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Biographie > Sans Shun mais avec Seraph


Au W-Fenec, parfois il nous arrive d'avoir de la suite dans les idées... Les irréductibles de la première heure s'en souviendront peut-être, mais il y a 6 ans, en mars 2001 pour être très précis, Oli, en bon apôtre du bon goût musical qu'il est, agitait sauvagement sa plume informatique pour écrire quelques lignes sur un jeune groupe indé en devenir : Shun. Effectivement, le groupe avait un potentiel hors-norme, mais décida de mettre un terme à ses activités au moment même où il aurait pu exploser sur la scène internationale... D'où son statut (justifié) de groupe culte... Fin du premier épisode.
Hiver 2003, du côté de Nashville, la deuxième partie commence, Billy White (chant) et Christopher Pottinger (basse), deux ex-Shun montent un groupe avec Kevin Comeaux (batterie, percussions, choeurs), Mark Summarell (guitares, choeurs) et Jared Cooper (tous instruments), son nom : Sans Seraph. Et puis... plus rien, ou si peu. Le groupe compose dans son coin et prend son temps. Le résultat se fait donc attendre mais, les quelques rares démos que l'on peut découvrir sur le net laissent à penser que le résultat sera à la hauteur de nos attentes. Et puis, en Janvier 2006, au moment où l'on commençait vraiment à s'impatienter, le groupe annonce que son premier effort est enfin terminé. Près d'un an plus tard, After the rain débarque enfin dans la boîte aux lettres du fenec sauvage, la boucle est presque bouclée, on peut passer au choses sérieuses avec la découverte de cet album plus qu'alléchant.

Sans Seraph / Chronique LP > After the rain

sans_seraph_after_the_rain.jpg "Les 7 titres sont d'une richesse émotionnelle rare (...) des mélodies venues d'ailleurs" écrivait en substance Oli en mai 2001 à l'occasion de la chronique de l'EP Michael in reign de Shun. Six ans plus tard, à l'occasion du premier album de Sans Seraph, on constate que si pas mal d'eau a coulé sous les ponts, l'essence même de ce qui faisait ce petit truc phénoménal que l'on ne rencontre que chez quelques groupes, est encore là. Alors certes, Sans Seraph est beaucoup moins métal que Shun... et pour cause, il s'agit d'un groupe plus orienté émo-rock. Mais quoiqu'il en soit, peut importe les étiquettes, car une fois passé un prélude "pluvieux" au clavier porteur d'une atmosphère unique, le groupe nous fait entrer de plein pied dans un album riche de mille nuances et mélodies intemporelles. After the rain, "après la pluie" donc, les nuages commencent à se dissiper et les quelques éclairs azur d'"Overboard" viennent magnifiquement apaiser les caprices de la météo, pour nous transporter dans un autre monde, un univers intense et à la pureté inestimable. Un chant tout en mélancolie douloureuse, comme une complainte desespérée et émouvante, des arrangements synthétiques couplés à des instrumentations rock ambitieuses, Sans Seraph met d'entrée la barre très haut.
Pour ne plus jamais redescendre sur terre. Avec "Nocturne", on retrouve ce qui peut faire la classe d'un groupe tel que A Perfect Circle ou Dredg, une mélodie à fleur de peau, des nappes post-rock et une intensité émotionnelle sans égal... pour un bijou émo-rock d'une puissance qui confine au sublime. Un court interlude à l'ambiance étonnamment travaillée pour se remettre de nos émotions ("In the distance") et le groupe enchaîne avec "It matters to me" puis "Eyes", deux morceaux où les américains nous offre des instants de ballades mélodiques émo-pop-rock à la manière des français de Curtiss ou A Red Season Shade avant de nous emporter par le souffle épique de leur musique. Avalanche de guitares, rythmiques changeantes, chant au diapason, les Sans Seraph semblent être capables de faire ce qu'ils veulent sans jamais décevoir. On essaie alors de revoir notre niveau d'exigeance à la hausse, mais il n'y a finalement pas grand chose à redire, les natifs de Nashville ont tout (du moins sur cet album) d'un futur grand groupe, si ce n'est déjà le cas (le magnifique "December"). Ajouté à cela une maîtrise formelle de tous les instants et l'on se rend compte qu'autant artistiquement que techniquement, le groupe livre avec After the rain ce qui ressemble au fil des écoutes, de plus en plus à un authentique un chef-d'oeuvre ("Atropos"). Et si on a longtemps regrettré la fin de l'aventure Shun, rassurons-nous de savoir que Sans Seraph, certes en prenant son temps, a désormais tout pour assurer sa succession, même dans une veine plus pop-rock alternative, mais avec un talent hors-norme.

En version anglo-saxonne :
"The 7 titles are of a rare emotional richness (...) of the melodies come from elsewhere" wrote in Oli substance in May 2001 on the occasion of the chronicle of the EP Michael in reign of Shun. Six years later, at the time of the first album of Sans Seraph, we discover the same small phenomenal trick that one meets only at some bands, is still there. Then certainly, Sans Seraph is much less metal that Shun... and due, it acts of a band more directed emotional rock. But though it is, can imports the style, because once last a "rainy" prelude to the keyboard carrying a single atmosphere, the group inserts to us of full foot in a rich album of thousand nuances and timeless melodies.
After the rain, "après la pluie" (in French) thus, the clouds start to be dissipated and the few flashes azure of "Overboard" magnificently come to alleviate the whims of the weather, us to transport in another world, an intense universe and with the priceless purity. A song all in painful melancholy, like a desperate lament, of the synthetic arrangements coupled to ambitious instrumentations rock, Sans Seraph puts of entry the bar very high. With "Nocturne" song, one finds what can make the class of a group such as A Perfect Circle or Dredg, a melody with flower of skin, tablecloths post-rock and an emotional intensity without equal... for a little jewel emo-pop-rock. A short interlude with environment surprisingly worked to recover from our emotions ("In the distance") and the group connects with "It matters to me" then "Eyes", two tracks where American offers melody moments of ballads to us emo-pop-rock to the manner of French bands like Curtiss or A Red Season Shade before carrying us by the breath epic of their music. Avalanche of guitars, inventive rhythmic, song with the tuning fork, Sans Seraph seems to be able to do what they want without ever disappointing. One then tries to re-examine our level of exigencies to the rise, but there is not finally great a deal to repeat, the natives of Nashville have all (at least on this album) a large future groups, if it is not already the case (the splendid "December"). Added to that a formal control of every moment that as much artistically than technically, the group delivers with After the rain what resembles the wire of listening, more and more to authentic a masterpiece ("Atropos"). And if one regret the end of the Shun adventure a long time, let us reassure us of knowing that Sans Seraph, certainly by taking its time, has from now on very to ensure its succession, even in an alternate vein more pop-rock, but with a talent out-standard.