scars_on_broadway.jpg Si les System of a Down avaient clairement pris le consommateur pour un con en sortant à quelques six mois d'intervalle deux très courts albums qu'ils auraient, avec un minimum d'intégrité, pu compiler en un seul double album, Scars on Broadway, à l'heure de son premier effort, ne lésine pas sur la quantité. 15 titres contre une petite dizaine pour Mezmerize par exemple, au moins Daron Malakian, l'âme du projet semble être décidé à respecter un minimum l'amateur de rock lambda de musique en lui proposant ce qui est ni plus ni moins que la variante rock punky de SOAD. A deux ou trois détails près... Avec du très bon, du moyen et du très mauvais. Au choix des titres tels que "Serious" ou le plus old-school "Exploding/reloading" mettent cet album sur orbite en usant de mélodies rock légères dopées par des arrangements incisifs, une vitesse d'exécution remarquable et un esprit punk rock régulièrement salvateur. A l'image d'un "Stoner hate" furieux, énergique et complètement décomplexé qui fait du bien par où il passe mais qui, par exemple, renvoie inévitablement à l'inimitable griffe made in SOAD.
Si Malakian et John Dolmayan (qui est venu l'épauler sur les parties de batterie) voulaient s'affranchir de leur groupe principal avec ce side-project très attendu, c'est partiellement raté. D'autant que si l'on trouve du bon, voire du très bon sur ce Scars on Broadway, on a également droit à quelques beaux ratés ("Funny", l'infâme "Insane", "Kill each other/live forever"). Et finalement, SoB n'est jamais aussi bon que quand il fait du (presque)-System of a Down : mélodies enflammées aux tendances psychédéliques, guitares saignantes, chant au charisme évident et une efficacité quasi irréprochable ("World long gone"). Sauf que Scars of Broadway n'avait pas forcément vocation à produire une musique qui soit la petite soeur rock'n roll du frangin métalleux. "Babylon", "Chemicals", "They say", le groupe aligne les compos énergiques et les singles potentiels sans pour autant trouver LE titre qui l'enverra sur orbite. Si c'est bien troussé, ça manque de ce petite zeste de folie déjantée qui fera la différence. Alors que l'on pense que ça n'arrivera plus, Scars on Broadway noue envoie dans les écoutilles l'énergisant et puissant "Cute machines" qui crame la platine par les deux bouts... comme quoi, il faut toujours écouter un album jusqu'au bout sans partir avant la fin (sic). Quelques titres plus inoffensifs sinon paresseux ("Enemy", "Universe") d'autres bien plus réussis, tantôt catchy, tantôt plus intimistes ("Wh*ring streets" notamment) et le duo Malakian/Dolmayan conclut sans se retourner un album que beaucoup se plairont à tailler en pièce alors que malgré quelques défauts de conception, il tient plutôt bien la route sur la distance...