Rock Rock > September Malevolence

Biographie > Septembre emporte les ponts ou tarit les fontaines...

Formation indie/post-rock suédois, September Malevolence est né en février 2004. Six mois plus tard seulement, le groupe zappe l'étape démo/EP pour s'atteler à l'enregistrement d'un premier album long-format : Tomorrow we'll wonder where this generation gets its priorities. Le succès (d'estime) que rencontre le groupe lui offre de tourner un peu partout en Europe du nord et oblige de fait les quatre nordiques à prendre leur temps avant de commettre un deuxième opus. Celui-ci est enregistré courant 2007, et, intitulé After this darkness, there's a next sort au printemps 2008 via A Tender Version Recordings/Denovali Records. Deux ans et demi plus tard, il remet le couvert avec Our withers unwrung.

September Malevolence / Chronique LP > Our withers unwrung

September Malevolence Le terme "post-rock" est un peu fourre-tout, c'est bien connu. Parfois à tort, d'autres fois (souvent) à raison : concernant September Malevolence, l'étiquette est déjà à moitié décollée, la formation suédoise se plaisant à se situer exactement au croisement du post-rock et de l'indie-pop/rock, pour mieux brouiller les pistes et dans le même temps affiner sa griffe, son écriture, pas si surprenante que ça, mais traditionnellement habile et soignée. Vu comme ça, on pourrait se dire que tout ça n'est finalement que du délire de journaleux ou de chroniqueur enfermé dans ses cases et ses codes, pourtant lorsque l'on découvre les premiers morceaux du nouvel album des suédois, les "End of wew beginnings" et "Heathen", l'évidence saute aux yeux : c'est vraiment un mélange des deux.

Le "problème" concernant Our withers unwrung réside plus dans le fait que l'album a du mal à trouver sa personnalité que dans une éventuelle confusion d'étiquettes musicales. Que ce soit dans les éléments les plus pop-rock très indie ("Absence") ou plus orientés "post-rock" classieux ("Details of detours"), la musique de September Malevolence peine à renouveler des genres largement explorés par quantités de prédécesseurs bien plus inspirés et inventifs qu'elle. Pire, le groupe semble connaître les pires difficultés à écrire quelque chose qui sorte un tant soit peu de l'ordinaire ; ou qui fasse naître chez l'auditeur une émotion, même fugitive. Et là en l'occurrence, l'un ou l'autre semblait indispensable étant donné le spectre artistique exploré. Ici l'intensité des décibels est là, c'est un fait, les instrumentations ont de l'ampleur, l'ensemble est formellement abouti, sauf que le rendu manque de corps. Que ça ne suffit plus. C'est plat, sans vraiment d'âme ("Islandsberg, Bohuslän"), joliment emballé certes, toujours très bien ficelé techniquement. Mais ça ne prend pas vraiment.

Sept titres et le collectif suédois n'a quasiment rien fait, sinon proposer quelque chose de propre, ni réellement bon, ni vraiment mauvais, juste assez insipide ("Lichens") et à l'image du chant ou plutôt "des" chants, tellement désincarnés que l'on ne rentre jamais réellement dans l'album. Et c'est encore plus évident à chaque nouvelle écoute, si ce n'est sur l'élégante pop-song qu'est "King of high school" sur lequel le parti-pris du groupe est de livrer une ballade indie sur papier glacée portée par une mélodie "feel-good" à défaut d'être transcendante. Un peu maigre...

September Malevolence / Chronique LP > After this darkness, there's a next

September Malevolence - After this darkness, there's a next Avec un nom de groupe qui renvoie à un obscur combo de death metal underground qui beugle des insanités depuis sa cave, September Malevolence surprend. Lorsque l'on enfourne After this darkness, there's a next dans le mange-disque, on se dit que ce disque ne risque pas vraiment d'inciter à l'introspection douceureuse... et pourtant. Levons l'ambiguïté tout de suite, ce disque, s'il peut être rangé dans la catégorie "post-rock" n'est pas que cela. Et pour cause, les suédois ont ici écrit de vraies chansons, des structures qui dépassent le simple cadre "couplet/refrain" et ont nappé le tout de quelques envolées post-rock de premier choix. On pense alors à un croisement de Mogwai et The Appleseed Cast façon "instant suédois", à ce mélange de mélodies subtiles et légères avec quelques poussées de fièvre savoureusement amplifiées qui font tout le charme de "I shut doors and windows" ou "... Accidents happen so fast". Le souffle épique du post-rock posé sur un songwriting farouchement indie, un atticisme pop qui vient se confondre dans des éruptions électriques, la recette n'a rien de foncièrement révolutionnaire ni même innovante et pourtant, elle fonctionne à merveille. After this darkness, there's a next n'est sans doute pas le disque qui va marquer une génération, mais là n'étant vraisemblablement pas l'ambition de ces quatre suédois, le résultat mérite assurément que l'on s'y attarde au moins un peu (l'instrumental "Brandskär"). Un petit détour folk-pop ("A notion, I can't shake"), une mise en abîme au lyrisme délicat ("Moments"), des guitares fougueuses et des jeux de rythmes intelligemment orchestrés ("Vile tendencies", "Exxon Valdez"), September Malevolence dessine des motifs musicaux qui privilégient le fond à la forme. Comprendre par là que dans des eaux musicales relativement fréquentées, le groupe se pose en paradoxe vivant. A savoir qu'il ne parvient pas réellement à se distinguer de ses prédécesseurs et pourtant, à sa manière, il livre un disque agréable mais qui ne parvient pas complètement à transcender ses modèles. Sérieux et appliqué, parfois un peu trop. Malgré une base indie évoquant Pinback ou Engine Down, surplombée d'éléments post-rock envenimant les mélodies, le quartet suédois ne parvient pas réellement à sortir du lot, ce, malgré d'indéniables qualités. Idéal avant de s'autoriser une petite sieste...