SJ5 - Goodbye melody mountain Après deux magnifiques premiers albums, SJ5 aka The Samuel Jackson Five passe la troisième avec ce Goodbye melody mountain assez différent de ses prédécesseurs et tout en prise de risques parfois inconsidérés. La marque de fabrique du groupe est désormais bien établie : ne se laisse guider que par un songwriting personnel, onctueux alliage d'un rock indie volubile, de post-rock instrumental aux arrangements classieux et de légères touches ouvertement free jazz. Et tout au long des huit morceaux que comptent ce troisième album des Norvégiens (pour un peu plus de quarante deux minutes de musique), on se laisse embarquer dans un sémillant périple à travers la musique indie, parsemé de mélodies enjôleuses et d'instrumentations comme d'habitude chez ces gars-là, à la fois légères et racées, puissante et organiques, aériennes et onduleuses ("Face the wax", "Eye eat lotus").
Une constellation de titres marqués par une inventivité galopante, la recherche d'un espace d'expression dans lequel le groupe peut faire tout ce qu'il veut, l'éponyme "Goodbye melody mountain" ou "So many cowboys, so few indians" en sont les exemples les plus éloquents. SJ5 y essayant toutes sortes de choses dans une veine tantôt expérimentale, tantôt plus free-jazz-indie sans jamais se laisser aller à rendre le résultat impossible à décrypter. Quoique... En funambules, les scandinaves jonglent avec leurs partitions comme d'autres enfilent les perles et si, d'un morceau à l'autre, ne proposent jamais le moindre motif musical ("Slow motion simulator 3'), livrent au final une oeuvre comme souvent avec eux, remarquablement cohérente, quand bien même plus borderline que les précédentes ("How to evade your obsessive shadow"). Un peu trop même, tant on peut être régulièrement retourné cette musique un parfois insaisissable. Comme si, après deux albums presque parfaits, les membres de The Samuel Jackson Five avaient ressenti le besoin de se mettre en danger avec un opus moins évident à cerner que ses prédécesseurs, un disque visant à briser les certitudes et à remettre en question tout le travail effectué jusque là. Pour un résultat certes plus qu'honorable, mais quand même un ton en deça des deux premiers albums.