Seila Chiara - Rive De la passion, un rêve de gosse, de l'abnégation, une amitié sans faille, un échappatoire et l'envie de partage : autant de raisons qui font l'entité de Seila Chiara depuis ses débuts et une rencontre fortuite sur le parking d'un bar au début de l'année 2007. Les lyonnais sont assurément issus de cette culture indépendante que nous défendons au W-Fenec, celle de l'authenticité, de la libre expression artistique et de l'amour de l'objet sonore (support physique). Comme le nombre de ses disques vendus à chaque sortie, Seila Chiara produit une musique trop rare, sous-estimée peut-être. Rive, le petit dernier en date, pose en musique la question du déchirement sous toutes ses formes, une réflexion sur comment l'homme se meurtri dans son environnement qu'il soit humain, financier ou naturel. La musique de ce 7 titres est à l'image de ceux qui la jouent : écorchée vive. D'une très grande sensibilité, l'ambiance projetée ici par les sillons est un rock émoïsé qui devient "post" quand les lyonnais touchent la grâce en faisant envoler leurs accords de guitares. La force de Seila Chiara réside dans le tissage culotté des instruments qui confrontent très souvent la linéarité en passant de phases rythmées à la At The Drive-In, pour ne citer qu'eux, à des moments de grande quiétude où le chant est mis en valeur. Chaque morceau se meut vers un nouvel univers (on pense à "White elephants" qui se la joue blues) tout en gardant une certaine cohésion. Une expédition intense de 27 minutes qui n'est toutefois pas sans reproche. Si musicalement parlant, la mécanique est bien huilée de part les arrangements des compositions, la voix peut, elle, faire grincer des dents par moment lorsqu'elle est poussée au maximum. L'écoute prolongée du disque peut aider l'auditeur à s'y habituer et à faire abstraction de ce détail par la suite. Qu'importe, Rive gagne haut la main notre estime par la qualité de son travail distribué par les japonais de Tokyo Jupiter Records, eux-mêmes distributeurs, entre autres, d'AmenRa et TotorRo au pays du soleil levant, c'est dire le bon goût des nippons en matière de groupe indés français.