SAF - Hell hath no fury like me Enregistré au RAK Studios à Londres, le premier LP de SAF suggère par son artwork que son origine tient de la confrontation de deux cerveaux, d'un homme et d'une femme. Évidemment, cela peut rappeler furtivement certains des duos rock qui ont bien marché (The Kills ou The White Stripes pour ne citer qu'eux), sauf que ces deux-là sont surveillés de près par Darius Keeler d'Archive, qui concédons-le, trouve un malin plaisir ces dernières temps à aller exercer ses talents ailleurs (te souviens-tu du Bleu noir de Mylène Farmer ?). Sans savoir concrètement ce qu'il a apporté sur ce disque, on peut éventuellement lui reconnaître ses programmations électroniques minutieusement mises en place sur des titres comme l'intimiste "Don't fucking touch me" ou le sublime morceau éponyme captivant par son aspect itératif. SAF développe donc un certain goût pour la recherche de sonorités et de mélodies captivantes, qu'elles soient rock, pop ou électro, ainsi que dans les vocalises qui siéent à la situation, qu'elles soient voluptueuses ("Clouds", "Leaving you"), convulsives ("Bam!") ou revendicatrices ("Face").

Le groupe s'est fait connaître par des singles, dont l'introductive "Nailstorm" (dont la longueur est paradoxalement de 8 minutes) qui a été reprise sur ce premier disque dont le titre fait référence à un album des Clipse, excellent duo de rappeurs de Virginia Beach, sorti en 2006. Hell hath no fury like me ne déroge pas à la règle tant ses titres sont immédiats et efficaces sans pour autant se confronter à des formats extra-courts. Équilibrées, les compositions du duo peaufinées entre Paris et Londres sont influencées par Sonic Youth, Can mais surtout PJ Harvey et Archive (forcément), et montrent un état des lieux plus que satisfaisant du projet, à savoir un groupe qui a parfaitement su préparer son petit bébé à l'avenir.

Et ce, aussi grâce à vous, car la diffusion et les frais de communication du disque ont été co-financés par une plateforme de crowdfunding. Elle est pas belle la vie ?