rock Rock > Scraps of Tape

Biographie > Morceaux choisis

Quatuor post-rock composé de Micke, Marcus, Kenta et G., Scraps of Tape évolue sous ce format depuis 2000 et revendique haut et fort son affiliation aux courants musicaux initiés et/ou inspirés par les Mogwai, Tortoise et autres Goodspeed You ! Black Emperor. Le groupe publie deux démos lors de ses premières années d'existence avant de sortir l'album Read between the lines all the Time (Tender Version, 2004). Dès ses débuts discographiques officiels, Scraps of Tape collabore avec Tender Version Recordings (qui est également le label d'Audrey et de September Malevolence) et lui sera fidèle par la suite. C'est donc tout naturellement sur cette structure que paraissent This is a copy is this a copy en 2007 puis Grand letdown deux ans plus tard.

Scraps of Tape / Chronique LP > Sjätte vansinnet

Scraps of Tape - Sjätte vansinnet On n'avait plus vraiment de nouvelles de Scraps of Tape depuis l'album Grand letdown (2009) et pour cause, après avoir discrètement livré un EP 7'' baptisé Flera meter kort en 2011, le groupe s'était fait assez silencieux avant de revenir sous les feux de la rampe en 2014 avec Sjätte vansinnet. Soit un disque de post-rock (mais pas que, loin s'en faut) aussi classieux que lumineux car scintillant dans des paysages indie-(pop)-rock à la légèreté confondante. Quelque-part entre un Dredg en formation math-pop et un Logh toujours aussi racé mais qui se serait acoquiné avec le Mogwai des derniers albums (celui indie/synthé-rock à tendance électronique), le groupe trace son sillon musical sur une ligne d'horizon moins prévisible ou évidente qu'il n'y paraît au premier coup d'œil ("We, the leftheaded", "Fuga").

Sans doute parce que c'est dans leur entremêlement de titres tous plus fuselés les uns que les autres qu'ils trouvent leur griffe, les Suédois varient les registres au gré de leurs nécessités mélodiques et/ou rythmiques, mais toujours avec un soin tout particulier apporté à la dynamique de l'ensemble. Quitte à laisser s'échapper un soupçon de justesse vocale de temps en temps ("Hands in hands"), car l'essentiel est ailleurs : dans le déroulement de la trame narrative de l'album prise dans son entièreté ("Teardrop fucking dropkick", "Among haters"), cette vision globale du tracklisting final permettant aux Scraps of Tape de parfaire leur maîtrise créative, ce, en soulignant tout particulièrement son harmonie collective. En témoigne du reste la déferlante post-rock, presque métallique, qui s'abat sur l'auditeur lors du lancement de "Vultures with high heels" avant que le calme (relatif) ne revienne et permette au groupe de dérouler de nouveau son fil d'Ariane musical en toute "quiétude".

On le répète, mais Scraps of Tape est plus que jamais, avec ce Sjätte vansinnet, à la croisée des chemins stylistiques, faisant évoluer sa musique en permanence afin de ne jamais lasser, de toujours maîtriser ses effets de manche et surtout de conserver intacte sa capacité d'attraction ("Once we were"). Et même si l'ensemble n'est pas à proprement parler révolutionnaire, la discrète inventivité dont font preuve les nordiques ici a quelque chose d'assez jouissif quand bien même le groupe se rate de temps en temps, vers la fin de l'album essentiellement ("Logh cabin", "A neverending"), le résultat final et sa dizaine de titres régulièrement renversant se révèle être un joli numéro de voltige indie-post-math-rock/pop de très honorable facture ("Alla utom jag måste dö"). Retour plutôt réussi.

Scraps of Tape / Chronique LP > Grand letdown

Scraps of Tape - Grand letdown Si les premiers essais discographiques signés Scraps of Tape se situaient dans une mouvance post-rock affirmée et parfois mâtinée de quelques incursions postcore, Grand letdown voit le groupe faire évoluer sa musique... pour ne pas se satisfaire de ses acquis. On s'en doute un peu avec "Bring the heavy" puis "The long silence", on en a la confirmation définitive avec "The blindspot" et le très beau "Linear optics", le Scraps of Tape cuvée 2009 évolue désormais aux confluents du post-rock et du rock alternatif. Alternant passages instrumentaux et chantés, le groupe se joue des genres et des sous catégories pour se dépasser. Pour ne pas répéter ce qu'il avait déjà dit lors de ses deux premiers opus. Pas besoin de rentrer dans telle ou telle case pour pouvoir pleinement s'exprimer. Au contraire, le fait de ne plus être forcément affilié à un quelconque courant musical précis permet peut-être au groupe de se libérer totalement. Et le résultat voit le quartet scandinave se lancer dans différentes directions. Là où il aurait pu être brouillon, l'album semble en effervescence permanente. Parfois électrique et enfiévré, d'autre fois plus épuré et minimaliste, Grand letdown permet au groupe de dévoiler des compositions au songwriting particulièrement soigné. Chaque élément à est sa place, rien n'est vraiment laissé au hasard. Pas de place pour l'improvisation (dommage ?), la musique de Scraps of Tape résonne comme une mécanique d'horlogerie qui se met doucement en place pour s'ébrouer sur des arrangements rock indie avant de revenir à ses premiers amours post-rock. Un clavier chaleureux ("Filler"), du charisme dans le chant, une guitare tantôt fuyante, tantôt plus omniprésente qui se faufile à travers des rythmiques changeantes ("Grand letdown"), le groupe cherche à brouiller les pistes, à jouer avec nous avant de faire de nouveau frémir la six-cordes sur "Five fingers". Intense, fébrile et saturée ("Master blaster"), la musique de Scraps of Tape se veut mouvante, presque cyclothymique et n'aime rien mieux que varier les plaisirs, les atmopshères, sans doute pour mieux affirmer son écriture ("Brick by brick, building your own house", Love them away"...). Et si tout n'est pas parfait, même si certains morceaux sont sans doute un ton en deçà de ce dont est capable le groupe, Grand letdown n'en demeure pas moins un cru tout à fait acceptable, d'autant qu'il est parsemé de quelques petites étincelles de génie d'autant plus agréables...

NB : A noter que la version vynil de Grand letdown est sortie en coproduction chez Denovali Records et Tender Version Recordings.