Seraphin - 7665 Ma rencontre avec Seraphin a eu lieu au détour du visionnage du clip de "Carolina lunch time", premier single issu de ce nouveau disque intitulé 7665 (multiple de 365, soit dit en passant). Un titre qui m'a littéralement captivé tant par le spleen qu'il dégage, la voix grave qui le sublime et la justesse musicale qui le caractérise. Alors j'ai voulu en savoir plus. Je te laisse faire une petite pause dans la lecture de cette chronique, le temps que tu visualises le clip sur Youtube, et si comme moi tu as apprécié (c'est peu de le dire en ce qui me concerne), je te donne rendez-vous au paragraphe suivant pour évoquer l'album dans son intégralité. (Sinon, je te conseille notre papier sur le dernier album des Burning Heads qui est très bien - je parle naturellement de l'album.)

Si tu entames la lecture de ce deuxième paragraphe, c'est que "Carolina lunch time" t'aura plu. Alors continuons. Fort de 13 titres et de plus de 50 minutes au compteur, 7665 est un disque brillant. Le début du l'enregistrement explore l'univers feutré et mélancolique de Seraphin, véritable crooner et dandy des temps modernes ("Aniouchka", "It's just a melody"). L'artiste expose sa sensibilité dans un style pop folk rock parfaitement calibré avec une élégance et un charme ravageur. Les mélodies vocales sont envoutantes et les instruments sont en symbiose au service de compositions efficacement arrangées (l'apport de cuivres et de cordes tout au long de l'album se révèle aussi audacieux qu'efficace). Puis Seraphin dévoile au grand jour ses autres facettes, en se révélant mordant et percutant ("Call me by her name", "Culotte noire"), mystique et touchant ("Fifty miles away for six feet under") et même remuant (les contre-temps "Behind the mirror", le funky "The end is going on", "Senja"). L'ensemble est chanté exclusivement en anglais à l'exception du lancinant "C'est juste une mélodie", dans un registre qui pourrait évoquer Leonard Cohen ou Benjamin Biolay. C'est élégant, juste, et véritablement prenant. J'ai une nette préférence pour les morceaux les plus posés mais l'ensemble du disque, complet et rafraichissant (quoique peut être un peu long) est une véritable réussite. Tu as bien fait de rester jusqu'à la fin de cette chronique.