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Serj Tankian, leader des System Of A Down, fait preuve depuis le dernier album du groupe d'une activité boulimique qui cadre parfaitement avec l'image de perfectionniste que l'on se fait de lui sans mal. Entre le prochain opus annoncé pour 2004 et la promotion du vrai-faux album Steal this album, il a encore trouvé le temps de former l'association anti-Bush Axis Of Justice avec Tom Morello, d'écrire des recueils de poème et de fonder sa propre structure Serjical Strike. Dans ce cadre de liberté artistique totale, loin des contingences commerciales de Colombia, Serj récolte aujourd'hui les fruits de sa rencontre avec le multi-instrumentiste d'origine arménienne Arto Tuncboyaciyan. Ensemble, ils ont construits Serart, projet aux consonances folk et surtout world qui renvoie plus vers Dead Can Dance que vers les performances scéniques du groupe de métal le plus étonnant et novateur de ces dernières années.

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serart On pense forcément à Dead Can Dance en vérité, tant ce premier essai (le terme n'est pas innocent) semble s'être construit comme un tableau de maître par les deux hommes, à petites touches déposées sur une toile vierge qui ne demandait qu'à vivre. On ne s'écarte que rarement de l'ésotérisme ambiant qui a fait la marque de fabrique des Australiens dans les années 80, bien que Serart délaisse quelque peu le médiéval au profit d'un voyage spatio-temporel et intercontinental. Entre les percussions tribales d'une fête de village africain, une nuit de génocide arménien dans les montagnes turques ou une hypnotique soirée dans un harem oriental, l'ensemble a de quoi surprendre et troubler. Serj Tankian ne retrouve qu'a de rares occasions ses tics de chant métal, se concentrant plutôt sur la perfection du collage entre les ambiances traditionnelles et l'utilisation modérée de sonorités plus modernes... le tout fait preuve d'une remarquable érudition et d'un ton pédagogique surprenant, ou comment faire découvrir l'origine du monde et du mot "World" à de jeunes cons perdus dans leur baggy trois places.
A déconseiller absolument aux réfractaires à toute forme d'intellectualisme musical poussé vers la recherche du son parfait et de l'instrument adéquat, mais parfais pour plomber l'ambiance. Chut, c'est de l'art.