SJ5 - Same same but different SJ5 aka The Samuel Jackson Five... derrière l'amusant jeu de mots de leur patronyme, ces norvégiens pratiquent un mélange d'indie-noise et de post-rock jazzy noctambule sur lequel interviennent quelques accords de clavier très contemporains et de nombreux arrangements fourmillant de mille subtilités, pour un mélange détonnant ta,nt du point de vue du travail de composition que de l'exécution formelle. Morceau inaugural de Same same but different, premier effort des scandinaves, "Counting sheep" est une petite merveille d'ouverture d'album et permet au groupe de se mettre sur une orbite assez unique en son genre, en permanence entre trois ou quatre spectres musicaux, qu'ils soient indie folk, post-noise, rock ou free-jazz. "Sing slow, walk fast" et ses bizarreries sonores ou "Clubbers dream" en sont les témoignages les plus flagrants, ces musiciens-là ayant assurément les bagages techniques pour faire ce qu'ils veulent, le savent et de fait, n'en abusent pas outre mesure. Minimalisme de façade ("Locust lowtalker"), expérimentations plus volontiers bruitistes ("Honest abe"), ou tornade schizo-sonique sur un "Same same but different" éponyme et complètement en roue libre. Un peu trop parfois tant le morceau en entier s'écoute non sans quelques questions quant à la bonne santé mentale de ses auteurs... Car à trop vouloir partir dans tous les sens, ce premier album signé SJ5 est parfois un peu fouillis et échevelé, quand bien même il s'offre quelques moments d'intense créativité musicale aussi foisonnante que fascinante, comme sur "Postmans joke" avec ses petites esquisses mélodiques qui enveloppent l'ensemble d'une étonnante légèreté et son final ouvertement rock, frondeur et enfiévré. En guise de final, The Samuel Jackson Five cède pour une fois aux dogmes d'un post-rock, certes protéiforme, histoire de rentrer un peu mieux dans une case dont on sait pertinemment qu'elle est de toutes les façons bien trop exigüe pour lui.