Salt - Auscultate Faire la chronique d'un disque de 1996 en 2012 c'est soit ne pas avoir grand chose à foutre de son temps libre, soit faire son vieux con nostalgique, je vais être franc : du temps libre je n'en ai pas des masses alors je vous laisse en tirer les conclusions ! Nous sommes en 1996 et Island Records a sorti il y a quelques mois Manic compression, l'ultime album de Quicksand et dans trois ans la maison de disque anglo-jamaïcaine sortira celui de Stanford Prison Experiment : l'excellentissime Wrecreation, et c'est entre ces deux albums cultes que va arriver dans les bacs Auscultate. Voilà je pourrais presque m'arrêter là si je n'avais pas envie de me faire chier mais comme je suis quelqu'un d'appliqué.
Après Fireside et juste avant Refused, c'est une nouvelle fois la Suède qui va se faire entendre en allant jusqu'à piquer au vif les ricains sur un terrain qu'ils pensaient le leurs ! Les coupables de ce nouvel affront : Nina Ramsby (voix, guitare ), Daniel Ewerman (basse) et Jim Tegman (batterie) qui évidemment ne sont pas les membres d'un énième groupe de pleureuses post-grunge qui, à grands renforts de mélodies mièvres et souvent peu inspirées, vont tenter de pilier l'héritage de Nirvana et des Pixies..., non le combo scandinave a trop la classe et de maîtrise pour cela, il puise d'ailleurs plutôt son inspiration du côté du post-hardcore (rythmique appuyée, basse plombée, gratte tranchante et abrasive) mais avec un feeling, une fibre indie rappelant beaucoup celle des Breeders voire Veruca Salt en mieux !
Aidé à l'époque par le titre "Bluster", l'album va connaître un certain engouement et sera classé 33 au Billboard US, mais ce single n'est pas forcément le plus représentatif d' Auscultate. La musique de Salt, c'est un peu la main de fer dans un gant de velours : de l'émotion avec un songwriting de qualité, des mélodies retorses ou addictives , le tout porté par des compos efficaces jamais avares en décibels, le groupe ne lâche rien et quand il se montre un tantinet plus calme c'est pour mieux rentrer sournoisement dans la tête et vous toucher de l'intérieur comme le terrible "Witty" ou encore "Lids". Alors si à l'époque vous êtes passés à côté, trop occupé à vous pignoler sur Life Is Peachy, Aenima ou encore Antichrist Superstar, et que vous êtes de ceux qui arboraient fièrement vos disques de Sonic Youth, Girls Against Boys, Throwing Muses ou plus récemment ceux de Rival Schools, alors n'attendez plus, vous avez suffisamment perdu de temps !