jouer est radicalement différente. La batterie est beaucoup plus audacieuse, la preuve sur scène où le batteur chanteur laisse les fûts à l'ancien cogneur des Portobello Bones. Les guitares sont aussi plus généreuses. UN PUR REGAL !!! La mélodie est tout de suite installée dans les esprits. La production tout au long de l'album, assurée par André Gielen, est tout bonnement parfaite. La tendance émocore de Seven Hate version 2002 se confirme avec "Anxious" , mais sans jamais oublier la recette du groupe, la caractéristique que personne ne peut imiter. Et puis, des tempos moins rapides mais avec toujours ces guitares tranchantes, ça leur va bien aux Seven Hate. "Wasserpûlung" est la suite logique des deux premiers morceaux. Le tempo s'accelère avec "Serial tape burner" mais les passages émo sont aussi de la partie, ce qui provoque une sorte de cassure dans la titre, bien vu ! La mélodie la plus émo, la voilà avec "Matchless", le titre que ne renierait pas Second Rate. Un pur bonheur, le groupe maitrise son sujet avec perfection. La fin du titre se veut plus dure, plus intense comme si les 7.8 cherchaient à surprendre, bouleverser son auditeur. "Forward" emboîte le pas, avec un tempo assez cool. Très mélodique lui aussi, le titre est basé sur une multitude de break à la batterie, chose qu'on ne retrouvait pas auparavant. "S.P.W.D." est dans la lignée des titres précédents, mais on dirait que Seven Hate s'amuse à jouer un style en tirant plusieurs ficelles, en utilisant différents moyens pour arriver au même but, et ça, c'est ce qu'on appelle la classe. Ouahhhhhhhhhhhhhhhhhouuuuuuuuuuu ! "Goddam City" est un titre à deux cents à l'heure, et en conservant les arpèges mélodieuse, ça va vite, et bien que moins punk qu'à l'accoutumé (dû à la production ?), ce titre sera vraisemblablement acceuilli avec satisfaction par les fans de la première heure des Seven Hate, malgré une fin plus lourde et plus émo. "Backwards" est lui aussi un morceau dans la veine émo, très bien interprété et avec de savoureuses idées. "President Evil" enfonce le clou : intro guitare de folie, roulements de batteries, grosse réussite, j'ai vraiment l'impression d'écouter un groupe qui partage avec Dead Pop, les Rate ou Get Up Kids les mêmes gouts pour la musique émotionnelle. Et par un formidable tour de passe passe, 7.8 change d'ambiance comme d'accords, c'est véritablement excellent. Ouahhhhhhhhhhhhhhhhh ! Le disque se termine avec "Ban This", tout en vitesse, punk rock à souhait, sortez vos doigts, faites le signe du diable, on est sur une piste. Une façon de dire que Seven Hate n'est pas mort, ou qu'ils ne sont pas devenu de vieux croulants ? Pfff, de toute façon, qui peut penser ça, à part les jaloux ? Seven Hate, dans un registre beaucoup moins radical que les Burning Heads, a su surprendre en interprétant un album fait de compo mariné avec l'énergie, l'émotion, la vitesse et la mélodie. Du grand art messieurs dames, je vous le dis bien fort, du grand art.